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Toutes ces heures "supp" impayées

Rentrer chez soi, un dossier sous le bras, voilà une habitude qu'ont pris la moitié des Belges et ce sans la moindre compensation. Plus insidieux encore, pensez ces appels professionnels que vous recevez en soirée ou à ces mails que vous consultez avant de vous coucher. Et si vous réclamiez une petite compensation salariale pour ces "extras"?

(mon argent) - Si le Belge a une brique de le ventre, il a aussi une tonne de boulot par-dessus la tête. Bon nombre d’employés reconnaissent prester couramment des heures supplémentaires. Quant aux employeurs, ils ont plutôt tendance à encourager ces comportements. Pourtant, seul un Belge sur trois reçoit une compensation financière ou des jours de congés en échange de ses loyaux services. Apparemment, la politique managériale nous a conditionné au point que l'on ne puisse plus réprimer ces habitudes. Evoquons ces petits réflexes du métier pour lesquels on n'est pas rétribués.

Bourreaux des bureaux

Si l’on dit des fonctionnaires qu’ils sont un petit peu comme les livres d'une bibliothèque (les plus hauts placés sont ceux qui servent le moins), sachez que l’intrusion du travail à domicile est souvent proportionnelle au niveau d’études ou de responsabilités. Professions libérales en tête. Ces interférences entre la vie professionnelle et la vie privée ont été renforcées par les progrès technologiques. Il est loin le temps où on transbahutait les chariots de dossiers en semi-remorque. Il suffit désormais d’allumer son laptop pour déplacer son bureau de son lieu de travail à son domicile. La multiplication des moyens de communication a rendu votre bulle privée perméable à la sphère professionnelle.

Omniprésence

Aujourd’hui, où que vous vous trouviez, n'importe qui est en mesure de vous joindre et donc, de vous déranger. Rien ne vous oblige pourtant à décrocher en dehors des heures de bureau. En pratique, évidemment, c'est moins simple. Votre télé-disponibilité a même peut-être été encouragée, pour ne pas dire achetée, par certains avantages en nature: l’abonnement téléphonique payé par l'employeur ou le smartphone de fonction. Mais du point de vue du travailleur, la subtilité réside dans l'absence d'astreinte officielle. Après vos heures légales, vous évoluez dans la télé-disponibilité, flou juridique.

"Tsunamails"

Certains se dédouanent moralement en expliquant qu’ils trient leurs mails professionnels pour ne pas être submergés pendant les heures de bureau. Pourtant, une fois chez vous, vous pouvez a priori surfer sur vos sites favoris sans risquer de conséquences disciplinaires. Une sanction pour non consultation de vos mails professionnels risque de ne pas faire le poids face un conseil des prud'hommes. Sauf dans le cas, rare et peu probable, où il pourrait être démontré que cela porte un lourd préjudice à votre entreprise.

Sursalaire

Votre employeur est obligé de vous octroyer un sursalaire ou une rémunération en contrepartie de vos heures supplémentaires. Ce sursalaire s'élève à 50% du salaire ordinaire, mais peut atteindre 100% pour les heures supplémentaires effectuées le dimanche, les jours fériés ou les jours de remplacement de jours fériés.

Ne vous précipitez toutefois pas dans le bureau de votre boss. Pour valoriser le temps que vous passez en télé-disponibilité, il faudra préalablement résoudre un problème connexe: quantifier les intrusions de votre vie professionnelle dans votre vie privée.

Extrêmes limites

Quoiqu’il en soit, remémorez-vous les limites fixées par la loi. En tant que travailleur, vous ne pouvez ni prester plus de 50 heures par semaine, ni effectuer plus de 11 heures par jour. Exception fait des travaux organisés en continu pour des raisons techniques ou de force majeure.

Limites internes

Pour décourager le cumul illimité des heures supplémentaires, le législateur a instauré une limite au cœur des limites. La limite interne s’élève ainsi à 65 heures. Au-delà, il est interdit à l’employé de travailler tant qu’il n’a pas bénéficié d’un repos compensatoire.

A l’intérieur de cette limitation interne, un arrêté royal autorise une énième limite, un maximum de 130 heures dans certains cas spécifiques. Tout cela dépend d’une procédure de négociation organisée en cascade. La limite est en effet  discutée au niveau sectoriel puis, si elle fait l’objet de désaccords, au niveau de l'entreprise.

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