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Pourquoi 3 gourous boursiers s'attendent à une nouvelle crise

Alors que les investisseurs aspirent au calme sur les marchés financiers, selon George Soros, Warren Buffett et Nouriel Roubini, nous sommes à la veille du second chapitre de la crise.

(mon argent) – L’état préoccupant des finances publiques européennes reste suspendu comme une épée de Damoclès au dessus des marchés financiers. Depuis le début de l’année, les investisseurs doivent avoir le coeur bien accroché, car la volatilité des marchés d’actions n’a cessé de grandir avec les inquiétudes liées aux dettes. Les soucis qui pèsent sur notre pays témoignent également de cette nervosité. Ainsi, une des premières questions à l’issue des élections fédérales était: "Comment vont réagir les marchés financiers?"
Les investisseurs ont beau rêver de rétablissement et de stabilité, de plus en plus de clignotants menacent de virer au rouge. C’est en tout cas l’avis de George Soros, Warren Buffett et Nouriel Roubini.

George Soros

C’est un George Soros peu optimiste qui s’est exprimé en public à Vienne. "L’effondrement du système financier tel que nous le connaissons est réel. La crise est loin d’être finie. Nous n’en sommes qu’au deuxième acte de la pièce." Le financier milliardaire voit même des similitudes ‘effrayantes’ avec la crise des années trente. À l’époque également, les pouvoirs publics étaient pressés de réduire les déficits budgétaires à un moment où la reprise économique paraissait encore très faible. Soros craint que la forte réduction des déficits budgétaires ne pousse l’économie mondiale dans la récession. "Quand les marchés financiers ont retiré leur confiance aux dettes publiques, la Grèce et la monnaie européenne se sont retrouvées en point de mire. Les conséquences, cependant, s’en feront sentir dans le monde entier."

Warren Buffett

Au début du mois, Warren Buffett a été convoqué par le Congrès américain. Le gourou de la bourse était invité à faire la lumière sur le rôle des agences de notation dans la crise financière. Sa propre société d’investissement, Berkshire Hathaway, est le premier actionnaire de Moody’s. Au cours de son audition, le président de la commission d’enquête a voulu connaître son appréciation de la situation des marchés financiers. "Quel est actuellement, selon vous, le risque majeur pour l’économie américaine?" Réponse de Buffett: "S’il faut pointer quelque chose dont on pourrait dire plus tard: ‘ces notations étaient insensées’, alors ce sont les ‘municipal bonds’, (obligations des villes et collectivités locales américaines, ndlr). Ni les agences de notation, ni moi ne pouvons dire grand-chose sur la question des finances locales d’ici 5 ou 10 ans, en dehors du fait qu’il y aura un problème terrible. Et toute la question est alors de savoir si les autorités fédérales viendront à leur secours."

Nouriel Roubini

Étant l’un des rares à avoir prédit la crise du crédit, Nouriel Roubini jouit d’un prestige en forte hausse. Ses prévisions peu optimistes lui ont valu le surnom de "Dr. Doom". Il n’est pas plus optimiste aujourd’hui, notamment quand il accueille fraîchement les efforts d’économie européens. "Il faudrait se concentrer sur la croissance économique. La remise en ordre des budgets et les réformes structurelles ne suffisent pas. Les présages sont mauvais. Le taux interbancaire augmente, les marchés des actions reculent, il y a plus de volatilité, plus d’évitement du risque, moins de confiance chez les consommateurs et les producteurs…", explique-t-il dans une interview exclusive au quotidien L'Echo. Il met également en garde contre la montagne de la dette américaine, qui ne suscite pour l’instant guère d’intérêt. Mais cela ne durera pas: "Il est vrai que le système de surveillance financier est encore assoupi quand il s’agit des États-Unis. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il se réveille. Au second semestre, il y aura un net ralentissement de la croissance aux USA. Actuellement autour des 3%, elle s’affaissera alors sous les 2%. Cela va certainement attirer l’attention."

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