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L'inflation galopante peut rapporter gros...

Suite à la hausse des prix du pétrole et des matières premières, l’inflation belge se rapproche de la barre des 3,5%. C’est une mauvaise nouvelle pour votre pouvoir d’achat mais peut-être une bénédiction pour votre épargne et vos placements.

(mon argent) - L’inflation belge a clôturé le mois dernier sur un taux de 3,4 %, ce qui est plutôt élevé par rapport à la norme de 2% de la BCE. De plus, il s’agit d’un bond important, puisqu’en 2009, l’inflation était encore inférieure à zéro. Les investisseurs et les épargnants doivent-ils s’inquiéter de voir que l’argent perd plus rapidement de la valeur?

En soi, l’inflation n’est pas une bonne chose mais les effets secondaires de la lutte contre l’inflation servent les intérêts de l’épargnant-investisseur. Lorsque l’argent voit sa valeur diminuer plus rapidement, il faut le rendre plus cher. "Si la hausse de l’inflation semble substantielle, la BCE interviendra et relèvera son taux directeur", explique Stefan Duchateau, conseiller financier chez Argenta et professeur d’économie à la HUBrussel. En général, les banques anticipent ce relèvement, entre autres au niveau de votre carnet d’épargne, mais actuellement, ce processus n’a pas encore été enclenché.

Lorsque l'inflation progresse...

Nous recommandons la prudence à l’investisseur qui écrème actuellement les marchés obligataires à la recherche d’un placement à rendement fixe généreux. Lorsque l’inflation progresse, la tentation est grande d’investir immédiatement et massivement dans des "obligations liées à l’inflation" (ou TIPS pour Treasury Inflation Protected Securities). "Ces obligations tiennent déjà compte de la prochaine hausse de l’inflation", explique Stefan Duchateau. "Par conséquent, il n’y a de véritable bénéfice que si l’inflation augmente plus que prévu."

Ces dernières années, ces obligations protégées contre l’inflation ont gagné en popularité, comme l’illustre cette étude de la BCE. C’est assez paradoxal, car jusqu’en 2008, l’inflation était assez stable. L’une des explications possibles de ce phénomène est que la crédibilité des banques centrales et leur politique en matière d’inflation ont créé un espace pour un nouveau créneau relativement peu risqué. Pour les investisseurs professionnels, s’entend.

Maturité

"Les obligations n’atteignent leur maturité que vers la fin, si bien qu’une longue durée et un coupon peu élevé les rendent plus sensibles aux hausses de taux", précise Stefan Duchateau. Si le taux augmente effectivement, il y a donc une perte (en fonction de l’écart entre taux réel et taux fixe) et cette perte s’accentue pendant toute la durée de l’obligation. Une banque ou un autre investisseur institutionnel peut aisément s’en accommoder. La perte sur ses investissements (actif) est en effet compensée par ses dettes (passif), qui produisent plus d’intérêts.

Plutôt des actions

L’inflation a également un impact sur la composition des fonds. La dépréciation monétaire à laquelle nous assistons aujourd’hui est la conséquence d’une demande accrue de pétrole et de matières premières. "Il vaut mieux couvrir cette inflation par la demande avec des actions", conseille Stefan Duchateau, qui renvoie à des études antérieures sur le sujet. "Les actions ont une réaction opposée en cas de hausse de taux. On s’attend à un repli, mais dans un climat économique de hausse et lorsque les marges sont plus élevées, elles gagnent en général du terrain."

Sous l’effet de la pression inflationniste, Argenta a renforcé ses positions en actions: "Nous avons démantelé presque complètement nos positions en obligations d’État. Le reste, c’est du cash. Nous ne conservons que les obligations à haut rendement et des obligations d’entreprises. Nous préférons éviter la périphérie de la zone euro parce que les pays émergents offrent encore un rendement suffisant. En Europe, tout dépend des choix politiques, d’où une trop grande incertitude."

Validation

L’inflation joue également un rôle dans la création de nouveaux fonds de placement. "On voit apparaître davantage de produits d’actions avec garantie de capital. Leur durée avoisine 6 ans, de sorte qu’ils ne sont pas trop sensibles aux taux."

Enfin, le taux d’intérêt supérieur assure de meilleures conditions pour le consommateur, affirme l’expert. "Au lieu de suivre l’indice à 70%, il est possible d’aller jusqu’à 100% et d’intégrer plus de moments de validation (un mécanisme d’option qui permet à un investisseur de bloquer son gain boursier). C’est là une technique coûteuse qu’il est plus facile de financer lorsque le taux d’intérêt est plus élevé."

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