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"Pas de krach obligataire en vue"

"Il faudra encore plusieurs années aux économies occidentales pour alléger leurs dettes colossales. D’ici là, la croissance économique demeurera modeste", annonce John Greenwood, économiste en chef de la société américaine de gestion de patrimoine Invesco.
©invesco

(mon argent) - Le message de John Greenwood est double: l’optimisme dont il fait preuve lorsqu’il évoque les marchés émergents se transforme en pessimisme dès lors qu’il s’aventure (au figuré) dans les économies dites développées. "Les économies développées concentrent tous leurs efforts sur l’équilibre de leurs bilans. Avant la crise, tout le monde empruntait parce que les cours de l’essentiel des classes d’actifs immobilier, actions, matières premières ne cessaient plus d’augmenter. Depuis lors, la bulle a éclaté et les ménages sont donc confrontés à une dette bien plus élevée que la valeur des classes d’actifs sous-jacentes. La seule manière pour eux de réduire leur endettement consiste à consommer moins et à épargner davantage. Conséquence logique: un ralentissement de la croissance de la consommation", explique Greenwood.

Les taux d’intérêt historiquement faibles ne peuvent-ils garantir la croissance des crédits?

"La Banque Centrale Européenne, la Bank of England et la Federal Reserve ont abaissé leurs taux quasiment à zéro. Pour autant, on n’emprunte pas et ne consomme pas davantage aujourd’hui. La déflation est inhérente au redressement des bilans et au remboursement de la dette. Schématiquement: au remboursement de sa dette, le débiteur dépose un chèque à la banque; l’emprunt est donc annulé. Ce qui signifie que les deux côtés du bilan de la banque sont impactés. La croissance économique est en conséquence ralentie et l’inflation demeure faible. Sur la base des statistiques historiques, le remboursement de cette montagne de dettes prend en moyenne six ans. Cela dit, pendant la crise récente, le levier s’est révélé bien plus important que par le passé. Depuis lors, trois années se sont écoulées, mais il faudra encore deux à quatre ans aux économies développées pour assainir leur bilan. En Occident, les investisseurs ne doivent donc certainement pas s’inquiéter d’une hausse du taux d’inflation. À quoi doivent-ils dès lors s’attendre? À une inflation bien inférieure aux prévisions et à une croissance économique moyenne moins soutenue que la moyenne."

Comment y échapper?

"C’est simple: en se tournant vers les marchés émergents. Là, c’est la situation inverse qui prévaut. Au Brésil, en Thaïlande et en Malaise, les taux d’intérêt sont en hausse, alimentés par la croissance économique soutenue. De même, la croissance des crédits s’accélère et le Produit intérieur brut comme les bénéfices des entreprises sont fermes. Exemple éloquent: le Brésil, où l’inflation oscille autour de 5%, alors qu’en 1996, le pays était encore confronté à une hyperinflation. À l’époque, la majorité des Brésiliens n’avaient pas les moyens d’emprunter. Depuis lors, l’emprunt est à nouveau accessible aux revenus élevés et moyens, ce qui contribue à soutenir la consommation. Cette success-story est identique dans d’autres pays latino-américains. Naturellement, cette situation ne durera pas éternellement, mais ces deux à trois prochaines années, l’Amérique Latine constituera une région intéressante pour les investisseurs."

Croyez-vous dans un krach obligataire?

"En Occident, inutile de se couvrir contre l’inflation: les investisseurs peuvent conserver leurs obligations, qui continueront de produire des returns positifs. Préférez aux emprunts d’État des obligations d’entreprises ‘high yield’ (à haut rendement, NDLR). Dans les pays émergents, la donne est différente. Là, les investisseurs préféreront les actions et les matières premières, qui offrent traditionnellement la meilleure protection contre une hausse de l’inflation. À cet égard, on accordera une attention particulière aux actions permettant de miser sur la demande domestique et l’infrastructure."

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