Où les touristes belges gagnent-ils au change?

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Les Belges ont boudé les vacances de neige en début d’année, mais les premiers résultats de l’été indiquent une hausse importante vers les pays où la monnaie a chuté.

Brussels Airlines a sans doute eu le nez creux en rouvrant sa destination Saint-Pétersbourg: le nombre des déplacements des Belges vers la Russie a augmenté de 175% entre le 15 janvier dernier et le 25 août, ont constaté les voyagistes. Pour ceux-ci, cela s’explique facilement: la chute de 55% du rouble par rapport à l’euro depuis le début de l’année a immédiatement rendu la vie en Russie plus attractive.

C’est ce qu’explique Frank Bosteels, product manager chez Connections: "Les repas, les boissons et le shopping sont devenus très bon marché; ajoutez à cela que le logement est devenu moins onéreux et qu’il est désormais plus abordable de multiplier visites, excursions et activités diverses."Bosteels constate du reste que les hausses les plus spectaculaires ont justement eu lieu dans les pays où la monnaie a connu un recul par rapport à l’euro.

©Danie De Wet

C’est le cas de l’Afrique du Sud (recul de 25% du rand) où la hausse a été de 105%. Progression tout aussi forte en Thaïlande (-21% pour le bath), progression de presque 50% (l’attentat de Bangkok a sans doute eu lieu trop tard pour enregistrer des annulations).

36,8%
La France reste en tête des destinations "neige" sur le marché belge avec 36,8%, devant l’Autriche (31,8%), l’Italie (11,4%) et la Suisse (9,8%).

Le dollar canadien a accusé un recul de 18% et le nombre de Belges vers le Canada a crû de 18% aussi. Enfin, une constatation remarquable: le Japon, toujours considéré comme une destination assez chère, a enregistré une belle croissance de 30%, en dépit d’une petite différence de change du yen de 10%. Voilà qui est de bon augure avant l’arrivée d’All Nippon Airways le 25 octobre.

Ce qui étonne le plus les observateurs attentifs est que la hausse de fréquentation dans ces pays n’a pas fait l’objet de promotions spécifiques, comme le relève Frank Bosteels: "Nous n’avons pas fait de publicité particulière pour les pays bon marché. Ce sont les clients eux-mêmes qui ont pris l’initiative. Le voyageur belge a toujours eu du flair pour les bonnes occasions." Il s’est sans doute dit que le caviar étant à moitié prix, ça valait sans doute la peine d’aller visiter l’Ermitage…

Skier ou épargner?

À l’analyse des chiffres du bureau flamand WES, si les chiffres de l’été ont montré des progressions dans certains pays, les vacances d’hiver ont été nettement moins favorables au secteur. Il faut dire que tout dépend des prix des séjours et donc du calendrier scolaire. Si les Belges prennent leurs vacances en même temps que les Français, alors, c’est fichu: les prix des vacances seront vertigineux. Il n’est pas rare de voir des forfaits remonte-pentes à 250 euros pour six jours.

Ainsi, d’après le WES, le nombre de séjours à la neige est passé de 832.000 il y a deux ans à 640.000 cette année, soit une diminution de 25%. Selon la revue professionnelle "Travel Magazine", la dernière saison record était celle de 2008-2009 (les vacances n’avaient pas pu être annulées à cause de la crise financière) avec 886.000 séjours. Depuis lors, soit les Belges préfèrent épargner plutôt que de prendre de"deuxièmes vacances", suggère "Travel Magazine", soit ils privilégient les destinations ensoleillées à la mer nettement moins chères que celles à la montagne. En moyenne, le vacancier belge dépense 769 euros pour un séjour à la neige.

La France en tête pour le ski

Toujours selon le WES, la France reste en tête sur le marché belge avec 36,8%, quoiqu’en recul par rapport à la saison précédente (49,8%). L’Autriche se trouve en deuxième place avec 31,8% (au lieu de 26,4%). Suivent l’Italie (11,4%) et la Suisse (9,8%).

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