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Le Belge est sensibilisé à la pension, mais trop peu proactif

©ANP XTRA

Les Belges sont sensibilisés à la problématique des pensions et ils ont assimilé certains points de la réforme en cours, mais ils sont encore peu proactifs quand il s’agit de passer à l’action pour préparer leur retraite. En cause, un manque persistant d'information.

Principal constat à la lecture des résultats du 3e Observatoire "les Belges et leur pension" de CBC Banque & Assurance (*): malgré les nombreux outils à leur disposition, sur mypension notamment, qui s’est encore enrichie hier d’une nouvelle fonctionnalité (NDLR,relative à la Pension libre complémentaire des salariés: PLCS), les Belges ne sont pas encore suffisamment (bien) informés, se font de fausses idées et ne prennent donc pas la mesure des enjeux.

 

Quelques chiffres symboliques 

8 Belges sur 10 s’estiment insuffisamment informés pour comprendre le mécanisme des pensions. 73% ignorent ainsi que le système comprend 3 piliers (pension légale, pension complémentaire, épargne-pension individuelle). Mais surtout, la principale donnée manquante pour 40% des répondants est élémentaire: le montant de leur pension légale! Un tiers des sondés pensent que la pension légale a diminué ces 10 dernières années, et 50% croient qu’elle va diminuer, voire disparaître dans la prochaine décennie. Or, n'est absolument pas le cas.

40%
Pourcentage
Le pourcentage de personnes interrogées qui disent manquer d'informations sur le montant de leur pension légale.

Les remous et débats suscités par la réforme des pensions initiée par le gouvernement sortant ont laissé des traces dans les esprits. Globalement, 79% ont "entendu parler" de la pension à 67 ans et 66% de la pénibilité de certaines professions. La suppression des possibilités de prépension et la possibilité de travailler au-delà de l’âge légal sont également des messages qui sont bien passés (43%). Le quart des sondé a retenu la possibilité de cumuler pension et activité professionnelle illimitée.

61% pensent que le Belge prend sa pension après 60 ans. Si c’est effectivement le cas dans le secteur privé (62 ans en moyenne), sur l’ensemble des travailleurs, on n’y est pas encore.

6 Belges sur dix sous-estiment en outre nettement l’espérance de vie après la pension (entre 10 et 15 ans). Cela les empêche évidemment de prendre la mesure des ressources financières qui leurs seront nécessaires pour compléter leur pension légale afin de s’assurer un niveau de vie à la hauteur de leurs espérances.

Or, la perspective de travailler jusqu’à 67 ans (âge légal de la retraite en 2030) inquiète: 50% jugent que c’est "trop tard". Pour 30% des répondants, plus qu’une question d’âge, ce sont la durée de la carrière et la pénibilité qui comptent.

"Les autorités doivent privilégier la simplification du système des pensions ainsi que la limitation des choix individuels."
Alexia Autenne
Professeure à l'UCL et chercheuse au FNRS

Préparation insuffisante

Manque d’information, mauvaises perception de la réalité et des enjeux. Résultat, la moitié des Belges avoue ne pas se préparer suffisamment à la pension, même si 60% estiment, à raison, qu’il faut commencer à épargner avant 35 ans. Mais 64% se disent freinés par un manque de moyens.

Simplifier le système, limiter les choix

Invitée à commenter ces résultat, la spécialiste des pensions Alexia Autenne, Professeure à l’UCL et chercheuse au FNRS, souligne, face à un tel constat, "la nécessité pour les autorités de privilégier la simplification du système ainsi que la limitation des choix individuels. Il faut offrir des formules ‘clé sur porte’ qui soient compréhensibles par tous, privilégier les produits financièrement les plus sûrs et stimuler l’innovation sur ce marché spécifique."

(*) Enquête en ligne réalisée au printemps 2019 par Ipsos auprès d'un échantillon représentatif (1.059 personnes) de la population belge de 18 à 65 ans.

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