interview mon argent

John Martin: "Je me dois de gérer mes finances avec prudence"

©Dieter Telemans

70 ans/Son grand-père, John Martin, brasseur britannique, importait la Guinness en Belgique, a lancé la distribution du Schweppes en Europe et a racheté le château au bord du lac de Genval/Directeur des hôtels Martin’s Hotels, qui comptent 14 établissements dans toute la Belgique/Ses premiers boulots: travail de nuit chez Guinness à Dublin et livraison dans les bars de Londres pour Schweppes/À 21 ans, il devient responsable export dans 11 pays africains/Passionné par la nature.

Quand pensez-vous prendre votre retraite?

Le travail étant la santé, assisté d’équipes enthousiastes et fidèles, je pense m’arrêter vers 75 ans… et maintenir mes intérêts pour la protection de la faune et de la nature, ainsi que l’aide directe à des populations locales en Afrique!

Quelle est votre définition du luxe?

Mon vrai luxe est un lit très confortable "made in Belgium" comme tous nos lits d’hôtel (environs 1500!). Mon luxe récent, par contre, est une piscine qui remplace ma vieille Zodiac avec ses 80 cm d’eau. Je peux enfin "flotter" sans racler le fond, mes genoux étant hors service après 10 ans de rugby et de lancement de disque intensif en compétition plus deux hernies discales!

La crise financière a-t-elle modifié votre manière de gérer vos finances?

Je me dois de gérer mes finances avec prudence, d’autant que tout est réinvesti dans le groupe, afin de lui permettre un développement et d’assurer le salaire des 500 âmes qui y travaillent.

En cinq chiffres
  • 23: "Mon numéro au collège, collé sur chaque vêtement et porte-bonheur."
  • 627 25 95: "Mon numéro de téléphone à Paris, où j’ai habité pendant 20 ans."
  • 1332: "Le code postal de Genval, où j’habite, une fierté."
  • 27: "Le département de l’Eure, en France, où ma famille a une maison de campagne."
  • 2 et 13: "L’âge de mes petites-filles, soleils permanents qui attendent bientôt deux sœurs de cœur (jumelles)."

Certes, je suis loin des 750 livres de salaire annuel de mon début londonien, cela n’empêche une rigueur communiquée à mes trois enfants, tous actifs en dehors de l’entreprise: Laetitia psychologue, Alexia chez RTL-TVI et John et son épouse Julie, créateurs des nouvelles chambres Pairi Daiza via Champels.

Profitez-vous des "app" et autres nouvelles technologies?

Les app qui me sont utiles sont rares: Booking, PayPal, la météo et Waze. Je suis aussi un grand fan de WhatsApp et Messenger. Facebook me permet de garder un œil sur ma grande famille (les neveux et nièces surtout). Je prends mon rôle de premier-né des petits-enfants à cœur!

Quand vous partez en vacances, allez-vous dans des hôtels?

J’ai la chance de "disposer" de 14 hôtels répartis sur la Belgique. Lorsque je suis à l’étranger, je dors aussi à l’hôtel, par amour pour notre profession. Donc non, pas de Airbnb. Surpris?

"Dépenser avec parcimonie afin de pouvoir faire face à des revers financiers, se faire plaisir avec modération et ne dépenser que quand on est quasi certain que cela ne pèsera pas (trop) sur sa vie familiale."
Le conseil

À votre avis, la Belgique est-elle une destination de vacances? Accueillez-vous beaucoup de touristes dans vos hôtels?

Oui, nos hôtels accueillent de plus en plus de visiteurs étrangers friands de notre gastronomie et de nos bières! (Martin’s, Gordon, Guinness, Timmermans notamment.)

Fréquentez-vous des restaurants étoilés?

Je fréquente rarement les restaurants étoilés car je suis vite impatient. Mais je suis un grand admirateur de la profession de restaurateur et ayant connu la période des deux étoiles Michelin de notre restaurant au Château Du Lac avec Michel Haquin, j’en ai l’expérience!

Quel a été votre pire investissement?

Tout entrepreneur doit faire face à ses échecs. Le mien est le lancement d’une eau de toilette (élaborée en Belgique par Guy Delforge de Namur). Elle fut première en ventes pendant de nombreuses semaines chez Sephora et portait le nom de TNine, le fameux numéro de Tony Parker, avec l’approbation et les conseils d’Eva Longoria et de Thierry Henry… C’était un moment fort (et agréable) de ma carrière, mais difficile!

Quelles sont les choses pour lesquelles vous dépenseriez sans compter et celles pour lesquelles vous ne donneriez pas le moindre euro?

Très sensible à l’environnement, j’aime contribuer et aider ceux qui s’acharnent pour sa protection et qui contribuent ainsi au bien-être des populations locales.

Dans son portefeuille: "N’étant pas habitué à devoir porter une carte d’identité (British…), je n’ai pas de portefeuille mais bien un porte-cartes, qui se balade toujours… C’est mon téléphone qui abrite ma carte d’identité car je suis citoyen belge depuis peu!" ©Dieter Telemans

Par contre, je me méfie beaucoup des "bonnes causes" proposées sur Internet.

Y a-t-il un objet, même sans valeur, que vous ne vendriez jamais?

J’ai beaucoup de mal à me débarrasser d’objets me rappelant mes grands-parents notamment. Des petits bibelots qui étaient dans leur "vitrine" resteront toujours dans la mienne. Nostalgie quand tu nous tiens!

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect