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6 facteurs susceptibles d'impacter l'économie mondiale... et votre portefeuille

La récente escalade entre les Etats-Unis et l’lran a fait monter d’un cran les incertitudes quant aux perspectives économiques de la planète. Quels sont les principaux défis qui attendent l’économie mondiale?
Toute hausse du prix du pétrole a généralement un impact négatif sur la croissance mondiale et sur votre portefeuille. ©AFP

L’économie mondiale vient de boucler une année difficile. D’après l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), la croissance mondiale est tombée à 2,9% en 2019, son plus bas niveau depuis la crise de 2008. En 2018, l’économie planétaire affichait encore un taux de croissance de 3,6%. Ce ralentissement est surtout la conséquence de la guerre commerciale qui oppose la Chine et les Etats-Unis. Malgré tout, les marchés d’actions et d’obligations ont nettement progressé, grâce notamment aux abaissements de taux par de nombreuses banques centrales et au récent dégel des relations commerciales entre les deux grandes puissances.

Pour 2020, l’OCDE s’attend à une croissance qui ne devrait pas dépasser 2,9%. Mais ce pronostic ne tient pas compte de deux récentes évolutions, l’une négative, l’autre positive.

La bonne nouvelle, c’est que l’accord partiel conclu par les Etats-Unis et la Chine met fin – du moins provisoirement – à l’escalade de la guerre commerciale. La Chine a promis d’augmenter ses achats de produits agricoles américains, tandis que les Etats-Unis se sont engagés à réduire de 15 à 7,5% les taxes d’importation sur 120 milliards de dollars de produits chinois.

La mauvaise nouvelle, c’est l’intensification des tensions politiques au Moyen-Orient, suite à la frappe américaine qui a coûté la vie au général iranien Qasem Soleimani. L’Iran a décidé de mettre fin à l’accord conclu avec l’Occident qui interdit la production d’armes nucléaires et a lancé des représailles contre les Etats-Unis.

Quels sont les développements que les investisseurs devront tenir à l’œil en 2020?

1. Le Moyen-Orient et le cours du pétrole

Les incertitudes relatives à la situation au Moyen-Orient constituent le principal risque à court terme pour l’économie mondiale. Début janvier, l’assassinat du général iranien a poussé les prix du pétrole au-delà de 70 dollars le baril, pour la première fois depuis le mois de septembre. Les prix du pétrole sont ensuite retombés, mais une nouvelle hausse n’est pas exclue. Une interruption de la production irakienne et iranienne de pétrole pendant un mois ferait grimper le prix du baril de 7 dollars, selon la banque américaine JPMorgan.

Toute hausse du prix du pétrole a généralement un impact négatif sur la croissance mondiale. Le pouvoir d’achat recule dans les pays importateurs de pétrole, qui réduisent alors leurs dépenses de consommation et leurs investissements. Et le surplus de consommation des pays exportateurs ne compense généralement qu’en partie le ralentissement dans le reste du monde.

L’Europe, la Chine et le Japon sont les principaux importateurs de pétrole, mais la dépendance de l’Europe a fortement diminué depuis le choc pétrolier des années 1970. Le rapport entre la consommation de pétrole et les activités économiques s’est réduit grâce aux économies d’énergie et à l’augmentation du recours aux énergies alternatives.

Une hausse du cours du pétrole n’a en principe aucune conséquence négative sur l’économie américaine. Le ministère américain de l’Energie prévoit que le pays de l’Oncle Sam deviendra en 2020 – et ce pour la première fois de son histoire – exportateur net de pétrole. Ce basculement est dû à la forte hausse de la production de pétrole de schiste.

2. Les conflits commerciaux

Le dégel des relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine ne signifie pas la fin de tous les conflits. Tout d’abord, l’accord conclu entre les deux plus grandes économies mondiales n’est que partiel. Washington espère arriver à un deuxième accord avec la Chine, portant sur la réduction des subsides aux entreprises publiques chinoises, le commerce en ligne et la répression des cyberattaques. En cas d’échec, le président américain pourrait décider de prendre d’autres mesures à l’encontre de la Chine.

Par ailleurs, en 2020, il faut s’attendre à ce que les Etats-Unis s’en prennent à l’Europe. En décembre, le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, a mis en garde le Vieux Continent, soulignant que le déficit commercial américain avec l’Union Européenne n’était pas tenable. Trump a déjà menacé à plusieurs reprises de taxer les importations de voitures européennes. Il vise également certains produits français, suite à la décision de nos voisins d’imposer les sociétés internet. En effet, la nouvelle taxe française – connue sous le nom de taxe GAFA – vise notamment les sociétés technologiques américaines comme Google, Amazon, Facebook et Apple.

3. Les élections présidentielles américaines

Les élections présidentielles américaines devraient représenter un facteur d’incertitude pendant la majeure partie de l’année. Le 3 février, les démocrates et les républicains tiendront leurs premières élections primaires pour nommer leur candidat à l’investiture. Les investisseurs regardent surtout du côté des démocrates, car il est désormais certain que Trump sera le candidat des républicains.

Les derniers sondages désignent l’ancien vice-président et figure centrale, Joe Biden, comme candidat probable des démocrates. En dehors de Biden, les candidats de gauche, Bernie Sanders et Elizabeth Warren, affichent les meilleurs scores. En cas de bons résultats de Sanders et de Warren lors des primaires, les marchés financiers risquent de se montrer nerveux. Leur programme prévoit en effet l’augmentation de la pression fiscale sur les entreprises.

La nervosité devrait encore monter d’un cran si Sanders ou Warren l’emportait contre Trump le 3 novembre. La victoire inattendue de Trump en 2016 nous a appris qu’une surprise est toujours possible. Le pouvoir du futur président dépendra également de la composition du Congrès. En novembre, les Américains n’éliront pas seulement leur président, mais aussi tous les membres de la Chambre des Représentants et un tiers des sénateurs.

4. Le Brexit

Le Royaume-Uni quittera l’Union Européenne le 31 janvier. A court terme, le Brexit n’aura que peu de conséquences sur l’économie. Le 1er février marquera le début de la période de transition pendant laquelle pratiquement rien ne changera. Le Royaume-Uni et l’Union Européenne devront, d’ici fin décembre, trouver un accord sur leurs relations commerciales futures. De nombreux observateurs craignent que cette période de transition ne soit trop courte pour conclure un tel traité, mais le premier ministre britannique, Boris Johnson, refuse de la prolonger. S’il change d’avis, il devra introduire une demande de prolongation, au plus tard le 30 juin.

En cas de Brexit dur, le Royaume-Uni et l’Union Européenne lèveront des taxes sur leurs importations respectives dès le début de 2021.


Si les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne se révèlent difficiles et que Johnson s’obstine à refuser de prolonger la période de transition, la crainte d’un Brexit dur fera son come back. Le cas échéant, le Royaume-Uni et l’Union Européenne lèveront des taxes sur leurs importations respectives dès le début de 2021.

Une telle situation aurait des conséquences négatives et provoquerait de la nervosité sur les marchés financiers. Dans ce scénario, c’est le Royaume-Uni qui a le plus à perdre, car près de la moitié de ses exportations sont destinées à l’Union Européenne. Un Brexit sans accord provoquerait plus que probablement une récession au Royaume-Uni. Au sein de l’UE, les principales victimes seraient l’Irlande, les Pays-Bas et la Belgique.

5. Les banques centrales

On s’attend à ce que la Réserve fédérale (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) revoient cette année leur stratégie à long terme. La Fed reverra également son arsenal de mesures et sa communication. Les investisseurs attendent surtout la modification de l’objectif d’inflation de 2%. La Fed a laissé entendre qu’elle envisageait un "make up". Cette technique prévoit qu’une période d’inflation trop faible est suivie par une période d’inflation plus élevée pour obtenir une moyenne de 2% à long terme. Vu que l’inflation était trop basse au cours des dernières années, la nouvelle stratégie devrait comprendre d’autres mesures de relance.

La BCE pourrait décider d’acheter davantage d’obligations vertes et de réduire ou cesser d’acheter les obligations d’entreprises pétrolières.


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La Fed compte terminer sa révision stratégique dès la fin du premier semestre.
La BCE, quant à elle, devrait donner le coup d’envoi de sa réflexion stratégique le 23 janvier, avec comme sujet central l’évaluation de son objectif d’inflation. Francfort vise désormais une inflation "inférieure à mais proche de 2%". La nouvelle présidente, Christine Lagarde, souhaite également examiner comment la banque centrale peut jouer un rôle dans la lutte contre les changements climatiques. La BCE pourrait décider d’acheter davantage d’obligations vertes et de réduire ou cesser d’acheter les obligations d’entreprises pétrolières. Les obligations vertes sont des titres dont les revenus sont investis dans des projets positifs pour l’environnement.

On attend également de connaître la nouvelle politique monétaire des deux principales banques centrales. Les administrateurs de la Fed ont indiqué en décembre qu’ils n’avaient pas l’intention de modifier les taux cette année. Le marché des taux à terme s’attend cependant à une baisse des taux américains, probablement en septembre ou novembre. Si cet assouplissement de la politique monétaire n’a pas lieu, on peut s’attendre à une hausse du taux à long terme et à de la volatilité sur les marchés d’actions. Les taux de la BCE devraient, selon les prévisions actuelles, rester stables jusqu’à la fin de l’année.

6. Les changements climatiques

Les changements climatiques ont un impact de plus en plus important sur l’économie et la politique des pouvoirs public et des entreprises.

Les changements climatiques ont un impact de plus en plus important sur l’économie et la politique des pouvoirs publics et des entreprises. Les investisseurs doivent donc également les prendre en compte. Les énormes incendies en Australie sont entre autres la conséquence du réchauffement de la planète. La nouvelle Commission Européenne a par ailleurs lancé un ambitieux "Green Deal".

En 2020, les principaux pays du globe devraient franchir une nouvelle étape et annoncer au plus tard en décembre – lors du sommet pour le climat de Glasgow – de nouveaux objectifs climatiques plus ambitieux. Une mesure indispensable pour éviter que la terre ne continue à se réchauffer au-delà de la limite de 1,5 à 2° Celsius fixée lors de la Cop 21 à Paris.

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