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"Mon plus mauvais placement? La vente de ma maison!"

À 65 ans, Georges Ugeux est pour ainsi dire le "Belge le plus connu de New York". Pendant 7 ans, il a assuré la vice-présidence de la Bourse new-yorkaise. Aujourd’hui, il gère sa propre banque d’investissement. Et l’homme a également une vision très claire de son patrimoine.

(Mon Argent) – Georges Ugeux a derrière lui une impressionnante carrière, qui l’a mené notamment à la Générale de Banque, chez Morgan Stanley et chez General Electric. En 1996, il n’a pu résister à l’appel de la Bourse de New York, dont il a assuré la vice-présidence jusque 2003. C’est une expérience qui l’a marqué: "Je suis devenu un investisseur plus agressif. J’ai vécu l’évolution des marchés financiers au plus près, ce qui m’a permis de mieux en comprendre les mécanismes."

L’homme a relaté cette expérience dans un livre: "La trahison de la finance" (dans les libraires depuis quelques jours). Il y formule 12 propositions pour réformer fondamentalement le monde de la finance. Pareil regard critique d’un homme d’affaires aguerri sur le monde qui l’emploie est surprenant en soi; mais George Ugeux se veut fidèle à ses principes et à ses idées: il les applique également à la gestion personnelle de ses finances…

- Quel est votre meilleur conseil de placement?

"Nagez à contre-courant et suivez votre propre instinct. N’attendez pas la confirmation des économistes et des analystes car vous arriverez trop tard. Début 2009, tout le monde était pessimiste à l’égard des actions et des banques en particulier. Mais j’ai acheté systématiquement des actions et j'ai ainsi pu profiter au maximum de la hausse boursière."

- Quel est votre meilleur placement? Et le pire?

"Mon meilleur placement, ce sont des actions Deutsche Bank que j’ai achetées début 2009 et sur lesquelles j’ai réalisé une plus-value de 225% en six mois. Le pire, c’est la vente de ma maison lorsque je suis parti aux États-Unis. J’avais besoin de cet argent pour acheter un appartement à New York et j’ai dû sacrifier 50% de la valeur de ma maison."

- Avez-vous beaucoup confiance dans les banquiers?

"Ils n’ont pas la liberté d’appliquer leur vision de manière cohérente. S’ils sont très négatifs à l’égard des actions, ils ne peuvent pas conseiller à leurs clients de tout liquider. Ils doivent vendre des produits et à cet égard, ils ne cernent pas toujours bien la situation personnelle et le portefeuille de l’investisseur."

-Comment est composé votre portefeuille de placement?

"J’investis beaucoup dans de l’immobilier parce qu’il conserve sa valeur. Par ailleurs, mon portefeuille est équitablement réparti entre actions, obligations et liquidités. J’opte pour un maximum de 20 actions américaines et asiatiques différentes. Je n’ai pas d’actions belges."

-Menez-vous une vie plus luxueuse à New York? 

"Je suis très économe et je n’ai pas modifié mon mode de vie depuis que j’habite aux États-Unis. Ce n’est d’ailleurs pas possible car tout coûte trois ou quatre fois plus cher ici."

- À quoi aimez-vous consacrer votre argent?

"Aux voyages. Pour moi, pas question de me déplacer en charter et de fréquenter des hôtels douteux. J’aime aussi aller au concert. Ce ne sont pas des sommes folles, mais l’opéra coûte plus cher aux États-Unis qu’en Belgique."

- Aidez-vous financièrement vos enfants? 

"Mes enfants gèrent leurs finances eux-mêmes et j’ai toute confiance en eux. Nous avons des accords très clairs à ce sujet: à partir d’un moment, il faut être indépendant. Mais s’ils devaient avoir un coup dur, il est évident que ma femme et moi les aiderions."

-Épargnez-vous pour votre pension? 

"Je n’ai pas le choix car aux États-Unis, rien n’est prévu dans ce domaine. J’ai aussi constitué une pension à l’époque où je travaillais en Belgique mais elle ne représente pas grand-chose. Je considère tout ce que l’État verse comme un complément agréable, sans plus."

-Avez-vous déjà réfléchi à votre testament?

"Oui, après mon déménagement pour les États-Unis. J’en parle très ouvertement à mes enfants. C’est nécessaire selon moi car j’ai pu voir, lors du décès d’amis ou de membres de ma famille, combien le manque de transparence peut provoquer des querelles."

-Envisagez-vous d’arrêter progressivement de travailler?

"La retraite ne m’intéresse pas. Peut-être dans cinq ans me mettrai-je à chercher un CEO pour mon bureau conseil…Mais je resterai très actif,je continuerai à conseiller les clients, à écrire des livres et des blogs."

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