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Pas d'accord sur le rachat des années d'études pour la pension

Le ministre Bacquelaine veut uniformiser le rachat des années d'études pour le calcul du montant de la pension. Il vous faudra débourser 1.500 euros par année passée à étudier.
©BELGA

Le saviez-vous? Il est possible de "racheter" vos années d'études afin d'augmenter le montant de votre pension. Pour le moment, trois systèmes coexistent:

- Les salariés peuvent racheter leurs années d'étude pour 1.500 euros/année pendant les 10 premières années de leur vie professionnelle.
- Les indépendants peuvent réaliser ce rachat tout au long de leur carrière.
- Les fonctionnaires, eux, bénéficient du système sans débourser un euro.

Ce système -très peu connu- permet de gonfler le montant de sa pension de plusieurs pourcentages. 

Une harmonisation qui ne fait pas encore l'unanimité

La commission de réforme des pensions avait proposé la suppression du système de la bonification pour diplôme, mais le ministre fédéral des pensions Daniel Bacquelaine a préféré opté pour une harmonisation des régimes, dont il espère qu'elle pourra entrer en vigueur dès le mois de janvier.

Selon cette réforme, il n'existerait plus qu'un seul système: "Pendant les 10 premières années qui suivent la fin des études, ce sera une cotisation forfaitaire: 1.500 euros par année rachetée, qu'on soit salarié, fonctionnaire ou indépendant", explique le ministre. Dans les années qui suivent, le montant du rachat dépendra de l'âge et de l'espérance de vie des travailleurs.

Annoncé dans les journaux de Sudpresse, il était prévu que le ministre des Pensions présente ce jeudi son projet de réforme au Conseil des ministres. Mais faute d'accord au sein du gouvernement pour le moment, le sujet a finalement été retiré de l'ordre du jour, a expliqué le porte-parole de Daniel Bacquelaine.

Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles a en tout cas déjà fait savoir tout le mal qu'il pensait du projet: "La réforme des pensions initiée par le Ministre Bacquelaine fait craindre le pire pour les fonctionnaires dont les 120.000 enseignants de la Fédération Wallonie-Bruxelles", a-t-il dénoncé dans un communiqué.

"A nouveau, une mesure du Gouvernement fédéral aura pour conséquence de rendre moins attractive la fonction publique. Les travailleurs, qui n'ont pas accès aux avantages extra-légaux que peut offrir le secteur privé, devront désormais payer pour conserver un niveau de pension égal!" a-t-il continué.

Les fonctionnaires seront perdants

Car il est vrai que les grands perdants de cette réforme seront sans doute... les fonctionnaires. Aujourd'hui, ils bénéficient de ce système gratuitement. Demain, ils devront payer -comme tout le monde.

Daniel Bacquelaine prévoit toutefois quelques atténuations:

- La gratuité continuera de compter pour les années déjà prestées: par exemple un fonctionnaire qui a déjà travaillé 2/3 de sa carrière, recevra gratuitement 2/3 de ses études.
- Une phase transitoire sera mise en place: jusque fin 2019, les fonctionnaires pourront racheter leurs années d'étude pour 1.500 euros quel que soit leur âge.
- Le spectre s'élargit: toutes les années d'étude seront désormais "rachetables" (actuellement, seules les années utiles dans leur carrière le sont).

"La réforme des pensions initiée par le Ministre Bacquelaine fait craindre le pire pour les fonctionnaires dont les 120.000 enseignants de la Fédération Wallonie-Bruxelles", s'insurge Rudy Demotte dans un communiqué.

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