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Les travailleurs boudent le congé-éducation payé

©Frédéric Pauwels / HUMA

En baisse depuis 2014, le pourcentage de travailleurs bénéficiant du système de congé-éducation payé était de 1,9% en 2018, avec toutefois des différences régionales.

Toujours pas de rebond pour le recours au congé-éducation payé (CEP). En baisse depuis 2014, le pourcentage de travailleurs bénéficiant de ce système de formation rémunérée était de 1,9% en 2018 selon les chiffres de la société Acerta. "Cela ne signifie pas nécessairement que les travailleurs ne se recyclent pas ou ne veulent pas se recycler, mais il semble qu’ils le fassent rarement au moyen de ce système", tempère Laura Couchard, juriste chez le prestataire de services en ressources humaines.

"Cela ne signifie pas que les travailleurs ne veulent pas se recycler."
Laura Couchard
Juriste chez Acerta

Demandé à l’initiative de l’employé, ce CEP s’effectue en réalité sur des heures de congé supplémentaires pour un total de 120 heures maximum. Or la moyenne pour l’année passée était de 51 heures, supérieure au minimum imposé de 32 heures, mais bien loin du plafond autorisé.

Interrogée sur les raisons de ce manque de succès, notre juriste évoque la "technicité du régime" comme frein principal. Mais pointe aussi du doigt le "manque de publicité" pour le système, qui reste relativement peu connu des entreprises elles-mêmes. Et si dans certaines, l’offre de formations est très variée, la liste établie est très fermée dans d’autres sociétés, freinant l’intérêt des travailleurs.

D’autant que le CEP n’a de congé que le nom. Certaines formations demandent aux travailleurs une solide quantité d’énergie, mais aussi et surtout la possibilité de mettre en pause leur planning de travail, le temps de leur apprentissage.

Différences régionales

En Wallonie, ils sont à peine 1% à profiter de la formule. "Il y a beaucoup plus de petites entreprises au sud du pays. Alors, si un ou deux travailleurs s’absentent pour une formation rémunérée, cela devient fort compliqué à gérer", selon la juriste d’Acerta.

Bruxelles fait un peu mieux, avec 1,4%. La Flandre, à 2%, profite quant à elle de la régionalisation du congé éducation pour lancer le 1er septembre un Vlaams Opleidingsverlof (VOV). Une version flamande 2.0 du CEP qui mettra l’accent sur les métiers en pénurie, la digitalisation et la simplification système.

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