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Comment gérer votre patrimoine une fois pensionné ?

Vous avez touché votre assurance groupe et votre épargne-pension. Vous disposez peut-être également d'une épargne supplémentaire. Comment gérer et faire fructifier votre patrimoine?
©Filip Ysenbaert

Ca y est, vous voilà pensionné. Vous avez maintenant la confirmation que votre pension légale est totalement insuffisante pour vous assurer un train de vie confortable et que le capital de votre assurance groupe et/ou de votre épargne-pension est donc plus que bienvenu. Avec un peu de chance, vous pouvez également compter sur le quatrième pilier: votre épargne individuelle. Un (beau) petit magot… ou un pis-aller, selon les cas, qu’il va falloir gérer et faire fructifier. A fortiori si ce complément est maigre. Ce capital doit en effet vous aider à vivre confortablement jusqu’à vos derniers jours. Et pourquoi pas, également, d’aider vos enfants via une donations ou en leur laissant quelque chose en héritage. Comment procéder??

Quel capital (idéal)?

"Le capital 'idéal' à posséder à 65 ans pour vivre selon le standard moyen du Belge est de 500.000 à 800.000 euros, estime Corentin Minne, planificateur financier chez Pareto. En tablant sur un rendement normal, on pourra ainsi prélever une rente mensuelle comprise entre 2.000 et 3.000 euros jusque vers 80-85 ans. Évidemment, une personne qui a une pension plantureuse pourrait se contenter d'avoir 100.000 ou 200.000 euros de côté. En revanche, le retraité qui a une pension très faible devrait s'être constitué au minimum un capital de pension d'environ 500.000 euros (via un investissement immobilier, une épargne-pension, un deuxième pilier)." 

Comment gérer votre magot?

Une fois qu'ils ont touché leur magot, beaucoup de pensionnés ont le réflexe de tout laisser sur un compte d'épargne "au cas où". "Pourtant, qui a eu une telle somme disponible en une fois dans sa vie?", s'interroge Corentin Minne.  Son message à leur adresse est dès lors le suivant: "si le comportement des produits de placement est difficilement prévisible, vous pouvez par contre prédire avec une relative certitude la somme dont vous aurez besoin dans les 5,10 et 20 prochaines années!".

Pour commencer, il est donc utile de dresser l’inventaire de son patrimoine mobilier et immobilier, avant de définir ses objectifs (en terme de rendement, de préservation du capital et de matelas de sécurité) puis de lister ses projets et besoins à court et moyen termes : achat immobilier, d’une voiture, donation aux enfants, etc. Certains voudront pouvoir vivre de leur capital jusqu’à la fin de leur vie, tandis que d’autres souhaiteront transmettre une partie à leurs héritiers. La planification doit être pensée en conséquence.

Simulation

Vous voilà à la tête d'un capital de 500.000 euros. Admettons que dans les 10 prochaines années vous aurez besoin de 200.000 euros. Laissez 100.000 euros sur un compte à vue, placez-en 100.000 à 4 ou 5 ans et le solde, dont vous n'aurez absolument pas besoin, pourquoi ne pas l'investir dans l'immobilier ou faire des placements au nom de vos enfants? " Cela peut être le moment de privilégier davantage les considérations fiscales", suggère Corentin Minne.

"En période de crise et de baisse des actifs financier - comme c’est le cas en ce printemps 2020 – il peut toutefois être pertinent d’augmenter un peu le risque en diminuant la poche cash à disposition", poursuit-il. De nombreux actifs (actions ou obligations) retrouvent en effet des valorisations historiques basses, ce qui laisse supposer des rendements futurs très attractifs."

Quelle que soit la période, les préceptes de base restent identiques: ne misez pas tout sur le même cheval, diversifiez vos investissements.

Vous souhaitez disposer d'une rente viagère?

Si vous disposez d'un capital que vous souhaitez transformer en rente viagère, dans le contexte (actuel!) de taux très bas, il peut être intéressant d'opter pour un produit du type DB Lifelong Income (minimum 50.000 euros) "qui vous garantit un revenu supplémentaire à vi sans abandon de capital, même si le capital peut de facto être entièrement consommé à terme", précise Wim D'Haese, Head of Investment Advice à la Deutsche Bank. Le montant net investi (après déduction de la taxe de 2% sur les primes) et l'âge au moment de la souscription déterminent la rente dont vous bénéficierez. Cette rente initiale n’est pas taxée et peut même augmenter chaque année. Si vous investissez par exemple 50.000 euros à 65 ans, vous obtiendrez une rente mensuelle viagère de 112,34 euros, selon l’estimation réalisée par la Deutsche Bank.

Résumé
  • Vous venez de toucher votre pension complémentaire ? Il est impératif de faire fructifier ce capital (donc de l’investir) pour garantir votre train de vie jusqu’au décès. Certains en consacreront déjà une partie à leur planification successorale (donations).
  • Pour obtenir une rente mensuelle de 2.000 à 3.000 euros jusque vers 85 ans, les spécialistes estiment qu’en moyenne, il faut disposer à la pension de 500.000 à 800.000 euros. Si vous avez une pension légale confortable, vous pourrez vous contenter de moins. Si elle est chiche, il faudra en revanche prévoir davantage.
  • Dressez l’inventaire de votre patrimoine mobilier et immobilier, définissez vos objectifs (rendement, préservation du capital, matelas de sécurité) listez vos besoins à court moyen et long termes.
  • Vous pourrez ainsi définir combien investir, dans quoi et à quel horizon, et transmettre éventuellement une partie à vos héritiers.
  • Il est également possible de transformer le capital de votre pension complémentaire en rente viagère.

 

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