Nos PME de plus en plus généreuses en bonus

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Les entreprises octroient de plus en plus d’avantages collectifs sous la forme d’une prime bénéficiaire ou d’un bonus salarial. C’est peu taxé et simple à mettre en œuvre.

Les formules de rémunération variable rencontrent de plus en plus de succès auprès des entreprises. Instaurée voici un an, la prime bénéficiaire séduit d’emblée, tandis que le bonus salarial collectif, qui existe depuis dix ans déjà, a continué sa progression l’an dernier. C’est ce que montrent les chiffres de SD Worx, fournisseur de services RH.

744,21
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Sur l’échantillon traité par SD Worx, un collaborateur reçoit en moyenne 920,54 euros brut. Le travailleur, lui, conserve 744,21 euros en net.

Depuis début 2018, les employeurs disposent d’un instrument supplémentaire pour octroyer une rémunération variable aux travailleurs: la prime bénéficiaire. Elle rentre dans le cadre du régime de la loi du 22 mai 2001 sur la participation bénéficiaire des travailleurs mais elle est plus simple à mettre en œuvre. Il suffit de la faire approuver par l’assemblée générale des actionnaires de l’entreprise.

Après un an, 235 employeurs affiliés à SD Worx offrent une prime bénéficiaire à 12.057 collaborateurs. SD Worx représente environ un tiers du marché, ce qui donne une idée de l’impact global de la mesure.

Ce sont surtout les PME qui se montrent intéressées. Plus de la moitié des employeurs qui ont souscrit au dispositif (55%) ont moins de 10 travailleurs et 41% en ont même moins de cinq.

Sur l’échantillon traité par SD Worx, un collaborateur reçoit en moyenne 920,54 euros brut. Le travailleur, lui, conserve 744,21 euros en net.

Fiscalement avantageux

Pendant ce temps, le bonus salarial collectif, qui rentre dans le cadre de la CCT 90 et qui a dix ans de plus, continue de progresser. Par rapport à la prime bénéficiaire, on dénombre chez SD Worx dix fois plus d’employeurs qui y ont recours: 2.502. C’est 7% d’employeurs en plus par rapport à 2017. Le nombre de travailleurs bénéficiaires avoisine les 180.000, soit 15% de plus en un an.

Ces deux dispositifs sont exclus de la norme salariale.

Toujours sur l’échantillon de SD Worx, un collaborateur reçoit un montant brut moyen de 1.039,79 euros, ce qui revient à 903,89 euros en net.

Si la prime bénéficiaire est la plus populaire auprès des PME de 10 travailleurs, le bonus salarial collectif séduit également les plus grandes PME, celles qui comptent de 20 à 49 travailleurs.

Ces deux dispositifs viennent s’ajouter au bonus individuel classique. Ils permettent de récompenser la réalisation d’objectifs collectifs. De plus, ces mesures sont exclues de la norme salariale. "Pour les PME, c’est l’instrument idéal pour faire participer tous les collaborateurs aux objectifs de l’entreprise et leur octroyer une récompense supplémentaire pour la croissance atteinte ensemble", explique Vassilios Skarlidis, manager régional PME chez SD Worx.

Ces deux dispositifs sont fiscalement avantageux. Pour la prime bénéficiaire, le travailleur ne paie que 13,07% de cotisation ONSS. À cela s’ajoutent 7% de précompte mobilier. Au final, sur un montant brut de 1.000 euros, il conservera 808,45 euros. Ce qui est plus qu’avec un salaire, un bonus individuel, voire même un avantage en nature.

Dans le cas du bonus salarial collectif CCT 90, le travailleur paie également 13,07% d’ONSS. Mais il ne paie pas de précompte mobilier. Sur un montant de 1.000 euros brut, il conservera 869,3 euros en net.

Dans les deux cas, c’est nettement plus intéressant que le bonus individuel classique ou l’avantage en nature.

Dans les deux cas, c’est nettement plus intéressant que le bonus individuel classique ou l’avantage en nature. Ceux-ci sont taxés à l’ONSS (13,07%) et précomptés à hauteur de 35%. Ce qui, sur une enveloppe brute de 1.000 euros ne laisse plus que 565 euros dans la poche du travailleur.

Attention toutefois: pour l’employeur, ces 1.000 euros de prime bénéficiaire coûtent en réalité 1.295,80 euros, car il s’agit d’une dépense non admise, qui ne peut donc être déduite au titre de frais de personnel. Il faut dès lors y ajouter l’impôt des sociétés, qui s’élève à 29,58%. Quant au bonus salarial collectif CCT 90, il est soumis à une cotisation patronale de sécurité sociale de 33%.

Dernière différence entre les deux dispositifs: le bonus salarial collectif est plafonné à 3.383 euros par an; la prime bénéficiaire, elle, ne peut dépasser 30% de la masse salariale totale.

D’après SD Worx, il reste une importante marge de progression, car la prime bénéficiaire n’est pas encore connue de tous. Et certaines entreprises n’ont pas encore effectué le versement pour 2018.

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