Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

Indépendants, qu'est-ce qui a changé pour vous en 15 ans?

Au 1er août, l’égalisation de la pension minimum des salariés et des indépendants est devenue réalité. En réalité, le statut des indépendants n’a cessé de se renforcer depuis les années 2000. De quoi rassurer les candidats, de plus en plus nombreux à se lancer. Aujourd’hui, deux tiers des nouveaux indépendants ont quitté un statut de salarié. Ils ne l’ont pas fait pour vivre moins bien… L’Echo fait le point sur les évolutions.
©BELGAIMAGE

C’est un nouveau pas de franchi dans l’évolution du statut des indépendants. Un statut qui, depuis les années 2000, a subi de nombreux changements (voir infographies plus bas).

©UCM, Inasti, ONP, Famifed

Autant de petits pas mis les uns devant les autres par l’ex-ministre fédérale des Classes moyennes Sabine Laruelle et son collègue Willy Borsus. Si les deux ministres MR ont réussi à faire évoluer le statut, le travail n’est pas encore achevé. Comme en témoigne une enquête qui avait été menée au début de l’année par l’Union des classes moyennes (lire encadré plus bas), les indépendants attendent encore que de nouvelles pierres viennent renforcer l’édifice de leur statut social.

Pourtant, ce statut a déjà considérablement évolué en quinze ans. La comparaison entre la situation des indépendants avant et après les réformes parle d’elle-même.

En matière d’allocations familiales d’abord, un enfant d’indépendant valait, en 2000, plus de 2/3 de moins qu’un enfant de salarié (20 euros pour l’indépendant, contre 70 euros pour le salarié). Cette discrimination criante portant sur l’allocation versée au 1er enfant a été totalement éliminée en 2014, lors de la 6e réforme de l’Etat. Les montants versés avaient déjà évolué progressivement, une première augmentation étant survenue en 2003 avant une seconde en 2009. Aujourd’hui, un enfant d’indépendant égale un enfant de salarié.

©UCM, Inasti, ONP, Famifed

Pour le congé de maternité aussi, la situation s’est considérablement améliorée en 15 ans. En 2000, une indépendante avait le droit de prendre un congé de maternité indemnisé, mais il se limitait à 6 semaines maximum. L’indépendante pouvait aussi décider de retravailler dès qu’elle le voulait après l’accouchement. Certaines, mises sous pression par la chute de leurs revenus ou par la peur de perdre leur clientèle, reprenaient trop rapidement le collier. Aujourd’hui, les indépendantes sont obligées de stopper pendant minimum trois semaines, et l’allocation versée, même si elle reste plus basse que chez certains salariés, a été solidement revue à la hausse.

Du côté des soins de santé aussi, l’indépendant peut aujourd’hui dormir (un peu) plus tranquille. En 2000, ce qu’on appelle les "petits risques" (consultation chez le médecin, le dentiste, le kiné, les examens et interventions bénignes) n’étaient pas couverts. Il fallait, pour cela, prendre une assurance complémentaire. Aujourd’hui, les indépendants disposent du "package" complet comme les salariés, avec les mêmes taux de remboursements. L’indemnité pour incapacité de travail a aussi été augmentée, mais elle reste nettement inférieure à ce que peuvent toucher la majorité des salariés lorsqu’ils tombent en incapacité de travail… Notons aussi que durant le premier mois d’incapacité de travail, le salarié est payé par son employeur. L’indépendant, lui, ne touche rien, puisque l’employeur, c’est lui-même…

©UCM, Inasti, ONP, Famifed

Le gros poste sur lequel les indépendants attendent encore beaucoup du gouvernement, ce sont les pensions. Ici aussi, les évolutions ont été marquantes. La dernière en date, l’harmonisation de la pension minimum, faisait partie des grandes priorités des organisations de classes moyennes. Mais la pension moyenne d’un indépendant reste environ 25% inférieure à celle du salarié.

Ces chiffres sont difficiles à estimer, tant les situations sont variables, entre la longueur de la carrière (seuls 8% des indépendants ont une carrière complète dans le statut, contre 50% des salariés), les périodes assimilées (leur nombre et leur nature varient d’un travailleur à l’autre, même chez les salariés), les changements de statut. Mais le faible niveau de la pension légale reste l’élément qui préoccupe le plus les indépendants. Il faut dire que les montants moyens de pensions des indépendants ne sont pas lourds… L’Union des classes moyennes parle de 650 euros et le SNI de 850 euros contre respectivement 920 et 1.150 chez les salariés.

Le filet social en cas de perte d’activité ou de faillite, lui, a aussi été renforcé. Dès 2017, les indépendants auront la possibilité de cesser leur activité, sous conditions, en touchant une allocation limitée dans le temps. Le "Canada Dry" du chômage en somme.

1.168 €
C’est ce que touchera un indépendant s’il arrête son activité à certaines conditions. Un chômage "Canada Dry", car le montant est forfaitaire et limité dans le temps.

La pension reste la principale préoccupation

En juin dernier, l’Union des classes moyennes a interrogé ses membres afin de savoir quelles étaient encore leurs préoccupations en matière de statut social. Il ressort de ce grand baromètre social que la pension reste la première source d’inquiétude des indépendants. 84% des indépendants interrogés se demandent ce qu’il adviendra de leur retraite. C’est surtout le niveau de leur pension qui les inquiète, mais aussi les capacités de l’Etat à leur restituer leur dû. Vient ensuite la difficulté d’y voir clair dans le calcul de la pension, dans les réformes successives. Plus d’un tiers craint aussi que son activité ne tienne pas le coup jusqu’à ses 65 ans… En juin, les indépendants réclamaient la mise sur pied d’un 2e pilier de pension. Juste avant les vacances parlementaires, les ministres en charge des Pensions et des Classes moyennes, Daniel Bacquelaine et Willy Borsus, ont répondu à leur appel en annonçant la mise en place de ce 2e pilier (lire L’Echo du 20 juillet).

La deuxième source de préoccupation des indépendants tient à leur couverture assurance-maladie. Comme le montre notre analyse, les indépendants ne sont pas couverts en dessous des 30 jours d’inactivité. "Une mesure injuste, dit l’UCM, dans le sens où depuis l’harmonisation du statut employé-ouvrier, les salariés n’ont plus de jour de carence." Les indépendants réclament aussi davantage de flexibilité pour le paiement de leurs cotisations sociales. Ici aussi, une réforme a été menée en 2015. Les revenus pris en compte pour le calcul des cotisations sont ceux de l’année précédente, et plus des trois dernières années. Ce système permet de mieux coller à la réalité économique. Mais les indépendants voudraient augmenter le nombre de seuils de cotisations (il n’y en a que deux actuellement).

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés