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Avez-vous intérêt à participer à un plan cafétéria?

De plus en plus d’employeurs proposent une rémunération flexible qui permet d’obtenir un vélo, une assurance santé, des jours de congé, etc.
©Shuttertsock

Le plan cafétéria est un concept — budgétairement neutre pour l’employeur — qui consiste à laisser les employés constituer eux-mêmes leur package salarial sur la base de leurs besoins et de leurs préférences. Ces besoins peuvent varier selon la situation familiale (par exemple des congés supplémentaires), le cycle de vie du travailleur (épargne-pension) ou la problématique de mobilité (vélo électrique).

Grâce au plan cafétéria, un travailleur peut par exemple "échanger" des jours de congés extralégaux contre un budget destiné à l'acquisition d’un vélo à assistance électrique.

Grâce à un plan cafétéria, un employé peut par exemple "échanger" des jours de congés extralégaux (parce qu’il estime qu’il en a assez) contre un budget qui sera entièrement consacré à l’acquisition d’un vélo à assistance électrique.

Attention, ce n’est pas parce qu’une entreprise dispose d’un plan cafétéria que ce type d’échange est d’office possible. Les éléments pouvant effectivement être échangés et la mesure dans laquelle certains avantages peuvent être convertis diffèrent d’une entreprise à l’autre. Tout cela varie selon le secteur d’activité (commission paritaire) dans lequel l’entreprise opère et dépend de la législation en général.

Top 10 des avantages « plan cafétéria » les plus populaires

Top 10 des avantages «plan cafétéria» les plus populaires
AvantagesPart des travailleurs en 2020
1. Jours de congé supplémentaires48,03%
2. Epargne-pension38,79%
3. Voiture32,24%
4. Assurance hospitalisation pour la famille24,39%
5. Appareils/multimédias17,76%
6. Vélo ou indemnité vélo17,40%
7. Assurance complémentaire santé15,17%
8. Transport Public (y compris le train)11,51%
9. Carte carburant/budget10,03%
10. Internet8,4%

Treizième mois

Comme un bon exemple vaut toujours mieux qu’un long discours, prenons le cas d’une entreprise qui appartient à la CP 200 (la commission paritaire auxiliaire pour employés) et d’un travailleur qui souhaite obtenir un vélo (et qui dispose d’un salaire brut de 3.800 euros).

Pour que cette acquisition puisse se faire via un plan cafétéria, il faut "libérer du budget", mais sans toucher à la rémunération ou aux jours de congés légaux de ce travailleur, car c’est tout simplement illégal.

Un plan cafétéria n'impacte pas le salaire et les jours de congés légaux d'un travailleur.

Ce budget peut s’acquérir en convertissant d’autres avantages. Par exemple, le bonus, des jours de congés extralégaux ou la prime de fin d’année (également appelée le treizième mois).

Où est le gain? Prenons le cas de cette prime de fin d’année justement. Il s’agit d’un avantage salarial intéressant aux yeux de nombreux Belges. Pourtant, ce treizième mois est très lourdement taxé. Il pourrait dont être intéressant de l’échanger contre un autre avantage (qui permettrait d’une certaine manière d’augmenter le pouvoir d’achat du travailleur).

En effet, imaginons que ce travailleur souhaite disposer d’un speed pedelec pour ses déplacements domicile-lieu de travail et privés, c’est-à-dire, un vélo à assistance électrique qui coûte entre 4.000 et 5.000 euros. A-t-il intérêt à le financer avec son treizième mois ou avec un plan cafétéria ?

Si cet employé décide de financer son vélo lui-même avec le cash de sa prime de fin d’année, son budget sera de 1.580 euros, ce qui est juste suffisant pour acquérir un "bon" vélo à assistance électrique (c’est-à-dire dont l’assistance électrique va jusqu’à 25 km/h alors qu’elle monte jusqu’à 45 km/h avec un speed pedelec).

Par contre s’il décide de financer son vélo via le plan cafétéria proposé par son entreprise, son pouvoir d’achat sera plus élevé vu que sa prime de fin d’année, correspondra dans ce cas précis au coût total du treizième mois pour l’employeur: le montant brut du salaire augmenté des cotisations patronales — 25% — soit un total de 4.750 euros.

Avec ce montant, il peut non seulement opter pour un speed pedelec, mais aussi pour d’autres avantages, vu qu’il s’agira d’un leasing (de 3 ou 4 ans). Comme pour une voiture de société, ce leasing peut inclure un contrat d’assurance, un contrat d’entretien et un contrat d’assistance pendant toute sa durée. Une option d’achat est aussi généralement prévue en fin de leasing. Ceci dit, si le travailleur estime que son budget est suffisant cette année, il peut réaliser un paiement unique.

Il n'ya aucune obligation de participer chaque année à un plan cafétéria.

Dans ce cas, l’année suivante, il pourra décider de ne plus participer au plan cafétéria et récupérer ainsi sa prime de fin d’année en cash (ou dédier cette somme à d’autres avantages en fonction de ce que lui proposera son entreprise). Notez qu’il n’y a aucune obligation de participer à un plan cafétéria chaque année.

Il peut aussi consacrer des montants moins élevés à l’acquisition de son vélo. Par exemple, en gardant la moitié de son treizième mois en cash et en consacrant l’autre moitié au plan cafétéria (c’est parfois même une obligation dans certaines entreprises). De nombreuses solutions sont envisageables.

Une voiture plus "petite"?

Autre exemple: prenons le cas d'un navetteur qui dispose d'une voiture de société, qui veut absolument la garder mais qui souhaite aussi avoir accès à d’autres solutions de mobilité. Dans ce cas, le plan cafétéria est également un atout.

Imaginons que ce navetteur n’a pas d’autre choix que de prendre sa voiture pour se rendre à Bruxelles (car il habite à 50 km dans une zone mal desservie en transports en commun) et qui est systématiquement coincé dans les bouchons à environ 5 km de son bureau. Dans ce cas, il pourrait se garer avant les embouteillages et parcourir les quelques kilomètres qui lui restent avec le vélo pliable qui est dans son coffre ou en prenant les transports en commun.

Pour libérér du budget nécessaire au plan cafétéria, un travailleur peut accepter un déclassement de sa voiture de société.

Si son employeur dispose d’un plan cafétéria, ce travailleur peut financer ce vélo et d’autres solutions de mobilité en libérant du budget à cet effet. Soit en renonçant à une partie de son bonus ou de sa prime de fin d’année. Soit en renonçant à quelques jours de congé extralégaux.

Ou tout simplement en acceptant un "downgrade" de son budget voiture, c’est-à-dire un déclassement. Au lieu d’avoir une voiture d’un budget de 510 euros/mois, il accepte de prendre une voiture d’un budget de 475 euros/mois.

Quels que soient les choix des travailleurs en matière de plan cafétéria, ils sont, au même titre que les employeurs, concernés par la neutralité budgétaire de ce concept.

Selon les choix opérés par un travailleur et s’il lui reste encore un solde à la fin, il pourra toujours se le faire payer en cash par l’employeur. Rien ne se perd donc, tout se transforme.

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