Le vade mecum du parfait jobiste

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Travailler en tant qu’étudiant est intéressant. Le statut offre une large protection et le salaire brut équivaut quasiment au salaire net, du moins pour ceux qui respectent les règles. Aperçu de ce que tout étudiant jobiste doit savoir.

Ils rêvent d’un nouvel ordinateur, d’un voyage exotique ou simplement d’un peu d’argent de poche supplémentaire… Ce sont quelques-unes des raisons qui poussent les étudiants à travailler pendant l’été. Mais l’expérience ainsi acquise est tout aussi importante. "Une enquête menée auprès de 250 étudiants révèle que 68% d’entre eux cherchent avant tout à acquérir de l’expérience professionnelle, explique Jeroen Poels, directeur général de Deltaworx, un bureau d’intérim spécialisé en jobs pour étudiants. Plus de 25% recherchent des emplois en lien avec leurs études. Et un étudiant sur trois se voit proposer un contrat fixe." Autre élément à souligner: 20% des étudiants travaillent pendant les vacances pour financer leurs études.

"Les étudiants gagnent en moyenne 10 à 12 euros de l’heure, travaillent 6,5 heures par jour, et 217,3 heures par année."
Jeroen Poels
directeur général deltaworx

Mais, quelle que soit leur motivation, l’été représente la période par excellence pour les jobistes. Entre juillet et septembre de l’an dernier, environ 445.000 étudiants ont travaillé. "Nous nous attendons à une nouvelle hausse cette année suite à la bonne santé de l’économie et aux nouvelles réglementations en matière de travail étudiant qui sont en vigueur depuis un an, poursuit Jeroen Poels. Les étudiants gagnent en moyenne 10 à 12 euros de l’heure, travaillent 6,5 heures par jour, et 217,3 heures par année." Quatre étudiants sur dix trouvent un job d’été via un bureau d’intérim.

1. Ne laissez rien au hasard

Les jeunes peuvent exercer un job étudiant à partir de l’âge de 15 ans, à condition qu’ils aient suivi les deux premières années de l’enseignement secondaire. Sinon, ils devront attendre d’avoir 16 ans. S’ils travaillent et étudient en alternance, ils peuvent conclure un contrat d’emploi étudiant, mais pas auprès de l’employeur chez qui ils font leur stage.

S’il s’agit d’un job étudiant réglementé, ils doivent signer un contrat écrit avec l’employeur, au plus tard le jour où ils commencent à travailler. Ce contrat doit entre autres stipuler la date de début et de fin du contrat, le montant de la rémunération et les horaires de travail. Ces contrats ne peuvent dépasser un an. S’ils travaillent chez le même employeur pendant plus d’une année, leur contrat sera considéré comme un contrat d’emploi ordinaire.

2. Ne travaillez pas plus de 475 heures par an

La rémunération dépend de la fonction occupée, de l’âge de l’étudiant et du secteur. Bonne nouvelle: le salaire net équivaut quasiment au salaire brut. Seule une cotisation de solidarité de 2,71% est retenue sur le montant brut. Cet avantage ne s’applique que sur un maximum de 475 heures par an. Ces heures peuvent être prestées librement: pendant les vacances d’été ou pendant l’année académique, pour autant qu’elles ne coïncident pas avec les heures de cours et d’autres activités scolaires. Les jeunes peuvent travailler auprès d’un ou plusieurs employeurs. Via Student@work, ils peuvent vérifier à tout moment le nombre d’heures qu’ils peuvent encore prester. Il n’est pas interdit de travailler plus de 475 heures par an, mais à partir de la 476e heure, les étudiants devront s’acquitter des cotisations sociales habituelles, c’est-à-dire 13,07% de leur rémunération brute.

3. En dehors de l’été, travaillez un maximum de 240 heures par trimestre

Même si les étudiants peuvent choisir librement le moment où ils prestent leurs 475 heures de travail, il est recommandé aux jeunes de plus de 18 ans de ne pas trop travailler en dehors des vacances d’été, et ce, en raison des allocations familiales. En effet, les allocations familiales sont versées automatiquement jusqu’à leurs 18 ans. Ensuite, certaines conditions doivent être respectées: les jeunes peuvent travailler de manière illimitée, mais uniquement pendant les vacances d’été et à condition qu’ils poursuivent ensuite leurs études. Au cours des premier, deuxième et quatrième trimestres, ils ne peuvent travailler que 240 h maximum. S’ils travaillent davantage, ils perdent les allocations familiales pour l’ensemble du trimestre.

4. Ne gagnez pas plus de 6.807 ou 8.620 euros

Un job étudiant représente une source de revenus importante, même si les principaux sponsors restent les parents. Si leurs enfants gagnent "trop", cela peut leur coûter cher. Tant que les enfants étudient, ils sont fiscalement à charge de leurs parents, ce qui permet à ces derniers de payer moins d’impôts. La condition, c’est que les revenus des enfants soient limités. Le montant qu’ils sont autorisés à gagner dépend de la situation fiscale des parents. S’ils sont mariés ou cohabitants légaux, leur enfant ne pourra pas gagner plus de 6.807 euros en 2018. Dans le cas d’une famille monoparentale ou si les parents sont cohabitants de fait, le plafond se situe à 8.620 euros, à condition que le jeune n’ait pas d’autres revenus que le salaire de son job d’étudiant et qu’il ne déclare pas de frais professionnels réels.

D’où viennent ces montants? Pour déterminer si un jeune est fiscalement à charge de ses parents, le fisc n’examine pas les revenus, mais les actifs nets disponibles, qui ne peuvent respectivement pas dépasser 3.270 et 4.720 euros. Mais tous les moyens de subsistance ne sont pas pris en considération. Par exemple, le fisc ne tient pas compte de la première tranche de 2.720 euros des revenus du job étudiant. Par ailleurs, des frais forfaitaires de plus ou moins 20% peuvent être déduits, même si aucun frais ne peut être prouvé, avec un minimum de 450 euros.

Pour les enfants de parents divorcés, il s’agira d’être attentif aux pensions alimentaires. Le paiement par l’un des parents d’une pension alimentaire n’est pas considéré comme un revenu dans le chef de l’autre parent, mais de l’enfant, même s’il ne perçoit pas cet argent. Seule une partie du montant est considérée comme moyen de subsistance. On ne tient pas compte de la première tranche de 3.270 euros. Et seuls 80% du solde sont considérés comme moyen de subsistance.

L’allocation d’orphelin – en d’autres termes, un supplément d’allocation familiale en cas de décès d’un des parents – est considérée comme un revenu propre. Une nouvelle règle est entrée en vigueur l’an dernier: le fisc ne tient plus compte des 3.270 euros d’allocation d’orphelin et de pension alimentaire pour calculer le montant des moyens de subsistance.

Les jeunes qui travaillent doivent obligatoirement remplir une déclaration fiscale. Heureusement, cela ne signifie pas qu’ils devront payer des impôts. Ils en seront exonérés pour autant qu’ils ne gagnent pas plus de 11.042,86 euros par an. Ils paient des impôts dès qu’ils dépassent le montant exonéré. Pour ceux dont les revenus sont limités, le plafond est de 7.730 euros. Ce n’est pas la rémunération brute des étudiants qui est prise en considération pour ce plafond, mais le montant net, après déduction des frais professionnels. Les jeunes ont le choix entre une déduction de frais forfaitaire et des frais réels. S’ils appliquent la déduction forfaitaire, ils se situent, avec un revenu brut de 11.042,86 euros tout juste en dessous de la tranche exonérée d’impôts

5. Combinez 475 heures de travail avec 50 jours dans l’horeca

Les étudiants qui travaillent dans le secteur de l’horeca ont le choix entre deux systèmes avantageux: le job étudiant et le travail occasionnel dans l’horeca. Ils peuvent utiliser les deux systèmes, mais pas simultanément.

Grâce au système de travail occasionnel dans l’horeca, les jeunes peuvent travailler jusqu’à 50 jours par an en bénéficiant de conditions avantageuses. Les cotisations sociales ne sont pas calculées sur le salaire réel, mais sur un forfait, soit 7,90 euros/heure s’ils travaillent moins de 6 heures par jour ou 47,40 euros par jour s’ils travaillent plus. Ce système est moins flexible que celui du job étudiant. Dans l’horeca, les étudiants peuvent conclure un contrat pour maximum deux jours consécutifs. Il n’est donc pas possible de travailler pendant un mois dans un café dans le cadre du travail occasionnel. Il doit toujours y avoir un jour de congé entre deux journées de travail successives. Chaque jour ouvré compte pour une journée complète, même si l’étudiant n’a travaillé que quelques heures.

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