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Petite idée deviendra grande: l'aventure start up

Les success stories ne tombent pas du ciel. Pour lancer une start-up, avoir une bonne idée est naturellement la base. Mais cela ne suffit pas. Il faut pouvoir la protéger, s’entourer des bonnes personnes pour la développer, trouver les partenaires qui seront prêts à financer son développement…
©Tine

Il y a quelques semaines, un jeune entrepreneur belge, Jeremy Le Van, est sorti de l’ombre lorsque Microsoft a annoncé le rachat de son application Sunrise – qu’il a développée avec un ami – pour 100 millions de dollars. Une vraie success story, comme l’est aussi celle de Xavier Damann, le Belge qui a eu l’idée de Storify et qui a vendu sa start-up à Livefyre en 2013.

Baignés dans ces histoires à fort retentissement médiatique, les jeunes mordus de technologie ont plus que jamais soif de réussite. Comme l’explique Bruno Wattenbergh, directeur d’Impulse et professeur à la Solvay Business School, "toutes ces histoires sont merveilleusement inspirantes pour pousser les jeunes geeks à ne pas aller travailler dans la grande entreprise avec la voiture de fonction, les tickets repas et l’assurance groupe, mais plutôt au contraire à aller manger de la vache enragée dans une startup! Et ils ont raison, que cela réussisse et qu’ils deviennent riches, ou que cela rate et qu’ils aient vécu une aventure extrêmement formatrice!" Mais petite idée ne devient pas grande en un coup de baguette magique… Voici quelques conseils pour la concrétiser.

Gardez bien le secret!

Vous en êtes là. Vous avez cette idée, l’idée du siècle peut-être? Une nouvelle application, une nouvelle plateforme, un nouveau réseau communautaire, le projet d’une start-up technologique. Votre premier réflexe?

Surtout, gardez votre idée bien précieusement… pour vous. C’est exactement ce qu’il faut faire, selon l’avocat spécialisé en droit d’auteur, Eric Jooris. "Les idées et les concepts en tant que tels ne sont pas protégeables. Vous devez dès lors doser ce que vous divulguez et à quel moment vous le faites. Le mieux est de garder votre secret aussi longtemps que possible", explique-t-il.

Lorsque votre idée sera un peu plus concrète, vous devrez par contre sûrement en parler à de futurs partenaires, des développeurs, des financiers. "À ce stade, même s’il n’est pas toujours possible en pratique de le faire signer par votre interlocuteur, il faut toujours essayer de conclure un accord de confidentialité", poursuit-il. Ce document l’engage en effet à respecter la confidentialité de votre projet. Pour être parfait, ce document doit également comprendre un engagement de non-concurrence, qui interdit à votre (éventuel) futur partenaire d’exploiter votre projet à son profit.

Ensuite, une fois le projet concrétisé et mis en forme, la meilleure protection réside dans le droit d’auteur, tout simplement. "Il protège votre code logiciel, l’interface, l’architecture de votre application ou de votre site, si ces créations sont originales, mais pas les fonctionnalités", explique Eric Jooris. Il n’y a donc aucune formalité à faire. Pour étayer votre dossier en cas de litige, il serait aussi opportun de donner une date certaine à vos idées. "En cas de litige, le fait d’être le premier n’est pas relevant, mais cela peut aider", poursuit-il. La plupart du temps, des mails ou la date de création d’un document sur un ordinateur peuvent prouver la date à laquelle l’idée a été formulée. Pour plus de sécurité, il est possible d’effectuer un i-dépôt en ligne auprès d’un organisme officiel. S’il n’octroie aucune protection, il donne une date incontestable aux documents, et cela à moindre frais.

Par ailleurs, déposer une marque est une manière de protéger indirectement un projet. "Un concurrent ne pourra pas utiliser un signe similaire s’il cherche à faire un projet qui ressemble au vôtre. Comme déposer une marque implique qu’elle n’existe pas encore, la choisir soigneusement vous obligera à vérifier les antériorités, ce qui vous évitera de changer de nom en cours de route", conclut-il.

Ne pas lâcher son boulot trop rapidement

Souvent, les entrepreneurs qui concrétisent une idée exerçaient déjà une activité professionnelle. C’est le cas des trois fondateurs de Levelapp, une entreprise qui développe des apps, dont la très populaire Infos Radars. "Pendant deux ans, nous avons tout réalisé en extraprofessionnel, donc le soir et le week-end, en plus de notre activité professionnelle. C’est une approche très suivie par les gens qui démarrent. Cela nous a permis de garder l’argent pour notre lancement officiel. Pour lancer une entreprise comme la nôtre, avec trois personnes à l’origine, nous avions besoin de 40.000 euros", explique John Van Lierde, managing partner de Levelapp. Cela permet naturellement de rassembler des fonds, mais aussi de tester la validité du projet en se laissant la possibilité de l’abandonner en cours de route…

Par ailleurs, comme le rappelle Bruno Wattenbergh, il ne faut certainement pas envisager de créer une société dès le départ. "Il faut d’abord passer par les étapes business modèles, business plan, plan financier, trouver ensuite le financement et alors seulement envisager de créer une entreprise. Tout dépend de l’envergure du projet. S’il s’agit d’une activité simple où l’on vend ses compétences, mieux vaut démarrer en indépendant en personne physique. Si le projet nécessite des investissements, il faut envisager de créer une société. Ce type de choix se discute avec son professionnel comptable".

Trouver un financement

Dès le début de l’aventure, l’argent aura un peu droit de vie et de mort sur votre projet, sauf si vous commencez en personne physique et que vous louez vos compétences. Dès que vous envisagez de créer une société, "vous allez devoir vous engager à capitaliser la société à concurrence d’un montant défini par la loi et vous allez devoir libérer une partie de ce capital, rappelle Bruno Wattenbergh. De toutes les manières, vous allez d’abord devoir estimer vos besoins de financement grâce à la rédaction d’un plan financier. Et sur cette base, vous déterminerez, combien de fonds propres vous allez devoir investir, combien d’argent vous devrez emprunter, combien d’argent vous devrez éventuellement trouver auprès d’investisseurs".

Quelles sont les différentes sources de financement?

• Les fonds propres

• Les "3F": les Friends (amis), Family (famille) et Fools (les originaux téméraires).

• La banque

• Les investisseurs (business angels, crowdfunding).

• Les initiatives publiques existantes (SRIB, Sowalfin, Crédal)

Bien s’entourer

Avoir une idée ne veut pas forcément dire avoir les capacités techniques de la réaliser, ni la vision business pour la développer. La plupart du temps, l’entrepreneur aura donc besoin de s’entourer de collaborateurs pour lancer son projet. Le problème, c’est qu’une start-up est par définition un business en développement… qui n’a pas les moyens de rémunérer ses employés de la même manière que le ferait une entreprise bien établie et qui n’offre clairement pas la même sécurité. "Il est extrêmement difficile d’attirer des talents dans les start-ups, constate ainsi Bruno Wattenbergh. En général ils sont attirés par des grandes entreprises et les avantages qui accompagnent ce type de fonctions. Mais il y a des communautés comme par exemple le Beta-Groupe ou Costation, ou encore le Microsoft Innovation Center, de petits écosystèmes où il y a des développeurs, de jeunes geeks intéressés par la création d’entreprise. Ils sont souvent prêts à prendre des risques, à sauter dans des startups et à espérer les voir décoller", conclut-il.

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