Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

La pluie de résultats, un espoir pour la Bourse?

Le bénéfice d’Alcoa pour le troisième trimestre est en dessous des attentes. Est-ce un signe prémonitoire?

Comme à l’accoutumée, Alcoa ouvre le bal de la publication des résultats trimestriels. Les études de marché révèlent à ce propos que la réaction initiale au cours du producteur américain d’aluminium détermine l’orientation à court terme de l’indice S&P500.

Rocky White de Schaeffer's Investment Research a calculé que dans 73% des cas depuis 2005, le S&P500 s’affichait en hausse trois mois après une réaction positive au cours de l’action à la publication de ses résultats trimestriels. A l'inverse, si le cours d’Alcoa baisse après la publication des chiffres trimestriels, l’indice S&P500 s’affiche en baisse trois mois plus tard dans 53% des cas.

Bien sûr, le sentiment de la Bourse n’est pas uniquement influencé par Alcoa. Dans les semaines à venir, il faudra s’intéresser à d’autres indicateurs.

9 sur 10

Il se pourrait bien, cette fois-ci, qu’Alcoa ait tiré à côté de la cible. Ce producteur d’aluminium, qui relève du secteur des matières premières, a été confronté ces derniers mois à une baisse des prix liée à la crainte d’un nouveau ralentissement de l’économie mondiale.

À l’inverse, pour les autres secteurs, la tendance à la baisse des coûts des matières premières s’est traduite par une hausse des bénéfices. Pepsico, le géant des snacks et boissons rafraîchissantes a ainsi réalisé un bénéfice net en hausse de 4%. Selon John Butters, analyste de FactSet, nous pouvons nous attendre, pour le troisième trimestre, à une croissance du bénéfice pour 9 des 10 secteurs du S&P500. En Europe, on s’inquiète surtout des conséquences de la problématique de la dette publique. À l’heure actuelle, la hausse du coût du financement ne semble pas encore percoler dans les résultats des entreprises.

Les pays en croissance joueront un rôle crucial

En fait, au-delà des coûts, la bonne surprise pourrait venir des recettes. Même si, par endroits, la confiance des consommateurs s’effrite à nouveau, les dépenses restent à un bon niveau.

Dans les semaines à venir, les investisseurs devront se concentrer sur l’évolution des revenus dans les pays en croissance, signale John Butters. Durant les trimestres écoulés, les régions émergentes ont été les principaux acheteurs pour de nombreuses entreprises américaines et européennes. Les chiffres devront montrer si ces pays poursuivent sur leur lancée. Les résultats d’Alcoa nous apprennent déjà que la demande de matières premières y reste forte.

Les chiffres d’affaires problématiques ont donc souvent un caractère individuel. C’est ainsi que la société suisse Roche, en recul de 14,5% par rapport à l’an passé, déçoit. La baisse des ventes de nouveaux produits et le renchérissement du franc suisse ont eu pour effet que le chiffre d’affaires de ce producteur de médicaments s’est établi 2% en dessous des attentes.

Des attentes revues à la baisse

Jusqu’ici, quelque 70% des entreprises ont publié des résultats supérieurs aux attentes pour le troisième trimestre. Toutefois, vu la probabilité d'une nouvelle crise économique, les attentes ont été nettement revues à la baisse ces dernières semaines. Il devient dès lors plus facile d’y répondre. Et lorsqu'on les dépasse, cela se traduit alors généralement par une hausse du cours de l’action.

Mais les prévisions des dirigeants peuvent toujours enrayer le mouvement. C’est ainsi que l’action Carrefour s’est une nouvelle fois effondrée, après que la chaîne française eut annoncé un bénéfice en repli de 15 à 20% sur base annuelle, alors qu’on évoquait précédemment une baisse de 15%. Le positionnement du prix reste problématique tandis qu’en Europe méridionale – Grèce, Espagne et Italie –, Carrefour souffre des conséquences de la situation économique.

Heureusement, cet état de fait n’est pas représentatif de la saison des résultats dans son ensemble. Il est vrai que, dans les semaines écoulées, les investisseurs ont eu à lire et à relire les scénarios du pire. Mais moins l’investisseur a le moral, plus l’effet de bonnes surprises en Bourse sera positif.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés