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Coronavirus et grosses chaleurs: quid du ventilateur?

De mercredi à vendredi, les températures vont grimper jusqu'à 33°C. Difficile pour certains de travailler dans ces conditions. Quels sont vos droits? Quelles mesures doivent être prises?

Ce mercredi 24 juin, l'IRM prévoit des maxima à 31°C, jeudi à 32°C et vendredi à 33°C (la température la plus élevée depuis le début de cette année en Belgique). Cette vague de chaleur vous donne des droits, mais aussi des devoirs. Votre patron a, lui aussi, des obligations.

Comment évaluer une température?

Pour déterminer une température critique, un simple thermomètre ne suffit pas. Un thermomètre-globe est requis. Ce type d'appareil tient également en compte le rayonnement thermique, la vitesse de l'air et l'humidité ambiante. Souvent, ce sont des inspecteurs du Contrôle du bien-être au travail qui mesurent cette température. Notez qu'il est possible que le résultat soit inférieur à la température que donne un thermomètre ordinaire.

Quelle température pour quel travail?

Les températures maximales autorisées varient évidemment selon la nature et la pénibilité du travail.

• 29°C pour le travail léger ou très léger (en général effectué en position assise: secrétariat, travail de bureau, conduite d’une voiture, écriture, etc);
• 26°C pour des travaux semi-lourds (conduite d’engins, de camions, de tracteurs, manutention d’objets, travaux en position debout, plâtrage, cueillette des fruits, etc.);
• 22°C pour des travaux lourds (manutention, travail du bois, travaux manuels, de terrassement, etc.).

Quelles mesures?

Si ces températures sont atteintes, votre employeur doit mettre en place une série de mesures. Selon la législation – adoptée le 1er juillet 2012 –, le salarié doit:

• bénéficier de protections, comme un ventilateur, un climatiseur ou, éventuellement, des écrans solaires et des couvre-chefs pour les travailleurs exposés à un rayonnement solaire direct;
• avoir de l'eau et des boissons fraîches à disposition.

D'après les explications de Securex, si le dépassement des températures continue après un délai de 48 heures, votre employeur devra veiller à installer un dispositif de ventilation artificielle et à accorder des périodes de repos.

Quel est l'impact du coronavirus sur ces mesures?

Attention, malgré ce qui est prévu par la loi, il y a lieu de prévoir quelques adaptations pour limiter les risques de la propagation du virus. De fait, étant donné que certaines études ont conclu que des gouttelettes plus petites, formées lors de conversation, "flottent" dans l'air et que le virus pourrait y survivre pendant un certain temps, "on ne peut donc pas totalement exclure que le virus puisse donc se propager par l'intermédiaire des courants d'air générés par les systèmes de climatisation ou les ventilateurs qui font circuler l'air intérieur", préviennent les experts de Securex.

Pour limiter cette propagation, il faut veiller à une ventilation suffisante, naturelle ou mécanique, avec de l'air extérieur frais à 100 %. "Il existe un lien positif évident entre un degré plus élevé de renouvellement de l'air et une moindre propagation des virus. Par conséquent, il faut éviter la recirculation de l'air intérieur!

L'ouverture des fenêtres plusieurs fois par jour pendant au moins un quart d'heure a déjà un effet perceptible sur la limitation de la propagation du virus.
Securex

Cela signifie aussi que les ventilateurs sont à proscrire. "En créant un mouvement d’air important, ils vont projeter les gouttelettes émises par les personnes sur une plus grande distance que la normale et ainsi, rendre inefficace la distance de sécurité entre les travailleurs. Il est donc déconseillé d’utiliser des ventilateurs collectifs dans des locaux fermés. On peut, par contre, envisager de les utiliser pour un usage externe ou dans des endroits constamment aérés comme des hangars ouverts."

Il est déconseillé d’utiliser des ventilateurs collectifs dans des locaux fermés.
Securex

Pour exactement les mêmes raisons, Securex déconseille les ventilateurs individuels. "Sauf si le collaborateur travaille seul dans un local séparé et qu'il n'y a donc pas de transmission possible du virus." 

Peut-on arrêter de travailler?

 Non! Sauf si un cas de force majeure se présente comme des malaises. 

Pouvez-vous venir en short au bureau?

Oui, si le règlement interne vous l’autorise. Vous pourrez aborder une tenue plus légère.

De 80 à 800
Euros
Si une infraction est commise et reconnue, l'amende infligée peut aller de 80 à 800 euros.

Attention à ne pas confondre lieu de travail et plage de sable fin. Aussi, en entreprise, il existe une obligation générale d’opter pour une tenue correcte et respecter ses collègues.

Avez-vous droit à une pause? 

Si les mesures prises ne suffisent pas, un régime de travail parallèle est mis en place. Par exemple, l'employeur peut:

• permettre d'alterner temps de travail et temps de pause;
• planifier des travaux aux aurores;
• ralentir le rythme;
• envisager le travail de nuit;
• instaurer un chômage temporaire.

Pouvez-vous poursuivre votre employeur?

En cas de non-respect de toutes ces règles, le travailleur peut porter plainte. Des sanctions sont prévues si une infraction est commise et s'il existe un danger pour la santé

Des experts inspectent chaque jour les chantiers. Ils peuvent arrêter le travail ou dresser des P.-V. Les plaintes sont rarement poursuivies par le tribunal. Les pro justitia aboutissent à des amendes administratives.
Paul Tousseyn
Directeur général du Contrôle du bien-être au travail

Le dialogue et la concertation restent le meilleur moyen pour trouver un compromis entre employé et employeur. 

©Photo News

Quid en cas de pic d'ozone?

Des concentrations élevées en ozone se manifestent souvent lors des grandes chaleurs persistantes. Toutefois, la réglementation du travail ne reprend aucune disposition particulière sur la protection contre l’ozone d’origine climatique. "Cependant, cela ne signifie pas qu’aucune mesure ne doit être prise", selon le SPF Emploi. "L’exposition à l’ozone d’origine climatique doit être considérée comme un risque du travail contre lequel il convient de prendre des mesures préventives. Parce que la concentration d’ozone à l’intérieur est beaucoup plus basse qu’à l’extérieur, ces mesures doivent principalement être axées sur les travailleurs qui travaillent en plein air."

Les concentrations d'ozone en temps réel sont disponibles via le portail de la Cellule Interrégionale de l'Envrionnement. Mais aussi via l'app BelAir (iOS & Android)

 

 

 


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