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Une sortie de la Grèce pourrait vous coûter cher

L’agence de notation Fitch a abaissé jeudi la note de la Grèce de B- à CCC. La crainte de voir la Grèce sortir de la zone euro n’a jamais été aussi forte. Quelle menace fait peser ce scénario sur votre argent?
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Le tabou d’une sortie de la Grèce de la zone euro appartient désormais au passé. Quel en serait l’impact sur votre portefeuille? Des économistes vous répondent.

1. Encore plus d’impôts

Pour Gert Peersman, professeur d’économie de l’Université de Gand, cette sortie pourrait nous coûter beaucoup d’argent car la Grèce pourrait ne pas rembourser (une grande partie de) ses dettes. Notre pays n’a pas seulement consenti des prêts directs à la Grèce, mais il est aussi indirectement exposé via la Banque Centrale Européenne. "Il n’est pas non plus exclu que les banques grecques fassent naufrage, ce qui pourrait provoquer une nouvelle crise bancaire", explique Peersman.

De plus, une augmentation des taux belges pourrait alourdir la charge de la dette. Toutes ces conséquences possibles menacent de se traduire par une hausse des impôts car nous serons obligés de faire davantage d’économies.

2. Impact sur les marchés financiers

Ces dernières semaines, les marchés d’actions ont déjà quelque peu anticipé une éventuelle sortie de la Grèce. "Mais une nouvelle baisse des cours de Bourse est inévitable, due cette fois aux effets négatifs sur l’économie", analyse Werner Wuyts, de Dierickx Leys Effectenbank.

Il est évident que ce sont les actions des banques qui risquent de souffrir le plus. Elles ont d’ailleurs déjà pris des gifles ces dernières semaines. L’impact sur les marchés obligataires serait aussi important, comme on a déjà pu le constater récemment.

Plus on parlera de la sortie de la Grèce, plus vite les marchés se mettront en quête d’une nouvelle victime. Les taux espagnols et italiens ont atteint cette semaine leur plus haut niveau depuis le début de l’année, ce qui laisse entendre qu’une sortie de la Grèce ferait certainement vaciller l’euro encore davantage.

Pour les investisseurs qui souhaitent se diversifier, il est grand temps de commencer à regarder vers d’autres devises. Dans ce contexte, certains analystes conseillent la couronne norvégienne et le dollar américain. Comme c’est la tradition en période d’incertitude, l’or devrait revenir sur le devant de la scène, même si son cours est en baisse depuis des semaines.

3. Pas de hausse des taux spectaculaire

La sortie de la Grèce se traduirait-elle automatiquement par une pression supplémentaire sur les taux d’intérêt? "Oui, mais pas de façon importante", estime Alexandre de Groote, spécialiste des marchés obligataires chez Petercam. "Les taux pour des échéances courtes avoisineraient sans doute les 30 ou 35%. Il ne faut pas s’attendre à ce que les taux diminuent rapidement".

Par ailleurs, en Belgique, on ne s’en sort pas mal… Les dernières perspectives du Bureau du Plan sont encourageantes. Croissance en mode "résistance". Baisse graduelle de l’inflation. Un déficit aux "normes européennes". "Cela se traduit par un spread avec l’Allemagne de 190 points de base. Le taux belge à 10 ans s’inscrit 3,4% et ne devrait pas trop progresser." En d’autres termes, il ne faut pas s’attendre à de grosses variations sur le front du coût du crédit et des rendements de l’épargne dans les prochains mois. "Il ne faut s’attendre à une réaction assez vive des marchés obligataires que si les pays en réelle difficulté – et la Belgique n’en fait pas partie - ne sont pas à 100% prêts à montrer patte blanche en cas de sortie de la Grèce de la zone. Mais je n’y crois pas trop…", conclut Alexandre de Groote.  

4. Les importations coûteront plus cher

Cette décision de sortie révélerait de manière encore plus flagrante les faiblesses de l’euro dans son ensemble. Et c’est ce qui pousse son cours à la baisse. Cette semaine, la monnaie unique a perdu du terrain par rapport au dollar américain, pour tomber à son niveau le plus bas des quatre derniers mois. Et qui dit euro plus faible, dit hausse des prix des produits importés par la zone euro.

D’après les chiffres de l’Agence pour le Commerce Extérieur, si l’on exclut la zone euro, notre pays importe surtout des produits et services du Royaume-Uni et des Etats-Unis. Nous importons du Royaume-Uni essentiellement des diamants, du gaz naturel, du pétrole, des voitures et d’autres véhicules motorisés. Quant aux Etats-Unis, ils nous fournissent surtout des médicaments, des équipements médicaux et du pétrole. Ces produits pourraient donc se renchérir puisque nous devrons mettre plus d’euros sur la table pour payer en dollars ou en livres sterling.

Un euro plus faible nous fait automatiquement penser à une hausse des prix de l’essence et du diesel. Mais Peter Vanden Houte, économiste en chef chez ING tempère: "Une sortie de la Grèce pèserait sur les perspectives de croissance économique, ce qui provoquerait une sortie des investisseurs des actifs liés à la croissance, comme par exemple les matières premières. Le pétrole coûterait alors moins cher." Cependant, les prix à la pompe ne vont pas non plus être bradés. L’affaiblissement de l’euro annulera une partie de l’effet de la baisse du prix du brut.

5. Les voyages en Grèce et la feta seront moins chers

Si la drachme est réintroduite, il faudra s’attendre à une dévaluation de 50 à 60% par rapport à l’euro selon les économistes. Cela signifie que les produits grecs seront nettement moins chers. Mais c’est aussi là que le bât blesse. Car la Grèce exporte une gamme très limitée de produits: quelques denrées alimentaires, de l’huile d’olives et du vin. Rien de vraiment essentiel pour les consommateurs belges.

Bien sûr, voyager en Grèce sera moins cher. "Mais il y a de fortes chances pour que le pays se trouve rapidement plongé dans un chaos total, avec une inflation galopante", craint Peter Vanden Houte. L’économiste dresse à cet égard un portrait très peu flatteur de la Grèce comme terre de vacances: bagagistes en grève, chauffeurs de taxi qui manifestent ou qui ne roulent pas, ou encore ferries à l’arrêt et qui vous empêchent de rejoindre votre île paradisiaque…

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