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Vos actions vont-elles pâtir des nouvelles taxes?

Lors de leur dernière réunion au Canada, les dirigeants des 20 pays les plus industrialisés ont discuté sérieusement de nouvelles taxes à infliger aux entreprises. Pour les investisseurs, il est important de connaître les secteurs qui seront les plus visés.

(mon argent) - Les banques et les compagnies d’assurances étant à l'origine de la crise financière, elles devront sans doute payer pendant un bon moment encore. Lors du sommet du G20, certains ont plaidé en faveur d’un impôt bancaire universel afin de faire payer au secteur sa responsabilité dans la crise financière et pour instaurer une contrepartie à l'aide publique reçue. Mais aucun accord n'a pu être dégagé. In fine, les pays qui souhaitent imposer une telle taxe peuvent le faire, mais ceux qui ne le veulent pas n’y sont pas obligés.

Cela étant, bon nombre de pays ont déjà instauré l’une ou l’autre taxe sur les banques. En Belgique, depuis l’an dernier un impôt de 0,15% a été instauré sur l’épargne garantie. Dans le cas de Dexia, par exemple, cette contribution correspond à un montant annuel d’environ 75 millions d’euros, soit 0,04 EUR par action.

Pour les groupes internationaux, la pression fiscale dépend dans une large mesure des régions où ils sont actifs. C’est ainsi que KBC subira également une importante saignée via sa filiale hongroise. Le produit total de la taxe bancaire pour l’État belge avoisine les 540 millions d’euros par an. Au niveau européen, les taxes consolidées peuvent grimper à 50 milliards d’euros. Finalement, ces impôts supplémentaires seront répercutés directement ou indirectement sur les clients, mais les actionnaires auront dû renoncer au préalable à une partie du bénéfice disponible.

Moins cher, c’est mieux

Mais les impôts ne seront pas les seuls à peser sur la rentabilité de certains secteurs. Pensons aussi aux économies réalisées par les pouvoirs publics. Un éventuel gel de l’augmentation autorisée des frais médicaux risque par exemple d’affecter la croissance des bénéfices d’acteurs (chers) traditionnels du secteur de la santé. Ces mesures sont en revanche une bonne nouvelle pour les fournisseurs (moins chers) alternatifs, comme les fabricants de médicaments génériques. En tant que leader du marché des médicaments en vente libre, Omega Pharma peut dès lors peut-être profiter des économies décidées dans les soins de santé.

Impôt sur la pollution

Le désastre provoqué par le géant pétrolier BP n’est pas le déclencheur direct de nouvelles taxes environnementales mais il remet ce thème à l’ordre du jour. Dans la logique du "pollueur payeur", il faut s’attendre à ce que de nouveaux impôts sur les entreprises fassent leur apparition dans un proche avenir.

Ces dernières années, plusieurs secteurs ont déjà été frappés par des taxes, leurs produits ou services étant contraires à une société durable. Songeons notamment aux fabricants de cigarettes et aux compagnies aériennes.

L’Allemagne a également annoncé un nouvel impôt sur l’énergie nucléaire. Voilà pourquoi même des actions défensives, comme RWE et E.ON, sont sous pression ces derniers temps. Le groupe franco-belge GDF Suez risque en outre d’être amputé d’une partie de ses recettes par l'éventuelle fixation des tarifs de l’électricité en France.

Mauvaise approche

Reste toutefois à savoir si ces moyens serviront à la bonne cause. À court terme, les pouvoirs publics utiliseront exclusivement les recettes fiscales supplémentaires pour boucher les trous du budget et réduire la dette de l’État. Mais comment limitera-t-on à long terme les risques des institutions financières? Comment rendra-t-on la politique énergétique plus respecteuse de l'environnement?

En ce qui concerne le secteur bancaire, des voix s’élèvent pour prôner une imposition plus lourde des bénéfices ou l’introduction d’une taxe sur les transactions spéculatives. Une scission complète des conglomérats financiers, avec des entités indépendantes pour l’épargne, le placement et l’assurance, ainsi que la récompense des cotes de solvabilité élevées seraient certainement plus efficaces.

Pour ce qui est des investissements durables, les pouvoirs publics doivent donner encore davantage d’incitants aux entreprises exemplaires en matière de développement durable au lieu de sanctionner les retardataires. Malheureusement, ils n’ont pour l’instant ni le courage ni la possibilité de mettre en œuvre cette approche positive. Mais en sélectionnant des actions d’entreprises de premier plan, vous pouvez jouer sur le processus de conscientisation.

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