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Que valent les classements d'analystes?

Plusieurs classements internationaux décernent chaque année des récompenses aux meilleurs analystes européens, avec des méthodologies de sélection souvent diverses.
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(mon argent) - Au niveau européen, de nombreux classements utilisés par la communauté financière, distinguent à la fois les maisons de recherche pour l’ensemble de leur travail, et les analystes de manière individuelle, soit sur une base géographique, soit sur une base sectorielle. Nous allons passé en revue les plus grandes récompenses, ainsi que les derniers classements disponibles.

Starmine

Les récompenses les plus connues et renommées sont certainement les Starmine awards, décernés chaque année par Thomson Reuters, le même organisme qui distribue les Lipper Awards  pour les fonds de placement. Ces récompenses sont généralement distribuées en mars (pour les courtiers) et en mai (pour les analystes), sur la base de la performance réalisée durant l’année précédente. En clair, les awards 2011 représentent la performance sur l’exercice 2010.

Les analystes sont classés sur la base de deux grands critères, la performance de leur sélection d’actions, et la précision de leurs prévisions de bénéfice sur les sociétés qu’ils couvrent. Premièrement, la performance de l’action par rapport au rating de l’analyste sera suivie sur base mensuelle, avec constitution d’un portefeuille fictif qui reflète les choix de l’analyste. Deuxièmement, les prévisions de résultat par action de chaque analyste sur chaque action couverte feront également l’objet d’un suivi, chaque analyste étant classé sur une échelle de 0 à 100 en fonction de la précision de ses prévisions.

Merrill Lynch avait récolté le plus de récompenses en 2010 avec 15 récompenses, suivi de Cazenove (depuis racheté par JP Morgan) et UBS. Pour les groupes belges, le réseau ESN (dont fait partie la Banque Degroof) avait récolté 5 distinctions.

Extel

Egalement organisé par Thomson Reuters, ces awards sont toutefois nettement moins rigoureux au niveau de la méthodologie, puisque basés sur les votes de 240 courtiers, 1.800 gestionnaires de fonds et 600 sociétés cotées. Entre mars et mai de chaque année a généralement lieu une course aux voix entre les différents courtiers, essentiellement anglo-saxons, à coup d’incitations à voter dans les différents documents de recherche, voire d’autres méthodes encore plus agressives. Ce classement est donc généralement archi-dominé par les courtiers internationaux, avec UBS, Merrill Lynch et Crédit Suisse aux premières places pour l’édition 2010. Les Extel awards 2011 seront annoncés au début juin.

Institutional Investor

Sur des bases relativement similaires aux Extel Awards, le magazine Institutional Investor distribue également ses awards depuis de nombreuses années, même si la méthodologie est fondamentalement très différente de Starmine. Alors que Starmine veut se baser sur des données chiffrées et connues de tous (en gros, les ratings et les prévisions de résultat d’un analyste), Institutional Investor envoie des questionnaires à près de 2.000 gestionnaires de fonds dans près de 700 institutions financières, qui gèrent plus de 5.000 milliards d’euros en actions européennes. Les gestionnaires votent alors tant pour les meilleurs analystes individuels que pour l’équipe, et les résultats sont ensuite pondérés en fonction de la taille des actifs sous gestion du répondant.

Ces awards ressemblent donc plus à un concours de beauté qu’à une mesure de performance objective, et poussent les analystes et gestionnaires à entretenir des relations parfois biaisées. Un gestionnaire sera par exemple plus bienveillant envers un analyste qui n’a pas abaissé son rating sur une action qu’il a en portefeuille. Un autre biais vient de l’avantage donné aux votants ayant le plus d’actifs sous gestion. Pour 2010, le broker arrivé en tête de cette étude était la Deutsche Bank, suivie d’UBS et de Merrill Lynch.

Autres études

Il existe également d’autres études au niveau européen ou au niveau des différents grands marchés européens. Le rapport publié chaque année par AQ Research a une méthodologie qui se rapproche assez bien de Starmine, avec une évaluation qui se base sur des critères objectifs. Un bémol toutefois: la relativement faible participation des courtiers anglo-saxons dans ce classement au profit des maisons d’Europe continentale.

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