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Chèques-repas électroniques: mode d'emploi

Le chèque-repas papier sera enterré le 31 décembre 2015. Comment fonctionne le nouveau système? Où écouler les chèques électroniques? À quand une version mobile?
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©Tine

Cette année marquera la fin définitive des titres-repas papier. À partir du 1er janvier prochain (et donc après 5 ans de vie commune), seule la version électronique subsistera. Techniquement, plus aucun chèques-repas papier ne sera distribué à partir du 1er octobre 2015. Mais tous ceux qui ont été émis depuis le 1er janvier 2015 conservent une date de validité limitée au 31 décembre de cette année.

1,09€
C’est la participation minimum du salarié. Celle de l’employeur est plafonnée à 5,91 euros.

Actuellement, 1,65 million de salariés bénéficient de ce système, dont 1,3 million sous format électronique. Plus de 35.000 entreprises ont déjà adopté le chèque-repas sous sa nouvelle version. Cette migration n’est pas uniquement le fait des grandes sociétés. "Le nombre d’entreprises employant moins de 50 travailleurs qui sont passées aux chèques-repas électroniques a presque quadruplé entre les mois de janvier et de juin 2014", indique Voucher Issuers Associaion (VIA), l’association qui regroupe les émetteurs de titres-repas.

L’adoption du titre-repas électronique par les commerçants est, elle aussi, en plein boom: alors qu’environ 8.600 commerçants acceptaient les chèques-repas électroniques fin 2012, leur nombre est passé aujourd’hui à près de 14.000. "Cette progression se concentre essentiellement sur le commerce de détail et l’Horeca", ajoute VIA.

D’ailleurs, ce réseau de commerçants compte 10.000 acteurs de la petite distribution. "Vu la généralisation obligatoire du titre-repas électronique d’ici 2016, nous constatons que de plus en plus de plus de petits commerces acceptent la carte Ticket Restaurant, explique Fanny Charpentier, porte-parole d’Edenred. C’est assez logique: ils ne veulent pas perdre leurs clients qui, aujourd’hui, paient avec leurs chèques papier!"

Avantages

Pour VIA, le système des titres-repas électroniques est plus simple, plus rapide et plus sûr. "Les délais de remboursement auprès des commerçants sont très courts (48 heures), il n’y a plus aucun risque de perte et de vol, et les entreprises profitent d’une forte simplification."

Chaque émetteur dispose de sa propre application mobile. Elles permettent toutes de consulter le solde d’une carte et de trouver des commerçants qui acceptent déjà le paiement par chèques-repas électroniques.

Bientôt, il sera possible d’utiliser un smartphone pour les écouler. "Monizze a signé un accord de principe avec Sixdots" déclare son CEO, Jean-Louis Van Houwe. "Dès que Sixdots sera en mesure d’accepter les paiements pour chèques-repas, nous intégrerons ce portefeuille mobile. Cela devrait se faire cette année. En outre, nos cartes sont dotées d’un code QR qui permettra aux utilisateurs de payer dans des points de vente de type snack via une application mobile."

De son côté, Sodexo envisage plutôt d’intégrer sa carte de paiement dans Sixdots dans le courant de l’année prochaine.

Enfin, Edenred se dit très attentif aux différentes possibilités de paiement via mobile, mais préfère à ce stade rester discret sur les démarches entreprises.

Ce système ne fait pourtant pas que des heureux: certains commerçants de la petite distribution rechignent encore à s’équiper d’un système de paiement électronique, compte tenu du coût que cela engendre pour eux. Ils ne peuvent donc plus accepter les titres-repas de leurs (fidèles) clients qui sont déjà passés à la version électronique.

Ce type de situation peut effectivement créer une certaine frustration chez les consommateurs qui souhaitent d’abord écouler cette réserve de pouvoir d’achat avant d’entamer le budget alimentaire mensuel.

D’autres regrettent aussi de ne plus avoir la possibilité de distribuer ces chèques à l’un ou l’autre membre de leur famille. C’est typiquement le cas des parents qui les donnaient à leurs ados, s’assurant ainsi que cet argent serait uniquement utilisé pour se nourrir et pas dépensé à des choses futiles.

Qu’à cela ne tienne, les titres-repas électroniques sont quand même bel et bien tous écoulés rapidement. "Les chèques électroniques sont utilisés selon un découpage moyen qui s’effectue comme suit: 51% le premier mois, 36,5% le deuxième, 7,5% le troisième et enfin 5% au cours des 9 autres mois de l’année, dont la moitié sur le 4e mois", explique Fanny Charpentier.

Avec les chèques-repas papier, VIA comptabilise en général la perte de moins d’un chèque par utilisateur tous les 18 mois.

Du côté de Monizze (un émetteur qui produit uniquement des chèques au format électronique), les consommateurs semblent encore plus rapides pour dépenser leurs chèques (qui pour rappel, ont aussi une durée de validité de 12 mois). "Nos 120.000 utilisateurs consomment près de 80% de leurs titres-repas dès la première semaine, précise Jean-Louis Van Houwe, son CEO. Il n’est donc vraiment pas compliqué de consommer en moyenne ces quelque 106 euros par mois.".

Stimulation

Pour encourager davantage de commerçants à accepter les titres-repas électroniques, les émetteurs ont déjà consenti des investissements importants (pour environ 25 millions d’euros), notamment en intégrant leurs logiciels sur des terminaux de paiement existants. De cette façon, les commerçants qui sont déjà équipés d’un terminal de paiement n’ont plus qu’à activer une application pour pouvoir accepter les paiements en titres-repas électroniques.

"Concernant les commerçants qui ne sont pas encore équipés d’un terminal, les émetteurs ont chacun développé des partenariats avec des revendeurs de terminaux, pour offrir une solution à prix modique, permettant d’accepter les titres-repas de tous les émetteurs sur un même terminal", assure VIA.

Au-delà du terminal, les émetteurs ont des équipes d’affiliation qui se rendent chaque jour sur le terrain, afin d’expliquer aux commerces et restaurants les avantages de faire partie du réseau, et in fine, proposer un réseau le plus large possible aux consommateurs. "Le réseau d’acceptation s’agrandit tous les jours. Nous avons constaté une accélération des affiliations depuis septembre. Nous sommes passés de 150 à 400 contrats par mois", précise Fanny Charpentier.

Par ailleurs, pour stimuler l’utilisation des chèques-repas électroniques auprès des restaurateurs, Sodexo organise deux fois par an les "Sodexo Lunch Days" (en partenariat avec Resto.be). Pendant deux semaines, les participants peuvent profiter d’un lunch gastronomique pour seulement 15 euros dans 534 restaurants. La troisième édition se déroulera du 11 au 22 mai prochains.

Coté consommateur, Edenred (Ticket Restaurant) a lancé depuis 2013 l’action "Fix my shop". Elle consiste à parrainer un commerce qui n’est pas encore équipé pour accepter les chèques électroniques. "Si un commerce s’affilie effectivement suite au contact pris après un parrainage, nous octroierons 10 euros au consommateur", explique Fanny Charpentier. Les consommateurs peuvent parrainer autant de commerçants qu’ils veulent, mais les sommes versées par Edenred sont plafonnées à 100 euros par mois et par consommateur.

Pouvoir d’achat maintenu

En passant aux titres-repas électroniques, les syndicats craignaient que les travailleurs perdent une partie de leur pouvoir d’achat car la distribution de chèques-repas est systématiquement accompagnée de bons de réduction. Ils ont donc demandé une pérennisation du système de coupons.

720.000.000! C'est le nombre d'euros économisés par les Belges depuis 2010 grâce aux bons de réduction. Et pas seulement en format "papier". En 2014, l’e-couponning a également connu une progression de 30%. Voici 4 astuces pour trouver davantage de bons de réduction.

Les émetteurs ont réglé ce problème en mettant ces bons à disposition sur des sites comme Beneficioclub.be (Edenred), monizze.be ou Sodexo4you.be. Il suffit de les imprimer ou d’utiliser les codes promotionnels mentionnés pour bénéficier d’une réduction sur un voyage ou des spectacles par exemple.

 

[Suivez Caroline Sury sur Twitter en cliquant ici]

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