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Supprimer l'avantage fiscal sur l'épargne-pension? "Pas question!"

La proposition de la FGTB a provoqué une levée de boucliers. Personne ne semble prêt à soutenir une telle mesure, même si le PS se dit pour une pension légale plus élevée qu’aujourd’hui.
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Voilà une proposition qui a surpris tout le monde et, c’est le moins qu’on puisse dire, qui n’est soutenue par personne… Dans une interview au Standaard, le président de la FGTB, Rudy De Leeuw, plaide pour la suppression de l’avantage fiscal lié à l’épargne-pension, cette épargne à long terme encouragée par l’État depuis des années pour pallier le sous-financement de notre système de pension légale (troisième pilier).

Pour le syndicat socialiste, l’État pourrait de la sorte récupérer 700 millions d’euros par an afin… d’augmenter le montant de la pension légale et le porter à 75% du dernier salaire (contre 60% environ aujourd’hui).

Et comme les recettes supplémentaires tirées de l’épargne-pension ne suffiraient pas, il faudrait aussi augmenter les cotisations sociales, selon le président de la FGTB, pour qui le débat ne doit pas porter sur l’âge de la pension mais bien sur la manière d’augmenter le montant de la pension légale.

Une pension basse, vraiment?

Autant dire que les réactions ne se sont pas fait attendre. De la part de la FEB, on s’en doute, mais aussi de l’ensemble des partis politiques.

La fédération des entreprises qualifie la proposition "d’incompréhensible" alors que les pensions légales représenteront une charge supplémentaire très élevée en Belgique d’ici 2060: +5,6% du PIB alors que la moyenne est de +1,5% du PIB pour les 27 autres États de l’UE.

La FEB en profite pour tordre le cou à une idée reçue qui voudrait que les pensions en Belgique sont particulièrement basses: "Notre pension minimum a subi, en plus de l’indexation automatique, de nombreuses augmentations pour effectuer un rattrapage par rapport au bien-être général. En 2014, nous sommes le pays à offrir la pension minimum la plus élevée après le Luxembourg: le montant est de 13.480 euros par an au taux isolé, alors qu’en France, il n’est que de 7.548 euros", rappelle l’organisation patronale.

700 millions €
La suppression de l’avantage fiscal sur l’épargne-pension permettrait d’engranger 700 millions d’euros de recettes supplémentaires, selon la FGTB.

Pour le syndicat libéral CGSLB en revanche, il faut maintenir les trois piliers, même si le niveau actuel des pensions fait planer un risque de basculement dans la pauvreté. "Le montant des pensions légales en Belgique place notre pays en queue de peloton en Europe. Beaucoup de pensionnés sont proches du seuil de pauvreté et plus d’un sur cinq se situe même en dessous. Le syndicat libéral veut une augmentation des pensions légales, mais pas aux frais des personnes qui travaillent. L’épargne-pension doit continuer à être encouragée par des mesures fiscales", a-t-il réagi.

Le syndicat neutre pour indépendants (SNI) et l’Union des indépendants flamands Unizo se sont également prononcés contre la proposition de la FGTB.

"Hors de question"

Le parti socialiste, de son côté, se définit comme "un défenseur acharné de la pension publique (premier pilier), la seule qui assure la solidarité". "La priorité pour le PS, c’est de continuer à augmenter le montant de la pension publique, et plus particulièrement les pensions minimum et les pensions les plus basses", insiste Paul Magnette, président du PS. Mais pas question de supprimer le coup de pouce fiscal à l’épargne-pension pour autant: "On peut comprendre que certaines personnes essaient d’épargner en vue de leur pension. Pour le PS, il n’est pas question de les pénaliser: il faut maintenir cet avantage fiscal", conclut-il.

Même écho chez socialistes flamands. Pour le président du sp.a, Bruno Tobback, il n’est "pas question" de le supprimer. "Nous voulons renforcer le premier pilier des pensions en maintenant les gens au travail assez longtemps, ce qui constitue une économie et des revenus complémentaires en même temps", a-t-il déclaré.

Le ministre des Pensions, Alexander De Croo (Open Vld), s’est également prononcé contre cette "mauvaise proposition". À ses yeux, "il ne faut pas supprimer quelque chose qui fonctionne bien (…) Grâce à l’avantage fiscal, quelque 2,7 millions de personnes ont recours à l’épargne-pension. Celui qui épargne toute sa vie via le troisième pilier peut relever d’environ 5% le taux de remplacement. Si on supprime cet avantage fiscal, plus personne n’utilisera l’épargne-pension. Les dégâts qui seraient faits seraient plus grands que les bénéfices", estime De Croo.

À noter que la semaine prochaine, la Cour de justice européenne se prononcera, comme elle l’a déjà fait sur l’avantage fiscal octroyé sur les carnets d’épargne, mais cette fois sur l’épargne-pension. La Commission européenne estime en effet qu’il y a discrimination car seules les banques établies en Belgique peuvent offrir cet avantage.

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