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'L'énergie alternative, candidate à une bulle'

Derrière le secteur de l'énergie alternative se cache une niche de plus en plus puissante. 'Celle-ci forme à son tour la base d'une bulle spéculative potentielle, qui explosera tôt ou tard', pense l’économiste Geert Noels (Econopolis).

(mon argent) - Ce n’est plus un secret pour personne: les réserves mondiales de pétrole se tarissent peu à peu et des formes alternatives d’énergie seront indispensables à terme. Les possibilités permettant aux investisseurs de tirer profit de cette problématique se multiplient: Le nombre d'entreprises actives dans le secteur ne cesse de croître et les banques proposent de plus en plus de fonds de placement spécifiques. L'énergie alternative est ainsi commercialisée comme étant 'l'investissemernt du futur'. Derrière le secteur de l'énergie alternative se cache une autre vérité économique: le pétrole est un bien fini; son exploration est de plus en plus malaisée et l'exploitation de nouvelles sources n'est rentable qu'à condition d'appliquer des prix toujours plus élevés. 

Bulle

Mais c’est justement parce que la logique économique est à ce point sensible que certains observateurs pourraient penser qu’elle est également en mesure de déplacer les frontières financières, pense l'économiste Geert Noels (Econopolis). "Le secteur de l’énergie alternative ne présente pas encore les caractéristiques d’une bulle. Mais tôt ou tard, il pourrait bien en former une.”

Noels fait une comparaison avec le secteur ICT. Toutes les prévisions formulées entre 1996 et 1999 ont été dépassées par la réalité économique. Les technologies de l’information sont devenues le secteur de l’avenir et le progrès technologique, comme l’utilisation dans la vie quotidienne, ont progressé de manière spectaculaire. Le volet financier s’en est écarté largement. Encouragée par le lancement de la Bourse technologique du Nasdaq et la politique monétaire assouplie de la Réserve fédérale américaine, une énorme quantité d’argent a afflué dans le secteur, mettant le feu aux poudres… “Et n’oublions pas que le secteur Internet a représenté, à un certain moment, un tiers de la capitalisation totale du marché. Des quantités gigantesques d’argent générées par la spéculation sont nécessaires pour atteindre un tel niveau".

Actuellement, le réservoir de capitaux de ce type reste très limité. Les investissements dans l’énergie alternative ne sont pas encore assez massifs, ce qui nous évite, momentanément, de sombrer dans les excès."

Trésors cachés

Faut-il pour autant éviter le secteur de l'énergie alternative? Pas nécessairement. Mais les investisseurs doivent veiller à ne pas se laisser aveugler par des promesses improbables. "Si la bulle Internet nous a appris une chose, c’est que la probabilité est faible de dénicher, parmi les petites entreprises, LE gagnant de demain. Dans le secteur ICT, nous avons compris a posteriori que les grands gagnants étaient des enseignes telles que Google, Apple, Amazon ou eBay. Mais pour chacun de ces géants, on compte vingt entreprises prêtes à se battre pour atteindre le même objectif. Je conseillerais donc à ceux qui souhaitent investir dans l’énergie alternative de rester attentifs aux grandes enseignes qui se préparent efficacement à affronter l’avenir. Il peut s’agir d’anciennes compagnies pétrolières comme de groupes traditionnels. Prenons l’exemple de Philips, dans la technologie des LED, et de Siemens dans l’économie d’énergie: ces groupes se remettent sans cesse en question pour réussir à surfer sur les tendances économiques. La thématique de l’environnement inclut donc des groupes traditionnels comme ceux-là."

"Même lorsqu’une entreprise développe une technologie réellement innovante, la probabilité est faible qu’elle parvienne à l’exploiter de manière à devenir réellement puissante. Ces technologies ne deviennent rentables qu’une fois récupérées par les grandes enseignes et lorsque les pionniers sont financièrement en difficulté. C’est très triste et absolument injustifié, mais les pionniers ne sont pas récompensés pour leur esprit innovant. Les actionnaires n’ont donc aucun intérêt à rechercher les trésors cachés mais plutôt à identifier les grandes tendances. Certes, ce ne sont ni les plus jolies histoires, ni celles auxquelles on a envie de croire… Mais ce sont les plus rentables. Et bien qu’il soit trop tôt pour le dire, ce comportement alimentera probablement une bulle dans l’énergie alternative."

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