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Les congés thématiques séduisent toujours plus

Les congés thématiques pour s’occuper d’un enfant, d’un membre de sa famille malade ou d’un patient en soins palliatifs sont de plus en plus utilisés, alors que le nombre de crédits-temps diminue.
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©Photo News

Si les travailleurs font moins appel au crédit-temps qu’avant, ils ne travaillent pas pour autant davantage à plein-temps. De fait, selon une étude menée par le fournisseur de services RH Acerta, la baisse du nombre de crédits-temps entre 2013 et 2016 (-10%) a été compensée sur la même période par une hausse des congés thématiques, que ce soit le congé parental (+ 15% sur la période) ou les congés thématiques pour s’occuper d’un membre de la famille gravement malade ou pour accompagner un patient en soins palliatifs (qui ont presque doublé).

"Les congés thématiques sont plus absolus que les crédits-temps. L’employeur peut difficilement les refuser."
amandine boseret
juriste chez acerta

Les conditions pour obtenir un crédit-temps se sont durcies à plusieurs niveaux: suppression de l’indemnisation de l’Onem pour les crédits-temps sans motifs (et puis suppression pure et simple de ce type de crédit-temps), conditions renforcées pour pouvoir bénéficier d’un crédit-temps pour s’occuper d’un membre de sa famille gravement malade, etc.

Les travailleurs se sont donc tournés davantage vers les congés thématiques qui sont, comme l’explique Amandine Boseret, juriste chez Acerta, "plus absolus que les crédits-temps. L’employeur peut difficilement le refuser, alors qu’il peut plus facilement refuser un crédit-temps". Or, ils ont globalement les mêmes buts: s’occuper d’un enfant, d’une personne de sa famille gravement malade ou accompagner un patient en soins palliatifs.

Sans limite

Par ailleurs, le crédit-temps est limité à 51 mois sur une carrière, tandis que le congé thématique n’est pas limité. "Si vous avez par exemple quatre enfants, vous pouvez prendre quatre fois quatre mois de congé thématique", poursuit-elle.

25%
25%, c'est l'augmentation du nombre d'hommes ayant pris un congé parental entre 2013 et 2016.

C’est aussi l’une des conclusions de l’étude d’Acerta, menée auprès de 40.000 employeurs: les hommes sont de plus en plus nombreux à prendre un congé parental. Entre 2013 et 2016, leur nombre a augmenté de 25%, tandis que la tendance reste stable chez les femmes. Ils choisissent en priorité le congé parental à temps partiel.

Ils devraient à l’avenir être de plus en plus nombreux, surtout quand les travailleurs pourront opter pour un congé parental de 1/10 de temps. La proposition de loi du ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V) qui instaure cette possibilité a déjà été votée en commission parlementaire et doit encore être votée en plénière. La date n’est pas encore connue. Ce "mini-congé" parental a des chances de séduire un grand nombre d’employées et d’employés, étant donné son impact réduit sur le salaire et la vie professionnelle.

Epargne-carrière ?

L’employé pourrait, dans le cadre des accords avec son employeur, accumuler chaque année un certain nombre de jours de vacances en tant qu’avantages extralégaux.

Le principe selon lequel les travailleurs pourront à l’avenir épargner du temps qu’ils récupéreront plus tard dans leur carrière en temps que congés payés se développe aussi avec la loi relative au travail faisable.

L’employé pourrait, dans le cadre des accords avec son employeur, accumuler chaque année un certain nombre de jours de vacances en tant qu’avantages extralégaux. Le système permettrait même d’"épargner" les jours de vacances économisés au fil des années, et ce auprès de plusieurs employeurs.

Pas pour tout de suite

"Les partenaires sociaux disposent désormais donc jusqu’au 31 janvier 2018 pour développer un cadre réglementaire".
Amandine Boseret
Juriste chez Acerta

Mais ce n’est pas pour demain. En effet, comme l’explique Amandine Boseret, "les partenaires sociaux du Conseil national du travail (CNT) avaient six mois pour développer le concept d’épargne-carrière et les règles qui l’encadrent. Ce délai pouvait toutefois être prolongé de six mois si le CNT ne trouvait pas d’accord dans les temps. Les partenaires sociaux ont utilisé cette option pour se donner plus de temps. Ils disposent désormais donc jusqu’au 31 janvier 2018 pour développer un cadre réglementaire".

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