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L'indexation des salaires: à l'étude ou pas?

Une étude sera-t-elle finalement conduite sur le système d’indexation automatique des salaires? Le projet d’accord interprofessionnel la prévoit en tout cas. Et si dans son compromis, le gouvernement l’avait gommée, la BNB l’a remise à l’agenda.
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(mon argent) La Belgique est l’un des rares pays prévoyant l’indexation automatique des salaires selon l’inflation sur la base de l’index de santé. Les employeurs préféreraient à l’évidence supprimer ce système, mais pour les syndicats, il fait partie des acquis intouchables. Au niveau international, l’indexation automatique est considérée comme une aberration. La chancelière allemande, Angela Merkel, a récemment demandé sa suppression, tandis que l’OCDE l’avait précédemment pointée du doigt.

Réduire la volatilité

Jusque l’an dernier, l’adaptation à l’index semblait encore indiscutable. Mais lors des négociations sociales pour la période 2011-2012, une étape, timide mais symbolique, a été franchie: les partenaires sociaux ont convenu que le Conseil central de l’Économie réaliserait courant 2011 une étude sur ce système d’indexation. Le CCE, une association où employeurs et syndicats sont largement représentés, devrait "étudier les moyens de réduire sa volatilité, en particulier au niveau des prix de l’énergie." Les employeurs et les syndicats ont ainsi mis de l’eau dans leur vin, sans perdre la face pour autant. Non, l’indexation ne sera pas supprimée, mais une adaptation pourrait représenter un affaiblissement. Oui, une étude sera conduite, mais le système actuel restera en place.

Une fade décoction du précédent compromis

Comme chacun le sait, le projet d’accord de l’AIP n’a cependant pas atteint la ligne d’arrivée. Le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme a repris le dossier. Après plusieurs jours de polémique, le gouvernement a finalement accouché d’un nouvel accord qui peut être décrit au mieux comme une fade décoction du compromis précédent. On en retiendra surtout les éléments qui en ont été extraits, parmi lesquels l’étude sur le mécanisme d’indexation. Autrement dit, même la réalisation d’une simple étude reviendrait à franchir un pas de trop.

La BNB exige une réforme

Lors de la présentation de son rapport annuel, le gouverneur de la Banque Guy Quaden a cependant à nouveau placé le mécanisme de l’indexation à l’agenda. En 2008, il avait déjà plaidé "à titre personnel" en faveur d’une adaptation du système. Il ne voyait pas pourquoi en cas d’inflation galopante, un salaire de 5.000 euros devrait augmenter dans les mêmes proportions qu’un salaire de 1.000 euros.

Cette fois, Quaden s’est exprimé au nom de la BNB. S'il ne peut être question d’une suppression de l’index, une réforme du système est nécessaire pour contenir l’inflation et assurer la compétitivité des entreprises. Le fait que l'inflation belge soit supérieure à celle des pays voisins est "une mauvaise nouvelle pour l’épargnant, pour les entreprises actives à l’internationales et pour l’État", a-t-il ajouté.

L’inflation belge est plus sensible aux fluctuations des prix de l’énergie (nous consommons beaucoup d’énergie et ces produits pèsent plus lourd dans la balance), et les augmentations de prix du gaz et de l’électricité sont plus vite répercutées chez nous que dans d’autres pays. La BNB estime d’ailleurs que l’étude du CCE ne peut se borner aux salaires. Les loyers et les prix des transports publics et de certaines assurances sont également couplés à l’index.

Jamais au gouvernement

Le président de la CSC, Cortebeek, et celui de la FGTB, Rudy De Leeuw, qui siègent tous deux comme régents à la BNB, ont exprimé leurs réserves dans le rapport annuel de la Banque. Quant à Laurette Onkelinx (PS), elle a réagi fermement en affirmant que jamais elle ne ferait partie d’”un gouvernement qui remette en question l’indexation des salaires”. Le débat est ouvert.

Pour en savoir plus sur le sujet, lisez dans notre dossier Carrière 'Comment augmenter votre salaire net', publié ce samedi 19 février dans Mon Argent, supplément gratuit de L’Écho.

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