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Les salaires (trop?) élevés des managers plombent vos investissements

Les superbonus et supersalaires des managers défraient souvent la chronique. Les observateurs les trouvent parfois indécents. Et selon deux récentes études, ils sont également un frein à l’évolution des actions en Bourse.

(mon argent/WSJ) – Dans le secteur financier en particulier, où de nombreux organismes n’ont finalement survécu que grâce à l’intervention les superbonus sont remis en question. En France, une taxe sur les bonus a d’ores et déjà été instaurée dans l’espoir que les banques soient désormais moins généreuses dans l’octroi de ces primes. De même, aux Etats-Unis, le président Obama s’est lancé dans une lutte sans merci contre les bonus exubérants distribués dans le secteur financier.

A compter de 2013, notre pays imposera également une réglementation plus stricte aux primes des managers qualifiés. Les entreprises cotées ne pourront plus baser que la moitié au maximum de leurs options sur les prestations de l’année. L’autre moitié doit être répartie sur deux années. Du moins si la rémunération variable représente plus d’un quart de l’assiette salariale complète.

Manager motivé…

Malgré l’opposition de plus en plus vive des observateurs, il existe suffisamment de bonnes raisons, selon moult entreprises et organismes financiers, de rétribuer aussi généreusement les managers. "Les managers motivés rapportent énormément à l’entreprise et donc aux actionnaires", dit-on. Ou encore: "Les managers qui ne sont pas assez bien payés quittent l’entreprise." Autrement dit: si les managers grassement payés ne sont pas une bénédiction pour les actionnaires, ils sont au moins une nécessité.

… rendement négatif

Le raisonnement qui précède tient-il la route? Selon Raghavendra Rau et Huseyin Gulen, c’est le contraire qui est vrai. Les deux professeurs de l’Université américaine Purdue ont examiné la politique de rétribution de 1.500 entreprises entre 1994 et 2006. Ensuite, ils ont considéré l’incidence de ce facteur sur le rendement des actions de ces entreprises et ont découvert que celles dont les CEO étaient les plus grassement payés affichaient un return inférieur à court comme à long terme. "L’assiette salariale du CEO a un effet néfaste sur la création de valeur actionnariale." "Parmi les 10% d’entreprises dont le CEO perçoit la rétribution la plus généreuse, nous avons constaté pendant cinq ans un rendement anormalement négatif de près de 13%." Sur ce groupe d’entreprises, en moyenne, chaque année, 23 millions de dollars sont affectés au CEO. Parallèlement, la valeur actionnariale se réduit chaque année en moyenne de 2,4 milliards de dollars.

Les chercheurs ont trouvé une explication à ce phénomène dans les "managers trop sûrs d’eux" et les "actionnaires qui réagissent excessivement à l’assiette salariale et ensuite sont déçus."

… moins de bénéfices

Une seconde étude a livré des conclusions similaires. Lucian Bebchuk (Harvard Law School) a examiné pour plus de 2000 entreprises le "ceo pay slice", c’est-à-dire, au niveau du package salarial total des cinq principaux managers d’une entreprise, la part qui revient au CEO. Et selon Bebchuk également, la valeur actionnariale diminue de manière inversement proportionnelle à la part attribuée au CEO. "Un ‘ceo pay slice’ élevée implique notamment un repli du bénéfice, une réaction moins favorable du marché à l’annonce d’acquisitions et un timing plus opportuniste à l’octroi d’options sur actions pour le CEO", a conclu le chercheur.

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