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Faut-il planquer votre argent sous le matelas?

Inflation qui remonte. Rendements de l'épargne qui diminuent... Les rendements réels sont donc proches de zéro, voire négatifs. Faudrait-il donc planquer son épargne sous le matelas?

(mon argent) - En mars, l’inflation a grimpé plus que rapidement que prévu: 1,66%, au lieu de 1,48% attendu. La faute aux produits pétroliers, "qui ont globalement tiré les prix vers les haut, alors que l’inflation sous-jacente, hors prix de l’énergie, reste très faible", relève Philipe Ledent, économiste chez ING. De manière concomitante, les rendements des comptes d’épargne  sont en chute libre. Le 1er avril, jour où la réforme du compte d’épargne fêtait son premier anniversaire, 4 banques ont encore réduit leurs rémunérations. Aujourd’hui, sur une base annuelle, un rendement net de 2,5% est l’exception, 1,25%, la règle.

Rendement réel négatif

Dans ces conditions, se pose naturellement la question: ne vaut-il mieux pas garder ces liquidités sous le matelas puisque les rendements RÉELS sont négatifs? Le "taux nominal moins l’inflation" est en effet aujourd’hui proche de zéro, si pas négatif dans la plupart des banques.  "La réponse est non, deux fois non", martèle Philippe Ledent. "La dépréciation de l’argent sera de toute façon plus forte si vous le laissez sous le matelas puisqu’aucun intérêt ne le valorisera. Votre épargne planquée se dévalorisa de toute façon en raison de l’inflation, il ne faut pas l’oublier…", précise l’économiste. "Sans oublier que l'argent peut être volé", précise-t-on chez BNPP Fortis...

Même son de cloche chez Keytrade: "D’abord, l’inflation reste mesurée et on confond souvent l’inflation "ex-post" (constatée sur les derniers douze mois) avec le taux actuel de l’épargne, soit un taux qui ne produit des intérêts que dans le futur", précise Thibault de Barsy, directeur commercial.  "Si l’on regarde les intérêts servis en 2009 par rapport à l’inflation 2009, l’épargnant reste gagnant. De manière classique, si on imagine un scenario d’inflation généralisée et continue, il entraînera forcément une réaction de la banque centrale qui elle-même se reflétera dans les taux d’intérêts servis sur l’épargne. Les années 2008 et 2009 sont assez éloquentes "rétrospectivement" à ce sujet. L’épargnant a donc intérêt à choisir une banque qui s’adapte vite aux décisions de hausses de la BCE (comme en 2008)…"

Cela dit, si on s’attarde aux perspectives, cette situation de rendements réels négatifs ne devrait pas perdurer. Le consensus table sur une hausse des taux dans les prochains mois, dans la foulée d’une légère reprise de l’économie (et donc d’une légère reprise de l’inflation), et, surtout, de primes de risques plus élevées dues aux endettements publics, qui mettent aussi la pression sur les taux. Le différentiel, en d’autres mots, devrait rapidement devenir positif…

Où investir, alors?

La question posée "innocemment aux banques" récolte un "non" à la question de savoir s’il faut placer son argent sous le matelas pendant quelques mois. Mais rien d’autre, notamment au niveau des alternatives en termes de placement à revenu fixe. "C’est normal", justifie Philippe Ledent. "Il aurait fallu introduire la dimension du risque dans la question. Si l’épargnant veut plus de rendement, il doit se positionner sur des investissements plus risqués, comme sur les obligations, voire les actions."

"Une décision d’investissement reste fondamentalement individuelle. L’investisseur peut lui-même établir son "taux d’inflation" personnel qui ne correspond pas forcément à celui de l’indice. On en revient à la question du profil personnel de l’épargnant; capacité d’épargne, aversion au risque, répartition de son portefeuille financier total,…", poursuit Thibault de Barsy.

C’est  précisément en raison de la faiblesse des taux, et de la conviction que les entreprises vont pouvoir générer des bénéfices autrement que par des réductions de coûts que les actions, par exemple, recueillent encore leurs faveurs pour les prochains mois. D'autant plus que les prévisions d'inflation restent modérées pour les prochains mois. "Elle devrait avoisiner 1,5% sur l'année, parie-t-on BNPP chez Fortis.

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