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Les vautours de la bourse

Les fonds vautours volent comme des charognards au-dessus des pays pauvres, rachètent leurs dettes et y gagnent ensuite un maximum d’argent. Ils enfoncent ainsi encore plus la proie affaiblie dans les problèmes.
Les fonds vautours profitent d'une proie déjà affaiblie.

Vidéo: Reportage BBC sur les fonds vautour

(m24/bbc) – Les fonds investissant dans le vice tel que l’alcool, les paris ou la pornographie, ne sont pas nouveaux, mais d'autres fonds vont un peu plus loin. Les fonds « vautours » ou fonds « charognards » rachètent à très bon marché les dettes de pays pauvres ou d’entreprises en difficulté. Ensuite, via des cours de justice, ils essaient d’obtenir un montant plus élevé que celui déboursé à l’origine.

Et c’est tout à fait possible, étant donné que les fonds vautours achètent les créances lorsqu’elles ont presque été acquittées ou déclarées quitte par le créancier. L’entreprise ou le pays concerné vend sa créance aux fonds vautours pour récupérer ne serait-ce qu’une petite partie de sa dette. Ceux-ci exigent ensuite le montant total plus des intérêts. Les fonds vautours sont surtout actifs dans les pays du tiers-monde, où ils ont déjà réalisé de nombreuses affaires juteuses aux dépens de pays en difficulté.

'Pervers' et 'immoral'

En 2002, l’actuel premier ministre du Royaume-Uni, Gordon Brown, avait déjà défini ces fonds comme « pervers » et « immoraux ». « Nous désapprouvons totalement la manière perverse dont les fonds vautours gagnent de l’argent en rachetant des dettes déclarées quitte pour en réclamer ensuite le montant total. » Ces fonds n’hésitent même pas à bloquer les actifs des pays du monde entier, ni à les menacer de faillite. Mais 6 ans plus tard, les fonds vautours existent toujours.

Zambie

Un fonds « vautour » renommé est le fonds américain 'Debt Advisory International'. En 1979, la Roumanie a prêté de l’argent à la Zambie pour acheter des tracteurs. La Zambie n’a pas pu rembourser la totalité de la dette, et en 1999, elle a réussi à obtenir une quittance de dette. Avant même que l’accord soit conclu, Debt Advisory International s’est présenté et a racheté la dette à la Roumanie pour moins de 4 millions de dollars. Ils en ont ensuite exigé 10 fois plus au gouvernement zambien. La Zambie a été jugée et a finalement dû payer 15 millions de dollars à Debt Advisory International.

Mauvaise réputation

L’Américain Paul Singer, le fondateur du hedge fund Elliott Associates, est également tristement célèbre. Elliott Associates gère un portefeuille de 9,5 milliards de dollars, dont une partie est composée de dettes de gouvernements en difficulté. En 1995, il a acheté la dette de l’État péruvien pour 20 millions de dollars. Après une bataille judiciaire, il a réussi à obtenir 58 millions de dollars. Paul Singer a récemment acheté une dette de la République du Congo pour 10 millions de dollars. Congo-Brazzaville est poursuivi actuellement aux États-Unis pour un montant de 400 millions de dollars.

Lobby

Les fonds vautours travaillent surtout avec les cours de justice américaines, mais c’est uniquement parce que leur méthode de fonctionnement est tolérée par le gouvernement. Et c’est là qu’intervient le lobby politique. Debt Advisory International paie annuellement 240.000 dollars à la société de lobby Greenberg Traurig. Cette entreprise a récemment été remplacée par une autre lorsque son meilleur lobbyiste a été transféré en prison. Paul Singer a des connexions politiques connues : il était le plus généreux donneur de la première campagne présidentielle de George W. Bush, avec un don de 1,7 million de dollars.

Aussi des affaires belges

Les pratiques des fonds vautours ont également un impact en Belgique. L’aide au développement belge à Congo-Brazzaville est bloquée depuis le 30 décembre 2004. Le fonds vautour Kensington International a fait saisir par la cour de justice de Bruxelles plus de 5 millions d’euros de l’aide au développement belge destinés au pays. Le jugement sera rendu par un juge en janvier ou février 2009. En février, le sénat belge a unanimement approuvé une proposition de loi qui empêche la saisie par un fonds vautour d’argent destiné à la collaboration au développement. Cela ne signifie pourtant pas encore que les pays concernés seront préservés de ces pratiques.

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