mon argent

"Pensionné de la Marine, je voulais relever un défi: créer moi-même une activité rentable"

©Debby Termonia

Thierry Paris, jeune retraité de l’armée, voulait se frotter à un autre type de challenge. Son expérience professionnelle et son attrait pour les drones lui ont donné des ailes. Témoignage.

J’ai commencé ma carrière à l’âge de 19 ans dans la Marine (Défense) et je suis retraité depuis mes 56 ans, l’âge habituel pour la majorité des militaires. Sauf que nous avons alors le statut de "prépensionné". Nous n’accédons à la "véritable" retraite qu’à l’âge de 65 ans. Pour exercer un métier dans l’intervalle, nous sommes soumis à certaines conditions. Le montant que l’on peut gagner est par ailleurs plafonné.

La pension que je touche est tout à fait correcte. Je n’avais donc pas du tout besoin de travailler! Si je l’ai fait, c’est parce que j’avais envie de continuer à me rendre utile, mais surtout de relever un défi: montrer que j’étais capable de créer une activité qui dégage du profit. Quand on est au service de l’État, on n’est en effet pas confronté à ce type de challenges (rires). J’avais reçu des propositions pour travailler aux Affaires étrangères et des choses comme cela, mais j’avais besoin de sortir des structures très hiérarchisées…

Mon projet personnel a mûri progressivement. Durant les dernières années de ma carrière, j’avais commencé à m’intéresser sérieusement aux drones. Dans ma dernière fonction, j’étais responsable de la mise en œuvre des moyens militaires au service de la Nation (transports d’organes par hélico, sauvetage en mer). Je me suis dit que certaines opérations pouvaient parfaitement être faites avec des drones, à un coût bien plus limité. Lors de discussions avec les capitaines de ports, on se demandait quand la législation sur les drones serait promulguée pour qu’on puisse faire voler ce type d’engins depuis les ports. Enfin, toujours dans le cadre de mon travail, j’étais chargé de la mise en œuvre d’un système sous-marin autonome REMUS 100, qui permet de cartographier les fonds et de détecter des mines. Tout cela m’a fait réfléchir et s’est finalement emboîté.

"Comme il me manquait l’expérience commerciale indispensable pour créer une entreprise viable, j’ai intégré le programme Go4Business dans le cadre de l’UNIZO, grâce auquel on est suivi par un coach."

J’ai mis 6 ou 7 mois à déterminer la nature exacte de l’activité liée aux drones que je pourrais lancer. J’ai commencé par passer l’examen de pilote et lorsque j’ai décroché mon brevet, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas vraiment de débouchés. Je me suis alors rappelé de mon passé à la Marine. Avant qu’un bateau parte en opération, on procède à une certification. J’ai alors eu l’idée de transposer ce concept à l’industrie des drones en proposant un label de qualité aux opérateurs de drones professionnels et de la consultance aux industriels. Un drone peut peser jusqu’à 150 kg, ce qui est potentiellement assez dangereux. Si on veut faire des missions ambitieuses de type transport d’organes, il faut absolument offrir des garanties.

Comme il me manquait l’expérience commerciale indispensable pour créer une entreprise viable, avant de me lancer, j’ai intégré le programme Go4Business dans le cadre de l’UNIZO, grâce auquel on est suivi par un coach.

Aujourd’hui, je travaille en moyenne deux heures par jour. Je compte travailler jusqu’à 70 ans si ma santé, qui est aujourd’hui parfaite, me le permet évidemment.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect