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La Belgique après l'Irlande? Pas forcément!

Les médias britanniques écrivaient cette semaine que la Belgique pourrait être la prochaine victime de la crise de l’euro. Les analystes nuancent cette affirmation, mais préviennent: "La Belgique doit s’extraire le plus rapidement possible de l’impasse politique."

(Mon Argent) – "Après l’Irlande, le Portugal et l’Espagne, la Belgique sera la prochaine victime sur les marchés financiers", annonçait The Guardian jeudi. Selon le quotidien britannique, de plus en plus d’investisseurs étrangers craignent manifestement une nouvelle crise financière dans notre pays. Les causes principales de cette crainte sont, selon le journaliste toujours, la dette publique colossale et la crise politique.

À en croire The Guardian, cette crainte s’exprime dans la hausse des coûts de l’assurance sur les dettes publiques belges. Par le Credit Default Swap (CDS), les investisseurs peuvent se couvrir contre le risque de non-paiement d’un État. Le coût de 10 millions d’euros des obligations d’État belges à assurer a ainsi augmenté ces derniers jours à plus de 180.000 euros. À titre de comparaison, pour les dettes portugaises, la prime s’est déjà hissée à plus de 500.000 euros.

Inquiétude

En plus de cette annonce retentissante du Guardian, la Banque des Règlements Internationaux a indiqué cette semaine que les banques belges avaient encore 44 milliards d’euros de titres risqués en Irlande. Bien que le montant fut ensuite revu à la baisse, cette annonce a contribué à l’augmentation du coût de l’assurance.

Evidemment, les inquiétudes des investisseurs étrangers ne peuvent être tout bonnement niées. Chacun sait que la crise politique et l’absence de mesures freinent le redressement économique. Par ailleurs, il est vrai que la dette publique est à nouveau proche des 100% du PIB. Mais à part la panique et la spéculation, aucun facteur ne devrait provoquer une hausse sensible du taux à long terme belge.

Atouts

Selon le spécialiste des marchés Pascal Paepen, la Belgique doit surtout jouer ses atouts. "Contrairement à l’Irlande, par exemple, les dettes belges sont principalement aux mains de créanciers belges. Le pays est dès lors moins vulnérable. Par ailleurs, la Belgique tirera davantage profit que d’autres pays de la fermeté de la croissance économique en Allemagne".

Notre pays a d’autres atouts. Ainsi les comptes d’épargne totalisent-ils plus de 200 milliards d’euros. Proportionnellement, c’est le montant le plus élevé d’Europe. Pour les investisseurs étrangers, c’est un détail important, car il signifie que les dettes publiques peuvent être facilement financées.

Cela signifie-t-il que la Belgique n’est pas un pays à risque? Certainement pas. Si la pérennité du pays est encore longtemps en discussion, les créanciers commenceront à douter. Il est donc urgent que les politiques sortent de l’impasse et appliquent une politique économique déterminée. "Les prédateurs recherchent les animaux les plus vulnérables. Sur les marchés financiers, c’est pareil. Il faudra "seulement" s’assurer que la Belgique ne devienne pas un animal vulnérable…" annonçait l’expert financier Paul Huybrechts hier à Reyers Laat.

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