Préparez aussi votre héritage numérique

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Avec le développement fulgurant de la digitalisation, des pans entiers de notre vie sont consignés dans un espace virtuel. Avez-vous songé à ce qu’il adviendra de ce patrimoine à votre décès? Un héritage compliqué à gérer.

Qu’adviendra-t-il de votre héritage digital? S’il y a quelques années encore, ceux qui étaient en âge de songer à leur succession ne se posaient même pas cette question, aujourd’hui, avec le développement fulgurant des technologies, des pans entiers de notre vie sont inévitablement consignés dans un espace virtuel. Et cela doit être pris en compte.

Tous concernés

Même si vous n’avez rien d’un geek, vous possédez probablement au minimum un smartphone ou une tablette, un compte sur les réseaux sociaux, des comptes en ligne pour la gestion de vos finances personnelles (factures, abonnements, assurances, etc.), une bibliothèque musicale, des photos et vidéos familiales stockées sur disque dur ou dans votre PC, où elles côtoient des documents administratifs et personnels.

Online
coffre-fort à mots de passe

Vous pouvez utiliser un gestionnaire de mot de passe (Avast Passwords, Dashlane, LastPass, 1Password). C’est une alternative sécurisée et gratuite (même s’il existe des versions payantes).

Pour utiliser un coffre-fort à mots de passe, il suffit de mémoriser un seul mot de passe qui vous donnera accès à tous les autres.

Un bon gestionnaire de mots de passe effectue une mise à jour automatique et régulière de tous ses mots de passe. La modification peut même être instantanée en cas de piratage.

Autant de données dont l’accès est protégé par une flopée de noms d’utilisateur et de mots de passe et qui font partie de votre héritage. Avant de disparaître, il faudra donc mettre au courant de leur existence et surtout en confier la clé ainsi qu’un "guide d’utilisation" à une personne de confiance. Si vous n’avez rien prévu, la tâche de vos héritiers sera compliquée.

"Il est utile et important de s’y intéresser" confirme Nicolas Cellières, planificateur financier, même s’il concède qu’à ce jour aucun de ses clients ne s’est manifesté pour organiser son héritage numérique. "Il faut dire que ceux qui organisent aujourd’hui leur succession (ils ont au moins 50 ou 60 ans) ne sont pas nés avec Internet et encore moins avec les réseaux sociaux, même s’ils en sont utilisateurs", tempère-t-il.

Inventaire et update compliqués

"Les jeunes qui sont potentiellement les plus concernés, eux, ne songent absolument pas à leur héritage (numérique), tandis que les plus âgés ne pensent même pas en avoir un, ironise Philippe Debue. Pourtant, quand on commence à réfléchir pour en dresser l’inventaire, on s’aperçoit qu’il est bien plus vaste qu’on ne pensait". Et que les conséquences sont potentiellement désastreuses. "Comme dans le cas de ce médecin décédé inopinément sans que quiconque ait le moindre accès ni aux protocoles ni aux dossiers de ses patients ou d’un jeune adepte des monnaies virtuelles qui n’a laissé aucun chemin d’accès à la plateforme en ligne."

Pour la plupart d’entre nous, il y a donc une série de dispositions à prendre pour laisser un testament numérique. Mais ce n’est pas simple. "Il est beaucoup plus difficile de dresser un inventaire précis et complet de son patrimoine numérique que de son patrimoine concret, et surtout de le tenir à jour, notamment en raison des changements de mots de passe", prévient Philippe Debue.

Plusieurs types de solutions s’offrent à vous

Tout consigner dans un document que l’on met dans un coffre-fort à la banque. "À mes yeux c’est la solution la plus simple et la plus sûre, déclare Philippe Debue. Mais cela suppose une grande discipline. Il faut remplacer le document tous les 3 ou 6 mois pour tenir compte des changements de mots de passe". Sinon l’opération est inutile.

Transmettre de son vivant les mots de passe liés aux comptes concernés, avec le risque que le(s) légataire(s) les utilisent prématurément. "Donner l’information à une personne de confiance. Mais qui? Peut-on faire une confiance absolue à quelqu’un sur le long terme. Il y a les aléas de la vie… On peut divorcer, se disputer avec la personne, la perdre de vue, mourir en même temps qu’elle, etc.".

Désigner un exécuteur testamentaire. "Cela suppose de le mettre au courant de tout afin qu’il sache exactement ce qu’il doit faire. Le défunt pourrait par exemple ne pas souhaiter que certains souvenirs ou documents tombent dans les mains de ses enfants."

Désigner un légataire via les sites internet concernés qui prévoient cette possibilité pour des raisons pratiques. Quelques exemples.

  • Google, le gestionnaire de la messagerie Gmail, prévoit l’option "gestionnaire de compte inactif".
  • Facebook permet de désigner une personne (contact légataire) qui administrera votre profil après votre mort ou convertira le compte du défunt en compte de commémoration.
  • LinkedIn propose de fermer le compte et de supprimer le profil d’un proche après avoir rempli un formulaire.
  • Instagram permet de signaler le compte d’une personne décédée pour le transformer en compte de commémoration ou de demander le retrait du compte si vous êtes un membre de la famille proche. Certains documents sont toutefois requis.
  • Twitter désactive le compte sur demande des héritiers et le supprime après 30 jours. Les archives complètes des messages peuvent également être transmises aux héritiers (sur demande).

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