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Les obligations d'Etat belges hors de danger?

Le risque d'une baisse de notation de la Belgique au mois de juin par l'agence de notation S&P s'éloigne. Pour le moment du moins. Est-ce nécessairement une bonne nouvelle pour notre pays qui, rappelons-le, est toujours sans gouvernement? A court terme, oui. A plus long terme, rien n'a fondamentalement changé. Tour d'horizon des points forts et points faible de la Belgique.
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 (mon argent) – Si le fonctionnement des agences de notation n'échappe pas à la critique, l'impact de leurs sentences reste significatif. Souvent, la simple menace d'ajuster les perspectives à la baisse suffit pour faire chuter les cours. La Belgique, comme d'autres, est dans le collimateur des agences de rating comme Moody's et Standard & Poor's. En décembre, cette agence de notation avait menacé de rétrograder la notation de la Belgique en cas d’absence dans les 6 mois d’un gouvernement digne de ce nom, capable de prendre des mesures pour le long terme. Dans une interview à nos collègues du Standaard, l'analyste de S&P qui suit la Belgique laissait entendre que l'agence allait peut-être donner une bouffée d'oxygène. Ce dont Yves Lerteme, sur Twitter, s'était félicité en affirmant que l'agence était ainsi moins menaçante. Toutefois, la possibilité que l'agence de notation Standard & Poor's dégrade la note de notre pays n'est pas tout à fait écartée, s'est empressé de rectifier l'analyste aujourd'hui.

Pour mesurer la qualité de la dette d’un pays ou d'un entreprise, ces agences de notation se basent généralement sur des dizaines d'indicateurs économiques, politiques et sociaux. La procédure est souvent opaque. Pourtant, il existe des variables déterminantes pour la notation. Dans le cas de notre pays, voici quelques points forts et faibles qui peuvent influencer sérieusement une nouvelle notation.

Force: un déficit budgétaire en recul

Pour la quatrième année d'affilée, les dépenses de l’État belge excèdent ses recettes. Mais si on compare avec d'autres pays d'Europe, le déficit reste limité. En 2010, le trou dans le budget belge s'élevait à 4,1 pour cent du produit intérieur brut (PIB), tandis que la moyenne des 27 atteignait 6,4 pour cent. C’est ce qu’on peut lire dans la dernière étude d’Eurostat. Mieux: notre déficit budgétaire évolue dans le bon sens. Autrement dit, il rétrécit. D'après les dernières prévisions, on pourrait s'attendre à un petit bonus dans le budget de 2015. Réaliste? On verra. En tout cas, de nouvelles sources de recettes comme la fiscalité sur l'énergie nucléaire contribueront à cet objectif.

Force: une épargne importante

Avec un taux d'épargne moyen de 18 pour cent, le Belge affiche actuellement un comportement exemplaire. Nous épargnons beaucoup par rapport à d'autres pays. C'est bon pour la solvabilité de la Belgique. D'une part, la tirelire nationale est à la disposition des investisseurs; ces fonds sont de nature à stimuler la croissance économique. D'autre part, l'abondance de l'épargne tire les taux d'intérêt vers le bas. Les ménages, les entreprises mais aussi l'État peuvent ainsi emprunter à meilleur compte.

Faiblesse: pas de gouvernement

À la fin de l’année dernière, l'agence de notation Standard & Poor’s avertissait déjà : l’absence d’un vrai gouvernement compromet notre solvabilité. En effet, un gouvernement d'affaires courantes ne dispose pas de compétences suffisantes pour prendre les mesures qu’exigent les véritables réformes socio-économiques, en priorité en ce qui concerne le marché de l'empli et le vieillissement de la population. Entre-temps, on l'a constaté, le gouvernement démissionnaire fait du bon travail et maîtrise la situation. Il reste que plus la crise gouvernementale dure, plus la Belgique perdra sa crédibilité aux yeux des investisseurs étrangers.

Faiblesse: une grosse dette publique

Si le déficit budgétaire recule d'année en année, la hauteur de la dette publique reste excessive. Elle se monte actuellement à 96,8 pour cent du PIB. De quoi nous classer à la troisième place des mauvais élèves, derrière la Grèce (142,8 pour cent) et l'Italie (119 pour cent). La moyenne des 27 États membres se situe à 80 pour cent, constate la récente étude d’Eurostat. Dans la plupart des pays, la dette publique a sensiblement grimpé sous l'effet de la dernière crise économique. En Belgique, il s'agit plutôt d'un problème structurel. La dette s’accumule depuis des décennies ; notre désendettement ne progresse pas assez vite. Et dans les conditions actuelles, il n'est pas facile d'emprunter à long terme pour résoudre les problèmes immédiats.

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