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La prépension, nouvelle forme de chômage ?

Le nombre de prépensionnés explose. Pourquoi ? Et quelles sont les pistes qui sont sur la table (ou qui devraient l’être) pour vous inciter à travailler plus longtemps ?
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(mon argent) - Le choc. Le nombre de prépensionnés connaît une ascension fulgurante. Les chiffres ont été révélés ce matin par L’Echo: 117.000 prépensionnés ont été recensés par l’ONEM en février. "Les vieux réflexes ont la vie dure", lance Michel Jadot, président de la Conférence Nationale des Pensions qui s’est ouverte à la fin 2008, et qui débouchera sur des propositions de mesures concrètes à la fin 2009 pour remédier à la problématique globale du financement des pensions. Monsieur "pensions", comme on l’appelle, ne lâche pas ses mots : "les mesures qui ont été prises en vue de diminuer les prépensions et inciter à travailler plus longtemps ne fonctionnent pas vraiment". Dans le viseur: la loi Renault, datant de 1998, qui autorise la mise à la prépension à un âge précoce, à des conditions intéressantes. Cette loi continue d’exister alors qu’elle est un frein indéniable à la poursuite de l’activité professionnelle. "Le système est ainsi fait que l’indemnité globale, composée d’une allocation de chômage et d’un complément payé par l’entreprise, avoisine les 75 à 80% du salaire. L’incitant à se replonger sur le marché du travail est plutôt faible…", poursuit l’expert. De fait, les taux de reprise et les reclassements, même s’ils ont tendance à progresser, restent très faibles dans l’absolu. Ce qui fait dire à certains que la prépension est une forme déguisée de chômage. "Cet attrait pour ce système de prépension est d’autant plus renforcé qu’on se trouve dans un contexte de crise", poursuit Michel Jadot.

Revoir le Pacte des générations?

Quelles pistes?

  1. Il faut essentiellement améliorer le taux d’activité auprès des deux groupes-cibles où le taux d’activité est le plus faible. "En ligne de mire: les femmes et les seniors de plus de 55 ans, où à peine un travailleur sur quatre est encore en activité!", lance Michel Jadot. Lequel assure que c’est essentiellement par leur truchement que la viabilité du système des pensions pourra être assurée.

  2. "Renforcer l’intérêt des bonus pension", estime Michel Jadot. "D’abord, la mesure, récente, n’est pas connue de tous. Une campagne d’information sur le sujet ne serait pas du luxe. La proposition de la mettre sur pied sera bientôt lancée. Ensuite, renforcer l’intérêt des bonus passe aussi par une amélioration des incitants", glisse l’expert. La mesure aurait un coût, certes, mais elle serait rentable à plus long terme, via le relèvement du taux d’activité.

  3. Vous avez d’autres pistes à proposer ? Communiquez-les nous ! redaction@monargent.be

Il faut essentiellement améliorer le taux d’activité auprès des deux groupes-cibles où le taux d’activité est le plus faible. "En ligne de mire: les femmes et les seniors de plus de 55 ans, où à peine un travailleur sur quatre est encore en activité!", lance Michel Jadot. Lequel assure que c’est essentiellement par leur truchement que la viabilité du système des pensions pourra être assurée.

"Renforcer l’intérêt des bonus pension", estime Michel Jadot. "D’abord, la mesure, récente, n’est pas connue de tous. Une campagne d’information sur le sujet ne serait pas du luxe. La proposition de la mettre sur pied sera bientôt lancée. Ensuite, renforcer l’intérêt des bonus passe aussi par une amélioration des incitants", glisse l’expert. La mesure aurait un coût, certes, mais elle serait rentable à plus long terme, via le relèvement du taux d’activité.

Le bonus-pension, c’est quoi?

Depuis peu, les travailleurs sont incités à travailler plus longtemps. Instauré par le Pacte de solidarité entre les générations, le bonus pension a produit ses premiers effets en janvier 2007. Dans le privé, les personnes qui travaillent au-delà de 60 ans sont ainsi récompensées. De combien? D’un peu plus de 50 euros par mois. "Pour les salariés comme pour les indépendants, le bonus-pension existe aussi pour les personnes qui continuent à travailler après 62 ans ou après une carrière de 44 ans", explique l’expert. Le système a même été amélioré début 2009, suite à une suggestion des médiateurs pour les pensions.

A quelle pension aurez-vous droit?

Un travailleur sur trois a une carrière mixte en Belgique. Mêler les statuts de salarié, d’indépendant et de fonctionnaire est devenu courant. La mobilité va croissant, il est vrai: le Belge change entre 4 et 5 fois d’emploi au cours d’une carrière. Il y a encore trente ans, la plupart des travailleurs effectuaient leur carrière dans la même entreprise, ou dans le même service administratif. Ce temps–là est révolu. Jusqu’à présent, ces travailleurs "hybrides" qui souhaitaient s'informer sur le calcul de leur future pension, devaient s’adresser à des bureaux d’information différents. Cela les obligeait, en cas de carrière mixte, à frapper à la porte de bureaux parfois éloignés, et à entreprendre des démarches multiples. Ça va changer ! Obtenir de l’information sur cette (future) pension est (sera) de plus en plus simple. Les responsables des trois régimes de pension ont décidé d’unir leurs informations et de les coordonner, pour se mettre à la disposition des futurs pensionnés sous un même toit: le "Pointpension". On peut y estimer le montant de la future pension, les règles de cumul, les effets de l’interruption de carrière, l’importance de l'activité autorisée. Un premier "Pointpension" a été inauguré à Charleroi mais début avril, d’autres "Pointpensions" ouvriront leurs portes à Mons, Namur, Liège, Arlon, Eupen, Anvers, Brugge, Gand, Hasselt, Courtrai, Ostende et Turnhout.

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