Le Belge paie trop cher pour refinancer son prêt

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Selon une étude de Test-Achats, le Belge est perdant par rapport à ses voisins européens. Test-Achats plaide donc pour une diminution, voire même une suppression totale, de certains frais liés au refinancement hypothécaire.

Lorsqu’un Belge souhaite changer d’emprunt hypothécaire pour en prendre un meilleur marché ailleurs, il paie en moyenne des frais d’acte (droits d’enregistrement, frais administratifs, honoraires du notaire, frais d’hypothèque et TVA) 13 fois plus élevés que dans d’autres pays européens, selon une étude menée par Test-Achats (TA) sur les frais liés au refinancement d’un prêt hypothécaire.

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Le Belge paie en moyenne des frais d’acte 13 fois plus élevés que dans d’autres pays en Europe.

"C’est totalement absurde", s’insurge le groupe de défense des consommateurs, dans une lettre ouverte envoyée au ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, ainsi qu’aux parlementaires des commissions en charge des Affaires économiques et de Justice. "Nous demandons formellement que les frais d’acte pour le refinancement d’un prêt soient réduits au niveau moyen des autres pays, et ce afin que les emprunteurs ne soient pas pris en otage par les prêteurs."

De fait, bien que les taux d’intérêt hypothécaires soient actuellement toujours bas, le refinancement s’apparente souvent à une opération à perte, tellement les frais pour changer d’organisme prêteur sont élevés. "Par conséquent, le client reste pieds et poings liés à son ancienne banque et la concurrence entre les institutions financières ne peut pas jouer".

D’après les calculs de TA, si les coûts demandés en Belgique pouvaient atteindre la moyenne (500 euros) des autres pays (voir tableau), alors le refinancement hypothécaire deviendrait réellement intéressant.

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Par exemple, si un consommateur a emprunté 200.000 euros en 2017 au taux de 1,9% sur une durée de 20 ans, il n’a aucun intérêt à transférer son prêt ailleurs aujourd’hui à 1,6% sur 19 ans. En revanche, avec des frais de seulement 500 euros, ce même consommateur pourrait économiser près de 3.700 euros. "Un avantage dont il est privé par les règles de jeu belges actuelles."

Face à ce constat, TA souhaite que certains frais soient réduits (comme en Italie) ou complètement supprimés (comme au Royaume-Uni).

"En autorisant un tarif inférieur on permettrait la concurrence."
Test-Achats

Mais aussi que le plafond des honoraires du notaire soit fixé d’autorité. "En autorisant un tarif inférieur on permettrait la concurrence. C’est le cas aux Pays-Bas, où les honoraires sont plus libres, et où il existe même des sites internet permettant de trouver le notaire le moins cher."

L’organisation de défense des consommateurs plaide également pour la mise en place d’une portabilité de l’hypothèque. "Cela permettrait de transférer tout simplement l’inscription hypothécaire d’un établissement de crédit à l’autre avec un minimum de frais. En Allemagne, par exemple, cela ne coûte que 500 euros environ."

Enfin, TA évoque l’existence d’alternatives moins coûteuses pour l’enregistrement. C’est le cas en France avec le prêt cautionné. Ce système permet au consommateur d’emprunter avec garantie par le biais d’une société privée. Cette formule est souvent jusqu’à 80% moins chère.

→ Test-Achats invite les consommateurs à signer une pétition en ligne pour mettre fin à cette situation disproportionnée par rapport à nos voisins européens.

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