Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

Jusqu'où l'euro peut-il baisser?

Le premier sommet dirigé par le président européen Herman Van Rompuy a beau être historique, les chefs de gouvernements européens ne sont pas d’humeur festive. La Grèce et l’affaiblissement de l’euro ont transformé cette réunion en sommet de crise.

(mon argent/tijd) – Les observateurs craignent de plus en plus que les problèmes budgétaires de la Grèce s’étendent à l’Espagne et au Portugal puis contaminent l’ensemble de la zone euro. On attend un signal fort des chefs de gouvernements européens, qui ferait revenir le calme sur la Méditerranée. Cela dit, l’Europe est confrontée à un dilemme de taille: une garantie ou une reprise des dettes grecques risque d’être interprétée comme une mesure laxiste. Et comme le prélude à l'aide d'autres Etats en difficulté ? A l'inverse, si les chefs d’Etats laissent la Grèce face à son (triste) sort, les marchés financiers pourraient s’enflammer.

Les problèmes rencontrés par la Grèce pèsent naturellement lourd sur l’euro. Parce que ce dilemme dépasse le cas de la Grèce. C'est l'avenir même de "l'Europe financière" qui est en jeu. Bref, depuis que la monnaie européenne a atteint en novembre un record face au dollar, elle a dévissé de près de 10%. Selon les économistes, le creux n’est cependant pas encore atteint : les problèmes budgétaire sud-européens (Portugal, Espagne, Italie) comme les perspectives plus encourageantes de l’économie américaine devraient contribuer à un repli ultérieur de la devise au cours des prochains mois face au dollar.

De Tijd a réalisé un sondage auprès de trois économistes par rapport à leurs prévisions relatives à l’euro cette année. Ceux-ci voient la devise dégringoler entre 1,24 et 1,30 dollar d’ici la fin de l’année, contre 1,38 dollar hier.

KBC: repli vers 1,30 dollar

Bart Van Craeynest, économiste chez KBC: « Les problèmes rencontrés par l’Europe du Sud persisteront quelque temps encore et le redressement économique des Etats-Unis sera plus ferme que celui de la zone euro. » L’économiste ne prévoit pas de relèvement de taux en 2010 aux USA ou au sein de la zone euro, mais pense que l’euro baissera au cours des six prochains mois « vers 1,30 euro », pour ensuite se stabiliser.

ING: retour à 1,30 dollar

Tout comme Van Craeynest, Carsten Breski d’ING voit l’euro revenir à 1,30 dollar à la fin de cette année. « De même que 2009 était l’année de l’euro, 2010 sera l’année du dollar. L’incertitude relative à la vigueur du redressement économique et le retour de l’aversion au risque soutiennent le dollar. »

Morgan Stanley: vers 1,24 dollar

Stephan Hull de la banque d’affaires Morgan Stanley est moins optimiste encore. Il a abaissé ses prévisions pour l'"euro-dollar" à 1,24 dollar pour la fin de cette année. Selon lui, l’euro est trop cher. « Le cours négocié de l’euro est survalorisé de quelque 19%. » Ce cours compare l’euro aux devises des principaux partenaires commerciaux.

Quid de l’investisseur?

Pour certains investisseurs, le renforcement du dollar constitue une opportunité. Le dollar plus fort est notamment une aubaine pour les entreprises européennes liées aux exportations outre-Atlantique. Qui plus est, les investisseurs européens voient le rendement de leurs placements en dollar augmenter parallèlement à la devise.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés