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Méfiance: les experts boursiers sont optimistes!

Les gestionnaires de fonds se montrent particulièrement optimistes en ce moment. Pour les investisseurs, cette confiance retrouvée doit être perçue comme un appel à la prudence, si l’on en croit les expériences passées.

(Mon Argent) – Chaque mois, la banque d’affaires BofA Merrill Lynch sonde 218 gestionnaires de fonds des quatre coins du monde - qui gèrent un encours total de 634 milliard de dollars -, au sujet de leurs prévisions pour les marchés financiers. L’étude réalisée début novembre révèle que le pourcentage de liquidités des fonds de placement est revenu à son plus faible niveau des sept dernières années. Plus d’un tiers des gestionnaires prévoit une reprise de l’économie mondiale au cours des 12 prochains mois. 41% des gestionnaires attribuent par conséquent une surpondération aux actions, contre seulement 27% le mois dernier.

Selon Gary Baker, responsable Actions européennes chez BofA Merrill Lynch Global Reserach, ce regain de confiance est inquiétant. "La nouvelle injection de fonds décidée par la Banque centrale américaine, baptisée QE2, incite les gestionnaires à se tourner vers des placements plus risqués. Le pourcentage de liquidités d’un fonds s’élève à 3,5% en moyenne, ce qui est dangereusement bas", prévient Baker. Selon Michael Hartnett de BofA Merrill Lynch, les investisseurs sont ainsi exposés à de nombreux risques. "Il est possible que le rally de fin d’année soit déjà derrière nous, ce qui rend les investisseurs très vulnérables face à des risques tels que la crise de la dette européenne ou la hausse du dollar", affirme-t-il.

Les gestionnaires continuent pour leur part de miser sur des thèmes tels que les marchés émergents et les matières premières. Plus de la moitié d’entre eux est surpondéré dans les pays émergents, contre 32% il y a encore deux mois. Les pondérations plus élevées que la normale attribuées aux actions sont compensées par une pondération inférieure en obligations. En novembre, 36% des gestionnaires ont attribué une pondération inférieure au volet obligataire de leur portefeuille, contre 24% le mois dernier.

Inquiétant

Les observateurs estiment ce regain d’optimisme inquiétant. La dernière fois que les gestionnaires sont devenus unanimement optimistes, c’était en avril 2010. Au cours des mois qui ont suivi, les marchés boursiers se sont affaissés. L’exemple de 2007 est plus extrême encore. En juin de cette année-là, les gestionnaires se sont montrés particulièrement optimistes à l’égard des actions européennes. A posteriori, juin 2007 aurait été le moment idéal pour vendre les actions européennes. Enfin, en avril 2003, les gestionnaires recommandaient d’éviter les actions japonaises. Pourtant, depuis lors, elles ont connu une nette ascension.

Un élément technique justifie également que l’on se méfie de cette confiance retrouvée. Lorsque les gestionnaires ont peu de liquidités en portefeuille, cela signifie aussi que peu de capitaux sont disponibles et peuvent être injectés sur les marchés. Cela dit, la faible proportion de liquidités n’est pas forcément un contre-indicateur. Fin 2003, les gestionnaires avaient encore moins de liquidités qu’aujourd’hui, et pourtant les années suivantes, les Bourses ont progressé nettement.

Enfin, un dernier constat étonnant: les gestionnaires de fonds ne sont pas particulièrement optimistes à l’égard de l’or. Ils estiment que le métal précieux est survalorisé.

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