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Travailler de 9 à 17 heures, c'est dépassé

©Photo News

Les horaires flexibles sont acceptés par 6 employeurs sur 10, pourvu que les objectifs soient atteints. Seule une entreprise sur 10 contrôle encore les présences.

Travailler de 9 heures à 17 heures n’est plus la norme absolue et les employeurs ne sont plus à cheval sur les horaires de travail. "Tant que le travail est fait": voilà le nouveau mot d’ordre des entreprises. C’est ce qui ressort d’une enquête d’Acerta, entreprise de services en ressources humaines.

Près de deux tiers des employeurs (63%) permettent à certaines catégories de travailleurs de déterminer eux-mêmes leur temps de travail exact en fonction de la charge de travail. Si cela signifie que le personnel travaille plus ou moins d’une semaine à l’autre, 62% des employeurs n’y voient pas d’inconvénient. En d’autres termes, la majorité des employeurs se concentre davantage sur le travail qui doit être fait que sur le moment précis où celui-ci doit être fait. Pourvu qu’il soit fait à temps.

"Les employeurs doivent prévoir un cadre juridique."
olivier marcq
juriste chez acerta

En même temps, la moitié des employeurs (49%) pensent qu’il est important pour leurs travailleurs de pouvoir décider eux-mêmes, dans certaines limites bien sûr, de l’horaire de travail qu’ils prestent.

A contrario, on observe que seul un patron sur dix prend encore les présences. Cette présence sur le lieu de travail reste alors un critère important pour évaluer les performances du personnel. C’est davantage le cas chez les ouvriers (17%) que chez les employés (14%) ou les cadres (10%). Dans certains cas, la nature du travail nécessite d’être physiquement présent sur le lieu de l’entreprise. C’est le cas du travail à la chaîne, où le rythme est fixé de manière automatique. C’est le cas également pour les soins aux personnes par exemple.

Dans les autres cas, la qualité du travail fourni l’emporte généralement sur la quantité de travail presté. Olivier Marcq, juriste chez Acerta, apporte toutefois une nuance: "Il est également important pour l’employeur que le travailleur preste suffisamment d’heures de travail. Ainsi, nous recevons régulièrement des questions sur les travailleurs qui arrivent en retard au travail." Ce qui pose la question de l’encadrement minimal du travail flexible.

Encadrer

La vision de l’horaire de travail est nouvelle, mais le vocabulaire est encore souvent l’ancien.

La vision de l’horaire de travail est nouvelle, mais le vocabulaire est encore souvent l’ancien. Tant les employeurs que les travailleurs avancent à tâtons. D’un côté, le législateur impose des règles strictes. Celles-ci sont contenues dans la loi de 1971 sur la durée du temps de travail. Ce dispositif a été revu par loi Peeters sur le "travail faisable" qui a ouvert la voie à un régime modulable selon les pics et les creux d’activité"Les employeurs doivent développer un cadre correct d’un point de vue juridique, mais aussi adapté à leur cas spécifique, éventuellement avec une combinaison d’exceptions", conseille Olivier Marcq.

Enfin, si les travailleurs sont en général demandeurs de télétravail, ils ne sont pas à l’abri d’un empiétement de leur vie professionnelle sur leur vie privée, une situation souvent citée comme un facteur déclenchant les burn-out. "Il est important, lorsqu’on pratique du télétravail, de se tenir à certains horaires, de prévoir un lieu de travail dédié plutôt que de travailler sur la table de la cuisine", recommande Olivier Marcq.

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