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Les assureurs veulent encore abaisser les taux des assurances groupe

Les assureurs tirent la sonnette d'alarme vu la baisse des taux. Bacquelaine prêt à rediscuter du taux minimum pour les assurances groupe. L'Association des Institutions de Pension réclame de la stabilité pour le deuxième pilier et renvoie les assureurs devant leurs responsabilités.
©Photo News

Le taux légal garanti sur les assurances groupe doit être revu à la baisse, faute de quoi le financement des pensions complémentaires sera menacé, a déclaré le nouveau président d'Assuralia, Hans De Cuyper.

Ce système de taux garanti avait déjà été modifié l'an passé, passant d'un taux garanti de 3,25% pour les cotisations patronales et de 3,75% pour celles des travailleurs à un taux variable lié aux taux des obligations belges à 10 ans, avec un minimum de 1,75%.

Ce minimum reste toutefois intenable pour les assureurs dans le climat actuel, le taux des obligations à 10 ans ne tournant qu'autour des 0,3%, a averti le responsable de la fédération sectorielle.

Cette situation inquiète les employeurs qui sont légalement tenus de combler la différence si les assureurs apportent moins que le taux minimum garanti, a-t-il encore expliqué.

Le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine n'exclut pas de nouvelles mesures. Rappellant le nouveau cadre entré en vigueur en janvier dernier mais vu l'évolution des taux depuis lors, il dit vouloir "reprendre contact avec les différents acteurs pour évaluer la situation et, le cas échéant, pour prendre de nouvelles mesures".

"Vu l'évolution depuis lors, je reprendrai contact avec les différents acteurs pour évaluer la situation et, le cas échéant, pour prendre de nouvelles mesures".
Daniel Bacquelaine
Ministre des Pensions

"Il faut éviter de changer les règles tout le temps"


Il faut éviter de changer constamment les règles et de toucher au rendement garanti du deuxième pilier, pour créer de la confiance, recommande le président de l'Association belge des Institutions de Pension (ABIP), Philippe Neyt.

La pension complémentaire est d'autant plus importante que la pension légale se trouve de plus en plus sous pression, souligne-t-il.

Le rendement garanti de la pension d'entreprise a déjà fortement baissé il y a à peine un an, à 1,75%, souligne M. Neyt, qui ne comprendrait pas une nouvelle diminution.

"Il s'agit d'investissements avec un terme de 35 à 40 ans, la pension intervenant de plus en plus tard. En outre, il n'est pas possible d'obtenir l'argent de manière anticipée." Ces éléments jouent selon Philippe Neyt en faveur des fonds de pension et assureurs, à condition de prévoir un matelas de sécurité pour les temps plus difficiles.

Le président de l'ABIP ajoute que le deuxième pilier est une forme de salaire différé qui s'avère très intéressante fiscalement. "Ce salaire est figé pour des dizaines d'années, le travailleur est donc en droit d'attendre une compensation. Le minimum est qu'il permette de maintenir le pouvoir d'achat", et donc de compenser l'inflation, estime-t-il.

Les rendements à long terme des fonds de pension du passé, qui atteignaient 6%, ne sont pas une garantie pour l'avenir, mais les conditions actuelles du marché ne constituent pas une référence pour les 40 prochaines années non plus, conclut M. Neyt.

Contacté par nos soins, le ministre des Pensions confirme qu'il reprendra bien contact avec les différents acteurs et prendra le cas échéant de nouvelles mesures mais il ne croit pas "qu’il soit opportun, aujourd’hui, de s’exprimer sur un timing ou sur le contenu des éventuelles mesures".

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