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Vos obligations vont-elles dégringoler en 2010?

Pour les détenteurs d'obligations, 2009 fut indubitablement une année mémorable. Mais que nous réserve 2010? Les obligations sont-elles toujours intéressantes ou devons-nous nous attendre à un krach?

(mon argent) – L’an dernier sera très probablement inscrit dans les livres d’histoire comme un grand cru pour les obligations. Au premier semestre 2009 particulièrement, les obligations d’entreprises ont atteint des sommets. De nombreuses entreprises (GDF Suez, AB InBev, Bekaert, Solvay,…) sont en effet parties en quête de capitaux par l’émission d’obligations. Les investisseurs se sont rués sur ces produits, offrant des rendements intéressants. Au premier semestre, le taux des obligations d’entreprises de qualité a en effet augmenté à plus de 8%.

Que nous réserve l’année 2010 ? Le rendement des obligations est d’ores et déjà nettement inférieur à celui d’il y a un an : les obligations d’entreprises de qualité offrent un taux de quelque  4,5% tandis que les obligations d’Etat belges à dix ans proposent actuellement 3,84%. Bien que ces rendements soient encore intéressants dans le contexte économique actuel, les pessimistes craignent un krach du marché obligataire. On constate en effet plusieurs similitudes avec la situation de 1994, année caractérisée par un krach retentissant de ce marché : crainte de l’inflation et taux en hausse.

Krach ou pas krach ?

Or cette année, ces deux éléments domineront également le tableau. L’inflation et le taux de la BCE sont historiquement faibles. On ne se demande dès lors plus s’ils vont augmenter, mais quand. En ce qui concerne les obligations actuelles, la perspective est peu enthousiasmante : les craintes d’une recrudescence de l’inflation se traduisent par une hausse des taux, ce qui met sous pression les cours des obligations existantes.

Mais ces facteurs sont-ils obligatoirement synonymes de krach ? « Pour ma part, je n’anticipe pas de krach obligataire comme en 1994 », note Johnny Debuysscher de chez Petercam. « Le taux à court terme est certes particulièrement faible et son évolution sera déterminante, mais contrairement à la situation de 1994, l’augmentation ne viendra pas de nulle part. Avec une croissance économique attendue de 3% aux Etats-Unis, on évoquera vraisemblablement une augmentation des taux, mais celle-ci sera progressive. Les banques centrales disposent en effet d’autres instruments pour dissiper les liquidités abondantes. D’abord, elles utiliseront ces instruments peu conventionnels et ensuite seulement, elles envisagerons l’augmentation des taux. »

Michaël De Man, spécialiste obligataire chez KBC, ne croit pas non plus au scénario du krach obligataire. « Certes, le taux faible affectera les obligations ces prochaines années, mais pas encore cette année. Les craintes d’inflation semblent en effet excessives. Nous ne prévoyons pas d’effets inflationnistes des injections de liquidités avant 2012.

Les obligations sont-elles toujours intéressantes ?

Que peut dans ce cas espérer le détenteur d’obligations ? « Nous anticipons un schéma en U du taux à long terme des obligations d’Etat : d’abord, le taux restera autour des niveaux actuels, pour ensuite baisser en été en réaction à l’apaisement des craintes inflationnistes et en l’absence de hausse de taux par les banques centrales. Fin 2010, le taux repartira à la hausse. Finalement, il bouclera l’année autour des niveaux actuels. 2010 sera donc probablement une année obligataire convenable, avec un rendement attendu de 3 à 4%. 2011 pourrait ensuite être caractérisée par de solides hausses de taux », conclut De Man.

Conseils à l’investisseur obligataire
  • Toutes les obligations d’Etat ne sont pas à mettre dans le même panier. Preuve en a été donnée une fois encore le mois dernier, lorsque la solvabilité de la Grèce a été remise en question, ce qui n’a pas manqué d’affecter leurs cours. Préférez donc en toute occasion les obligations d’Etat de la plus grande qualité.
  • La diversification est essentielle. Les épargnants qui choisissent des obligations individuelles doivent se montrer sélectifs. La diversification est la meilleure protection contre les défauts de paiement. Préférez par ailleurs les obligations de qualité et ne vous laissez pas tenter par des emprunts plus risqués pour doper le rendement de votre portefeuille.
  • Attention aux obligations liées à l’inflation. Elles peuvent être une manière de se protéger d’une hausse de l’inflation mais ne sont pas la panacée. « Les périodes de hausse de l’inflation s’accompagnent souvent d’une hausse des taux réels et d’une baisse des cours des obligations corrélées à l’inflation. En période de hausse de l’inflation, ces obligations se portent mieux que les emprunts d’Etat, mais les rendements absolus pourraient baisser. A plus forte raison parce que de nombreuses obligations et fonds liés à l’inflation ont une longue durée », raconte De Man.
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