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"Les actions allemandes sont les moins chères du monde"

L'économie allemande se porte à merveille. Des chiffres d'exportation élevés combinés à une forte hausse des ventes au détail. La Bourse la plus attractive du monde se situerait-elle en Allemagne?

(mon argent) - L’indice vedette des 30 principales valeurs cotées à Francfort a bondi de près de 90% depuis mars 2009. Après s’être effondré sous les 4.000 points, le DAX flirte aujourd’hui avec la barre des 7.000 points. Les valeurs moyennes du MDAX ont, quant à elles, vu leurs cours exploser de 125% en 20 mois. L’indice approche aujourd’hui les 9.500 points, loin, très loin des 4.400 points du premier trimestre 2009. Ce redressement confirme les "charmes" de la place financière allemande. La Bourse locale peut en effet s’enorgueillir d’être le meilleur performer européen de la dernière décennie. Est-il désormais trop tard pour placer ses deniers en République fédérale? Les retardataires ont-ils raté le coche? La plupart des analystes ne le pensent pas…

La hausse brutale du Dax, qui dépasse depuis le début de l’année celle du Dow Jones à New York, peut laisser rêveur. Elle est pourtant la conséquence logique de la bonne santé de l’économie allemande. Le Produit intérieur brut (PIB) de notre voisin devrait s’envoler de 3,7% en 2010, si l’on en croît les conseillers économiques du gouvernement. Cette reprise a provoqué une chute rapide du nombre de demandeurs d’emplois qui est passé en octobre sous la barre des 3 millions alors qu’il dépassait encore 5 millions en 2005. C'est le chiffre le plus faible enregistré depuis 18 ans.

Résultats d'entreprises

Les grands groupes recommencent tout particulièrement à recruter du personnel. Leurs carnets de commandes se remplissent en effet à vue d’œil grâce notamment à la hausse de 22,5% de leurs exportations en un an. Un autre signe rassurant pour les investisseurs boursiers est la reprise, attendue depuis près d’une décennie, de la consommation en Allemagne qui a progressé de janvier à septembre de 2,1% à prix courants par rapport à la même période l'an passé.

Ces indicateurs macroéconomiques ne sont pas les seuls à encourager les actionnaires à investir massivement à Francfort. De nombreuses entreprises cotées sur le Dax enregistrent en effet un excellent exercice. Les constructeurs automobiles et les multinationales fortement implantées à l’étranger affichent tous une envolée de leurs ventes. La conséquence de cette reprise sur leurs cours en Bourse ne s’est pas fait attendre. Le titre de BMW a ainsi plus que doublé en un an et celui de Siemens est passé de 60 à plus de 85 euros en douze mois.

Reprises

La bonne santé de nombreux groupes allemands recommencent aussi à attirer l’attention d’éventuels "prédateurs". Le géant espagnol de construction ACS a ainsi lancé une offre de reprise de son rival Hochtief. Le numéro un européen de l’automobile, VW, aimerait, lui, fusionner les deux fabricants de poids-lourds, Scania et Man, dont il détient déjà une partie du capital. Et le Japonais Mori Seiki a racheté des parts de son concurrent Gildemeister. Ces opérations ont logiquement provoqué une hausse des cours boursiers des entreprises visées. La valorisation de Hochtief s’est ainsi envolée de 30% depuis l’attaque ibérique et celle de Man a progressé de 7% en une seule séance. Les experts s’accordent tous à dire que d’autres opérations de fusion ou de rachat devraient avoir lieu en République fédérale dans un avenir proche. Les actionnaires au nez fin ont donc de belles opportunités de prise de bénéfice à saisir…Pour finir de convaincre les investisseurs les plus hésitants, certaines sociétés cotées ont également recommencé à verser de confortables dividendes. Le fabricant de semi-conducteurs Infineon vient ainsi de reverser une partie de ses bénéfices pour la première fois depuis dix ans. Siemens envisage pour sa part d'augmenter son dividende de 69% cette année.

Alléchant

"Mais si l’optimisme est de mise (à Francfort), il ne faut pas non plus tomber dans l’euphorie", prévient une analyse de l’hebdomadaire Wirtschaftswoche (Wiwo). Les dettes publiques en hausse constante fragilisent les marchés financiers. La surchauffe de l’économie chinoise pourrait aussi provoquer une dégringolade des bourses mondiales. Le Dax semble tout particulièrement fragile car de nombreuses entreprises cotées en Allemagne sont très fortement implantées en République populaire. Inutile toutefois de céder à la panique. L’économiste de la Bremer Landesbank, Folker Meyer Hell, expliquait récemment dans les colonnes du Wiwo que l’indice de référence de la Bourse allemande pourrait atteindre l’année prochaine le plus haut niveau de son histoire. Pour battre son précédent record (8.105 points), le Dax doit encore augmenter de près de 20%. Alléchant, n’est-ce-pas?

Barry Norris, gestionnaire de fonds chez Ignis Asset Management, décrit même la Bourse allemande comme l'une des moins chères du monde. "La croissance économique allemande est attirante, et au contraire des marchés émergents, la Bourse allemande est bon marché", déclare Norris.

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