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Assurer ses funérailles c'est (aussi) épargner ses proches

L’assurance obsèques gagne du terrain en Belgique. Parce qu’elle est simple et rassurante. Elle facilite la vie des proches et leur évite d’être doublement accablés, par le chagrin et par une grosse dépense financière (parfois imprévue). Pour l’assuré, c’est aussi l’occasion de faire en sorte que la cérémonie corresponde à ses dernières volontés.
©BELGA

"L’assurance obsèques est la seule l’on n’aura jamais payée en vain!" Pour Marysia Kluppels, porte-parole du spécialiste des obsèques DELA, l’argument est évidemment imparable. Moyennant une prime unique ou régulière (mensuelle, trimestrielle, annuelle), l’assuré se constitue un capital qui payera ses funérailles, évitant ainsi cette dépense à ses proches.

Des obsèques coûtent en moyenne de 500 à 1.000 euros en plus en Flandre qu’en Wallonie.

Le prix varie en outre sensiblement selon les services désirés. Il faut en moyenne compter entre 3.000 et 6.000 euros (chiffre 2013).

Voici quelques exemples de prix indicatifs glanés auprès de la Fédération des entrepreneurs de pompes funèbres et des assureurs.

  • Service de base: (mise en bière et toilette du défunt, formalités, porteurs et corbillard, transfert du corps, etc.): 1.100€ en moyenne (variables selon les infrastructures)
  • Cercueil: 600 à 1.500€ pour une crémation;1.000 à 3.500€ pour une inhumation
  • Inhumation: 950€
  • Incinération avec dispersion: 1.700€
  • Incinération avec urne: 2.500€
  • Service à l’église ou au funérarium: 300 à 450€
  • Café à table: 500€ jusqu’à 50 personnes
  • 100 faire-part: 100€
  • 100 photos souvenir: 300€
  • Avis nécrologique: 500€ par journal
  • Fleurs: en fonction du bouquet…
  • Dalle simple: 2.000€

Si DELA a longtemps été le principal acteur dans ce créneau, et a encore pris de l’ampleur depuis l’absorption des contrats "Lilas" d’Axa, d’autres ont désormais investi ce marché. Les banques et les assureurs y voient en général une "niche" rentable. Ce n’est pas le numéro 2 du contrat obsèques, Corona Direct, qui le démentira avec ses 10% de progression par an: "C’est un produit de plus en plus demandé, confirme Philippe Neyt, directeur. La crise explique l’intérêt accru pour une assurance qui doit garantir des funérailles correctes."

Le produit séduirait aujourd’hui "environ 15% des Belges selon nos enquêtes, poursuit Marysia Kluppels. Mais aux Pays-Bas ou en France, les souscripteurs sont beaucoup plus nombreux." Il reste donc de la marge, ce qui explique l’apparition de ces assurances aux guichets grand public. Il peut s’agir, comme chez Belfius, d’un produit conçu par (sa filiale) Corona. Et de nouveaux produits apparaissent aussi, comme Funalia, lancé par Agallis (filiale d’AGInsurance), à la demande de la Fédération des entrepreneurs de pompes funèbres.

Rien d’autre qu’une bonne vieille branche 21

"C’est une assurance-vie de la branche 21, c’est-à-dire d’un placement à revenu garanti", explique Philippe Neyt.

La prime est fonction de 3 facteurs:

L’âge à la souscription: plus jeune on démarre, plus avantageuse est la prime. Mais ce produit séduit surtout à partir de 40 ou 45 ans;

Le capital que l’on désire se constituer. Il oscille, selon les compagnies, entre 3.500 et 4.500 euros, mais il peut atteindre 10.000 à 13.000 euros. Il est possible de prévoir un capital indexé (avec une prime plus élevée). Car le capital obsèques est constitué à 65 ans. Or, en principe l’assuré vivra quinze à vingt années de plus. Entre-temps, le prix des funérailles aura augmenté…

La durée des versements. En moyenne elle est de 10 ou 15 ans, voire plus. Maximum 30 ans chez Funalia par exemple. Chez DELA, c’est l’assuré qui décide jusqu’à quel âge il cotisera (80 ans maximum). Mais rares sont les souscripteurs qui souhaitent aller au-delà de 65 ans.

Autres caractéristiques:

Comme dans le cadre de n’importe quelle assurance-vie, chaque versement est frappé d’une taxe de 2%.

En cas de besoin financier urgent, il est possible de récupérer l’argent investi, mais en payant une indemnité de rachat très pénalisante. À éviter donc.

Enfin, en cas d’impossibilité de poursuivre les versements prévus, on peut laisser le contrat tel quel. L’assurance reste active, mais le capital final sera recalculé sur la base des versements réellement effectués. On parle alors d’une réduction de contrat.

Pourquoi pas une épargne classique?

1. Vous payez une prime mensuelle ou annuelle

Vous souhaitez un capital de 5.000 euros

- Vous cotisez pendant 10 ans:

  • À 40 ans: Prime mensuelle: 29,30 euros / Prime annuelle: 338,12 euros (Chez Funalia)
  • A 50 ans: Prime mensuelle: 34,92 euros / Prime annuelle: 402,97 euros
Vous souhaitez un capital de 6.000 euros

- Vous cotisez pendant 15 ans:

  • À 40 ans: Prime mensuelle: 23,54 euros / Prime annuelle: 276,94 euros (Chez Funalia)
  • À 50 ans: Prime mensuelle: 29,33 euros / Prime annuelle: 345,06 euros
Vous souhaitez un capital de 7.500 euros

- Vous cotisez pendant 15 ans:

  • À 40 ans: Prime mensuelle: 35,08 euros / Prime annuelle: 404,77 euros (Chez Corona Direct)
  • A 50 ans: Prime mensuelle: 41,54 euros / Prime annuelle: 479,35 euros

2. Vous payez une prime unique

Vous souhaitez un capital de 5.000 euros
  • Vous avez 45 ans: Prime unique: 2.831 euros
Vous souhaitez un capital de 7.500 euros
  • Vous avez 65 ans: Prime unique: 6.033 euros (Chez Dela)

Une assurance obsèques n’est en fait qu’une forme d’épargne à but de capitalisation. Une épargne régulière pourrait donc permettre d’arriver au même résultat. Sauf qu’une épargne classique risque d’être utilisée à d’autres fins, par exemple pour faire face à un coup dur ou à des dépenses imprévues. L’assurance obsèques offre par contre la certitude du versement du capital total, même en cas de décès anticipé.

Qui souscrit? "Une première catégorie, constate Philippe Neyt, est constituée de personnes dont la situation financière est assez fragile. Or ce n’est pas parce que leurs revenus ou leur patrimoine sont peu importants qu’ils ne souhaitent pas des funérailles dignes et ne pesant pas sur leurs proches." D’autres "cherchent à faciliter la vie des proches, insiste Marysia Kluppels. Les meilleurs contrats proposent d’ailleurs des services complémentaires, qui peuvent être fort appréciés."

Que prévoit un "bon" contrat?

Les polices les plus généreuses, avec surprimes éventuelles, prévoient, outre le versement du capital constitué, une série d’avantages, parmi lesquels figurent en général (une partie de) ceux-ci:

  • liberté de choix de l’entreprise de pompes funèbres (ce qui n’empêche pas d’accepter la proposition éventuelle de l’assureur),
  • prise en charge de toutes les funérailles,
  • rapatriement du corps et prise en charge des frais d’accompagnement,
  • crémation à l’étranger et rapatriement des proches,
  • frais de funérailles des moins de 18 ans,
  • assistance dans les démarches administratives,
  • assistance psychologique (interventions dans consultations),
  • clause de prévoyance: si l’assurance est souscrite à deux, à la mort du conjoint, le survivant ne paie plus de prime mensuelle, tout en restant assuré…

Dernières volontés

Nombreux sont ceux qui croient, à tort, que lorsque l’on souscrit une assurance obsèques, il faut déjà avoir réglé toute l’organisation de ses funérailles. "Rien n’est moins vrai, insiste Marysia Kluppels (DELA). La plupart de nos souscripteurs ont simplement déterminé le montant du capital à constituer. Le seul choix qui est souvent déjà assez clair à ce moment est celui de la crémation ou de l’inhumation."

Les dernières volontés, peuvent être rédigées n’importe quand. Il ne s’agit pas d’un testament, mais d’un document qui reprend les souhaits pour la cérémonie des funérailles (fleurs, lectures, musique, etc.). Certains assureurs proposent des formulaires à remplir. Des exemples sont aussi disponibles sur des sites de pompes funèbres.

À qui confier ce document? À un proche ou, mieux, à l’administration communale, qui tient un registre. En cas de décès, l’entrepreneur de pompes funèbres est en effet obligé de passer d’abord par la commune. Si ce document est déposé dans un coffre ou chez le notaire, il risque d’être découvert trop tard….

  • Y a-t-il une limite d'âge?

En général, 70 ou 75 ans. Mais rien n'empêche une personne plus âgée de souscrire en versant une prime unique. Jusque 99 ans chez Funalia...

  • Y a-t-il des restrictions liées à la santé?

En principe, une simple déclaration sur l'honneur suffit. Pas d'examen médical. Mais, en fonction de l'âge ou de maladies existantes, une période de stage (c'est-à-dire d'attente) peut être imposée.

  • Quid si je décède avant d'avoir payé toutes les primes?

Si le décès survient dans la première ou la deuxième année de souscription, certaines compagnies (Corona, Funalia...) peuvent limiter le versement du capital. Au-delà, l'assureur honore d'office le contrat et verse le montant convenu. Intégralité également, et sans délai, en cas de décès accidentel.

  • Comment cela se passe-t-il concrètement?

Au décès, l'assureur paie en général le capital soit à la personne désignée par le bénéficiaire, soit aux pompes funèbres. À charge pour ces dernières de présenter le décompte final.

  • Quid si le capital de l'assurance obsèques n'a pas été intégralement dépensé pour les funérailles?

L'assureur rembourse alors le solde aux bénéficiaires désignés qui sont presque toujours des héritiers réservataires. Le solde revient dans la succession et sera donc taxé.

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