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L'ancienneté ne paie plus!

Depuis quelques années, la tendance se confirme: le niveau de formation est de moins en moins le gage d’un salaire élevé.
©iStock

(mon argent) - L’an dernier, le Bureau du Plan avait publié une étude montrant que le lien entre le niveau de formation et l’évolution des salaires et de l’emploi devenait de plus en plus complexe. C’est aussi la conclusion d’une étude de la KUL, relayée ce week–end dans le quotidien De Morgen.

Pharmaciens et architectes à la traîne à long terme

Cette étude de la KUL se fonde sur une formule combinant différents facteurs comme l’âge, l’ancienneté, la formation et le sexe pour déterminer l’évolution des salaires. Sur la base des 87.000 sondés ayant répondu à l'enquête de l'Université louvaniste, cette formule livre des résultats intéressants. Notamment le fait qu’ancienneté et évolution du salaire ne vont plus spécialement de pair pour des profils de formation pourtant élevés.

"La mondialisation est l’un des facteurs qui entre en ligne de compte", explique Marc Vandeleene, porte-parole de Manpower. Etre ingénieur informaticien, par exemple, c’est la quasi-certitude de trouver rapidement un premier emploi à un salaire de base très correct. Mais un tel emploi ne garantit plus de voir son salaire évoluer fortement à la hausse en fonction de l’ancienneté puisque la main d’œuvre étrangère, dans certains segments, est très concurrentielle. 

"Dans le cas présent, l’Inde est un gros fournisseur d’ingénieurs IT de très bon niveau…" Par ailleurs, pour conclure sur ce profil, il est évident que les sociétés examinent aujourd’hui davantage le coût global de mise en œuvre d’un projet IT plutôt que le seul coût de la main d’œuvre pour son développement", poursuit Marc Vandeleeene.  

Etre mobile pour un "jump" salarial

Les pharmaciens et les architectes sont les deux professions qui permettent au départ d’obtenir des salaires bien plus élevés que la moyenne mais qui, avec le temps, voient cette avance s’éroder, relève l’étude de la KUL. L’ancienneté ne paie pas, ici. "Ce que l’étude ne prend cependant pas en compte, explique Walter Deprins, Sales & Operations Director chez Manpower Professional, c’est la mobilité. Les pharmaciens et les architectes, par exemple, sont deux professions où la mobilité est faible. Or, les ‘jumps’ salariaux se font souvent à l’occasion d’un changement de travail".

Palette de compétences et know-how

L’acquisition et la préservation de compétences jouent également un rôle primordial dans l’évolution salariale. Certaines professions -surtout dans la sphère des ingénieurs et des professions technico-commerciales– ont davantage de possibilité de consolider leur know-how par l’adjonction de compétences importantes à leur métier de base. "Le know-how, au sein des profils élevés, est d’ailleurs le seul facteur qui entre en ligne de compte pour la détermination du salaire!, poursuit Walter Deprins. Lequel ajoute qu’être ingénieur dans un créneau porteur et bon manager, c’est le gage, en principe, d’une forte évolution salariale au cours d’une carrière."

Et les avantages extra-légaux?

Si l’ancienneté joue moins en faveur de certains profils de formation élevés que d’autres, "c’est aussi en raison de l’attribution d’avantages extra-légaux très diversement répartie suivant les sphères professionnelles. Un technico-commercial se verra sans doute plus vite octroyer une voiture de fonction qu’un ingénieur. Cet élément doit être pris en compte dans les comparatifs salariaux pour différents niveaux de formation car il y a parfois un décalage important… Enfin, si ancienneté et niveau de formation sont moins bien corrélés qu’avant, c’est tout simplement parce qu’on fonctionne davantage au niveau de la compétence acquise, comme je l’ai dit, et du mérite!", conclut Walter De Prins.

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