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Pour éviter la faillite, renforcez vos compétences en gestion

Certains attribuent le nombre record de faillites à la crise et au resserrement des conditions d’octroi du crédit. Et si elles traduisaient aussi un manque de compétences en gestion?

(mon argent) – Après 10 mois de hausse continue sur base annuelle, le nombre de faillites enregistré en Belgique connaît enfin une accalmie. Au mois de novembre, 845 entreprises ont dû mettre la clé sous le paillasson, soit 55 de moins (-6,1%) qu'un an plus tôt, selon Graydon Belgium.

Il est toutefois prématuré d'évoquer un renversement de tendance, estime le bureau d’études, même si les pertes d'emploi consécutives à des faillites sont également en diminution par rapport à novembre 2009. Eric Vanden Broul, responsable de la recherche chez Graydon, a déclaré sur les ondes de La Première qu'il est "prématuré de parler d’un changement de tendance. Cette baisse continuera mais pas à un point tel que l’on puisse parler d’une diminution fondamentale".

Crise et octroi de crédits

En effet, depuis le début de cette année, 9.160 entreprises ont été déclarées en faillite, soit 5% de plus qu'au cours de la même période de 2009. Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation. D'abord, le contexte économique difficile de ces deux dernières années. Les entrepreneurs ont aussi dû faire face à des problèmes de trésorerie cumulés à une dégradation des conditions d’octroi sur les nouveaux crédits de caisse ou lignes de crédit court terme.

Selon le "Baromètre de l’accès des petites entreprises au financement", publié par le Centre de Connaissance du Financement des PME (CeFiP), "il y a une forte corrélation entre les entrepreneurs qui ont des difficultés à obtenir un nouveau crédit de caisse et ceux dont la liquidité est en diminution au sortir de la crise. De même, ceux qui possèdent des liquidités en augmentation ont moins de difficultés à obtenir un nouveau crédit de caisse". Selon Frédéric Lernoux, administrateur délégué du CefiP, l’adage selon lequel "on ne prête qu’aux riches" est une fois de plus confirmé.

Febelfin, la Fédération belge du secteur financier, réfute clairement ces propos. "Il faut sortir de ce cliché", répète Michel Vermaerke, administrateur délégué de Febelfin. "A la fin du mois de septembre, le volume total des crédits octroyés atteignait 111 milliards d’euros, soit un nouveau sommet historique. Entre juin 2009 et septembre 2010, les petites entreprises ont obtenu 3 milliards d’euros en plus. C’est d’ailleurs surtout dans le domaine du crédit aux petites entreprises que l’encours a connu une réelle croissance", affirme-t-il.

Absence de compétences

Enfin, la hausse du nombre de faillites est aussi imputable au manque de compétences en gestion des entrepreneurs, selon Olivier Kahn, responsable du Centre pour Entreprises en Difficultés (CED). "Beaucoup d’entreprises ont des problèmes de trésorerie non pas à cause de la conjoncture mais bien à cause d’un mauvais recouvrement de créance, d’une facturation trop lente ou d’un oubli de certains éléments dans la facturation. La baisse du chiffre d’affaires d’une entreprise n’est donc pas seulement imputable à la crise. Des problèmes de qualité ou de rapidité d’exécution au sein de l’entreprise peuvent amener certains clients à aller voir ailleurs", a-t-il expliqué sur La Première.

Les lacunes en gestion ont déjà été mises en exergue par une étude conjointe du Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI) et du goupe de services RH Securex. 11 questions à choix multiple ont été posées aux indépendants débutants pour vérifier leurs connaissances entrepreneuriales. Par exemple, "qu’est-ce qu’une note de crédit?", "combien de charges sociales un indépendant paie-t-il?", "comment choisir un nom pour son commerce?". Le note moyenne obtenue était de 5,96 sur 10.

Pourtant, avant de pouvoir exercer une profession d’indépendant et s’inscrire à la banque carrefour des entreprises, il faut fournir une preuve de connaissances de base en gestion. Mais celle-ci semblerait être insuffisante pour assurer la bonne gestion d’une entreprise. Le SNI et Securex plaident donc pour formation entrepreneuriale continue.

Où pouvez-vous vous former?
  • Pour les francophones: l'EFP (Espace Formation PME) à Bruxelles et l'IFAPME (Institut wallon de formation en alternance et des indépendants et petites et moyennes entreprises) en Wallonie proposent des formations de chef d'entreprise et des formations continues à destination des travailleurs et dirigeants.
  • Pour les néerlandophones: SYNTRA (Het Vlaams Agentschap voor Ondernemersvorming) assure la formation des indépendants, des collaborateurs de PME et des chefs d'entreprise.
  • Pour les germanophones: l'IAWM (Institut für Aus- und Weiterbildung im Mittelstand und in kleinen und mittleren Unternehmen) assure la formation en alternance dans plus de 50 métiers. Il propose des formations de chef d'entreprise et des formations continues à destination des travailleurs qualifiés et indépendants.

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