Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

L'élection de Hollande aura-t-elle un impact sur votre portefeuille?

Le week-end dernier était placé sous le signe des élections en Europe. En quoi les élections en France et en Grèce concernent-t-elles votre portefeuille?

Dimanche, François Hollande a battu son rival Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles françaises. Sarkozy est le premier Président français depuis 1981 à ne pas être élu pour un second mandat. Ce résultat fut toutefois moins une surprise qu’en Grèce où les partis traditionnels ont pris une énorme gifle aux élections législatives.

Depuis la nuit des temps, les résultats des élections en Europe occidentale avaient peu d’impact sur les marchés financiers. Aujourd’hui, les analystes financiers les suivent avec circonspection. C’est la conséquence directe de la crise de l’euro et de l’importance que prennent les décisions politiques dans la gestion de cette crise.

Glissements idéologiques et risque politique

Pour Jan Deprez, de Société Générale Private Banking, la création de l’union monétaire européenne a été une étape évidente dans le processus de construction de l’Europe, mais elle a eu lieu bien avant que l’on ne parle d’autres réformes structurelles. "L’Europe est un patchwork. Cela se manifeste par différents courants politiques (gauche-droite) à l’intérieur des gouvernements, mais aussi dans l’émergence de sentiments nationalistes de plus en plus marqués (contrastes entre le centre de l’Europe et les pays de la périphérie, ou nord-sud). Les élections peuvent provoquer des glissements importants dans les courants idéologiques européens", estime Jan Deprez.

Steven Steyaert, d’ING Investment Management, pense que le risque politique a augmenté sensiblement depuis 2010. "Il était écrit dans les astres qu’une certaine lassitude par rapport aux réformes se ferait sentir dans les pays plus faibles comme la Grèce, et que l’esprit de solidarité s’effriterait dans les pays les plus forts. C’est ce à quoi nous avons assisté, du moins en partie, dans les résultats des élections du week-end. En Grèce, les partis traditionnels ont été punis, et en France, les dirigeants n’ont plus réussi à vendre aussi bien leur plaidoyer pour l’Europe."

Nervosité... injustifiée?

Le résultat, c’est que les élections rendent les investisseurs nerveux. Les Bourses asiatiques ont clôturé la séance de lundi clairement dans le rouge tandis que l’euro a perdu du terrain par rapport au dollar américain. Les investisseurs craignent que François Hollande ne remette en cause le pacte budgétaire européen en mettant davantage l’accent sur la croissance et moins sur les économies. Des mesures susceptibles de faire trébucher le tandem franco-allemand.

Steven Steyaert pense qu’il ne faut pas exagérer les conséquences de l’élection de Hollande. "Bien sûr, le risque politique pèsera encore sur les marchés pendant des années. Et la solution de la crise de l’euro reste un processus structurel difficile. Mais il ne faut pas oublier que les marchés dont déjà intégré beaucoup d’éléments. De nombreuses mesures positives ont déjà été prises et les moyens sont là en cas de problème", explique Steyaert.

Jan Deprez de Société Générale Private Banking, est du même avis. Il relativise lui aussi l’importance du résultat des élections françaises. "Je pense que Hollande peut rapidement passer du mode 'élections' à une attitude pragmatique. Il sait très bien qu’un consensus devra être trouvé en Europe" poursuit Deprez.

Cette vision est partagée par Standard & Poor’s. L'agence de notation a fait savoir que l’élection de Hollande n’aurait aucun impact immédiat sur le rating de la France. Elle a néanmoins rappelé qu'il y avait au moins une chance sur trois qu’elle baisse le rating long terme de la France cette année ou en 2013. Steven Steyaert revient sur la situation de la Grèce, bien plus inquiétante selon lui. "Nous continuons à tenir compte de l’éventualité que la Grèce doive sortir de la zone euro" poursuit Steyaert.

Les investisseurs doivent-ils tenir compte du contexte politique? "En tant qu’investisseur, il faut suivre l’actualité politique, mais nous ne croyons pas que le risque politique soit de nature telle qu’il arrête la relance économique mondiale. L’Europe reste le maillon faible de l’économie mondiale, avec pour corollaire que la région occupe une place relativement modeste dans les portefeuilles", conclut Steyaert.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés