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La rémunération sur mesure est à la mode

L’époque où tous les employés ayant la même ancienneté gagnaient la même chose est révolue. Désormais, les employeurs proposent volontiers un package salarial sur mesure. Surtout si cela leur permet de réduire les charges salariales.
©Shutterstock

La fête du 1er mai nous l’a encore rappelé: les charges sur le travail doivent baisser. Mais les employeurs n’ont pas attendu les résultats du débat sur les salaires pour tenter de trouver des solutions qui leur permettent de faire baisser la masse salariale. Ils essaient d’augmenter ou d’optimiser le revenu net de leurs employés en proposant des packages salariaux bien pensés. Car sur un salaire payé "cash", vous ne touchez même pas la moitié de ce qu’il en coûte à votre employeur. "Les entreprises manifestent un intérêt croissant pour les rémunérations flexibles. C’est surtout le cas dans les secteurs pharmaceutique, énergétique, bancaire, des assurances et du consulting. Le nombre de plans flexibles introduits dans les entreprises est trois fois plus élevé que l’an dernier", constate Kathelijne Verboomen de SDWorx. Une étude du spécialiste en ressources humaines révèle qu’en 2008, 8% des entreprises proposaient un "plan cafeteria" (c’est-à-dire "à la carte") ou un système de rémunération flexible, tandis que 10% avaient l’intention d’y recourir dans les trois ans.

Les rémunérations flexibles sont une réponse à la modération salariale.
Kathelijne Verboomen,
SDWorx

2013 apparaît de plus en plus clairement comme une année charnière. "La norme salariale imposée par le gouvernement nous oblige à diversifier les formes de rémunération. Les rémunérations flexibles sont une réponse à la modération salariale, poursuit Kathelijne Verboomen. Ce système joue aussi un rôle lors de l’embauche ou pour retenir les bons éléments. Les secteurs tels que l’informatique et l’ingénierie continuent à se battre pour attirer les talents." On accorde dès lors de plus en plus d’attention aux besoins, aux souhaits et aux valeurs des employés.

"A l’avenir, les entreprises devront communiquer de mieux en mieux sur les avantages extra-légaux qu’elles proposent à leurs employés. La devise ‘on n’aime que ce qu’on connaît bien’intervient ici aussi, estime Xavier Baeten, professeur en gestion des rémunérations à la Vlerick Business School. Certaines entreprises fournissent chaque année à leurs employés un récapitulatif de leur rémunération globale, avec un aperçu de leur salaire, de leur bonus et de la valeur des avantages extra-légaux." Mais dans la réalité, la situation économique est ce qu’elle est. "Les employés se voient proposer une série d’avantages, mais ils doivent faire des choix. Dans certaines entreprises, les employés peuvent opter pour une assurance hospitalisation de luxe, mais ils doivent alors parfois y aller de leur poche", fait remarquer Xavier Baeten.

Limites

8%
Le pourcentage d’entreprises qui, en 2008, proposaient un plan cafeteria ou un système de rémunération flexible. Aujourd’hui, avec la norme salariale, ces solutions ont tendance à se développer.

Est-il dès lors possible de demander à ne recevoir quasi rien en cash pour jouer exclusivement la carte des avantages extra-légaux? "Les barèmes minimums fixés par la convention collective de travail doivent toujours être respectés explique Stijn Demeestere, avocat chez Lydian. En outre, les avantages en nature ne peuvent excéder un cinquième du salaire". Prenons l’exemple théorique d’une personne qui gagne le salaire minimum, soit 2.000 euros selon le barème. Un cinquième de cette somme, soit 400 euros, peut être payé sous forme d’avantages en nature. 1.600 euros au moins devront être payés en cash. "La valeur des avantages doit aussi être évaluée correctement, et à l’avance, explique Stijn Demeestere. Certains tribunaux du travail contestent - selon moi, à tort -, qu’une partie du salaire minimum soit versée sous forme d’avantages en nature."

Proposer une rémunération flexible est donc possible dans le cadre légal du contrat de travail et des conditions salariales. "La façon dont cela se passe en réalité dépend de la manière dont la partie non négociable du salaire a été fixée. Si c’est par la convention collective de travail, alors il faudra la renégocier. Si c’est dans le cadre d’un contrat individuel, le contrat de travail pourra être discuté, poursuit Jan Vanthournout de SDWorx. Certaines exceptions sont malgré tout autorisées: les chèques-repas, les éco-chèques, les primes à l’innovation et les bonus liés aux prestations ne pourront jamais remplacer un salaire."

Large choix

L’éventail des avantages possibles est très vaste. L’employé optera pour ceux qui ont le plus de valeur à ses yeux. Ainsi par exemple, un jeune de 20 ans voudra disposer de plus de cash pour payer son loyer et une voiture de sport, tandis qu’un trentenaire avec des enfants préférera probablement échanger du cash contre une voiture familiale spacieuse. Une personne de 45 ans commencera quant à elle à penser à sa pension. "Mais les avantages ‘new age’comme le repassage, la garde des enfants ou l’abonnement à une salle de fitness sont encore peu répandus", fait remarquer Stijn Demeestere.

"Collection" étendue...

Il existe une large gamme d'avantages en nature. Quels sont les plus courants? Aperçu.

  • assurance de groupe
  • voiture de société
  • bonus collectif
  • smartphone
  • frais professionnels
  • assurance hospitalisation
  • Diminution de prix ou rabais
  • tablette
  • pc
  • internet
  • warrants
  • chèques-repas
  • éco-chèques
  • chèques sport et culture
  • cadeaux
  • prime d'ancienneté
  • prime à l'innovation
  • jours de congé

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