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Ce que les employés ont de plus que les ouvriers

La grève à la société de transport de fonds Brink’s remet sur le débat sur l’harmonisation des statuts sur la table. Quelles différences y a-t-il réellement entre ces deux statuts?

(mon argent) – Le mouvement de grève entamé le 27 octobre dernier par les travailleurs de la société Brink’s se poursuit. Les transporteurs de fonds protestent notamment contre la volonté de la direction américaine de les faire passer du statut
d'employé à celui d’ouvrier. Pour le syndicat socialiste SETCa, cette option est totalement exclue. "Ce n'est pas la bonne voie et cela hypothèque la concertation interprofessionnelle à venir sur l'harmonisation du statut ouvriers-employés", estime le SETCa.

Le président de la CSC, Luc Cortebeeck espère d'ailleurs que les négociations pour un nouvel accord interprofessionnel fourniront un "cadre" pour les discussions sur l'équivalence des statuts d'ouvriers et d'employés. "J'espère conclure un accord-cadre à ce sujet qui pourra par la suite être exécuté pas à pas", a-t-il déclaré lundi, à la veille de l'ouverture des discussions, dans Metro et sur Radio 1. Selon le président du syndicat chrétien, ces négociations pourraient être bouclées dans 5 ans. Luc Cortebbeck se démarque ainsi de la FGTB dont le président Rudy De Leeuw refuse d'ouvrir le dossier tant que le gouvernement est en affaires courantes.

"Une harmonisation vers le haut"

Comment réaliser une harmonisation des statuts? Sur ce point, les syndicats s'accordent tous: "l’harmonisation du statut doit se faire vers le haut". En effet, dans trois domaines, le statut des employés est plus favorable: durée de préavis plus longue, instauration d'un chômage temporaire pour raisons économiques et absence du "jour de carence", explique la SETCa. Le statut d’ouvrier confère néanmoins quelques avantages: durée plus courte de la période d’essai et mode de calcul du pécule de vacances plus avantageux. Pour les syndicats, la création d’un statut unique passe donc par une amélioration du statut des ouvriers sans démanteler celui des employés. Et vice versa.

Quelles différences?

Il y a 7 différences à prendre en compte s'agissant de ces deux statuts. Mais limitons-nous à un exemple concret: le délai de préavis défavorable aux ouvriers. Lorsqu'ils ont moins de 6 mois d’ancienneté, ils ont droit à un délai de préavis de 28 jours. Selon l’ancienneté et selon le respect de la convention collective n°75, on passe à 112 jours pour plus de 20 ans d’ancienneté. Par contre, si aucune condition particulière n’est prévue ou si l’entreprise d’un ouvrier qui a  20 années d’ancienneté ne relève d’aucune Commission paritaire, il ne bénéficiera que de 56 jours de délai de préavis, soit un mois et demi de salaire.

Dans cette même entreprise, un employé avec 20 années d’ancienneté sera nettement avantagé par rapport à son collègue ouvrier: il disposera au moins d’un préavis de 20 mois voire plus selon son salaire. "Sous le plafond de 30.327 euros de revenus annuels bruts, le minimum est de 3 mois par tranche entamée de 5 ans d’ancienneté. Au-delà de ce plafond, le préavis doit être fixé d’un commun accord entre l’employeur et l’employé. A partir de 60.654 euros, le préavis peut être convenu dès la conclusion du contrat de travail. Et ce n’est que le minimum légal", précise la FGTB. "Il faut donc renforcer la protection des ouvriers en leur appliquant les mêmes conditions minimales de préavis que pour les employés soit 3 mois par tranche de 5 ans d’ancienneté", revendique Rudy De Leeuw, le Président de la FGTB.

Joëlle Milquet à la rescousse

La ministre de l'Emploi Joëlle Milquet rencontrera la direction de Brink’s et les différents syndicats ce mardi 9 novembre, a-t-on appris de source syndicale. "Il ne s'agit pas de négociations, la ministre souhaitant simplement connaître les positions des 2 parties", a précisé le syndicat libéral. Pour rappel, les travailleurs du transporteur de fonds protestent également contre le projet de la direction de mettre fin à une convention collective de travail "maison" qu'elle juge trop avantageuse et prévoit la fermeture du site de Strépy, où travaillent 60 personnes, ainsi que l'arrêt du transport de diamants à Brussels Airoport, activité qui occupe 30 travailleurs. 

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