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Acheter à l'aéroport, est-ce vraiment intéressant?

Depuis 1999, le voyageur intra-européen n'a plus droit au "duty free". Il doit se contenter de "travel value", un néologisme vague désignant diverses marchandises proposées moins cher qu'en magasin. Nous avons cherché à savoir si l'achat à l'aéroport valait vraiment la peine.

(monargent) - Au sein de l’Union européenne, il n’est plus possible d’acheter hors taxes. Il faut que vous reveniez des Canaries, d’Åland ou de Livigno pour récupérer la TVA que vous avez avancée (comme c’est l’usage pour les achats hors taxes en zone non EU). Une limite est toutefois maintenue sur les quantités que vous importez d’autres pays de l’Union. Mieux vaut ne pas passer la frontière avec plus de 800 cigarettes, 10 litres de whisky ou 90 litres de vin, prévient la douane dans sa brochure voyage annuelle. Mais cela vaut-il encore la peine d’alourdir ses bagages? Voici un bref éventail des produits qui valent le coup ou pas.

Johnny Walker Black label

En guise de promotion, les Skyshops bruxellois garantissent les prix les plus bas sur certains cosmétiques, chocolats, lunettes solaires, bijoux et montres. Le whisky est, lui aussi, proposé à prix serré. À l’aéroport, un litre de Johnny Walker Black label coûte 28,15 euros (pour les voyageurs hors UE, c’est presque deux euros en moins). C’est une belle ristourne par rapport au magasin ordinaire, où on débourse 31 euros pour 75 cl. Même sur les sites internet réputés bon marché, le litre coûte 33,95 euros.

Canon Ixus et montre dame cK

Les huit (!) boutiques électro d’Amsterdam Schiphol affichent toutes des étiquettes "prix le plus bas garanti". Une rapide comparaison montre, que pour le Canon Ixus 105 en tout cas, elles ne mentent pas. L’appareil photo numérique (12 megapixels) coûte à Amsterdam 139 euros. Chez Vanden Borre, c’est 189 euros et à la Fnac, 179 euros. Mais tous les articles censés être de bonnes affaires ne le sont pas forcément. C’est ainsi qu’une montre dame CK Classic avec bracelet argenté coûte 89 euros à Amsterdam, alors qu’on trouve ce modèle sur Amazon.com pour 81 dollars ou 62 euros

Ray Ban Aviator

Ces derniers temps, si vous passez par hasard à London Heathrow, vous pouvez acheter une paire de Ray Ban Aviator (vous savez bien, le modèle que Tom Cruise portait dans Top Gun) pour 90,21 livres, soit 108 euros. Mais avant de vous précipiter, vous feriez mieux de comparer l’un ou l’autre prix. Sur Pixmania.com, ce modèle vous est proposé pour 93 euros. Et même sur certains sites de petites annonces, vous pouvez les trouver à meilleur prix (100 euros, pour une paire d’occasion il est vrai).

Moins cher ou pas ?

Il n’y a pas de conclusion générale. Certaines boutiques d’aéroport sont nettement meilleur marché, d’autres "pile poil" le même prix que la distribution ordinaire et d’autres encore s’avèrent plus chères. Si votre choix est fait, il vaut mieux prendre le temps de comparer les prix à l’avance. Mais par nature, les "shops" ne jouent pas sur le rationnel.
Les skyshops et autres vivent de cette heure d’attente obligée avant l’embarquement. Vite encore un cadeau – si ça tombe, cet appareil photo est vraiment une affaire – et un livre pour le vol. Souvent, calculer le montant précis n’est pas une priorité. C’est les vacances, non ? Ce sentiment, les grands aéroports l’exploitent à fond. Tous possèdent des zones commerciales étendues, devant et derrière le contrôle des passeports. Certains aéroports (comme Amsterdam ou Londres) font de la pub pour les produits sur leur site.

Shop till you drop

Comparée aux paradis du commerce que sont les terminaux, la vente à bord de marchandises hors taxes ou "travel value" fait figure de parent pauvre. Une hôtesse affairée qui pousse son chariot dans la travée, proposant à toute allure parfums et montres de marque. C’est maigre. Mais il y a du changement en perspective et, assez étonnamment, du côté de la compagnie à bas prix Ryanair.
Toujours à la recherche de recettes supplémentaires, la compagnie a conclu en 2008 un contrat avec GuestLogix, une société canadienne dont les lecteurs de carte et les logiciels facilitent les paiements à bord. Les statistiques montrent d’ailleurs que Ryanair a déjà pu  "booster" ses ventes de la sorte. Les passager dépensent en moyenne 12 euros après l’achat de leur billet, contre à peine un euro pour les autres compagnies.

Le modèle Ryanair

Les autres compagnies ont compris que, si elles veulent rester rentables, elles doivent copier le modèle de Ryanair pour faire rentrer plus d’argent. C’est ainsi que British Airways a fait savoir en juin que, suivant l’exemple de la compagnie irlandaise, elle allait sous-traiter toutes les ventes à bord. L’idée est de couper dans les frais de stockage et, par des commissions plus élevées et des salaires de base plus bas, de contraindre le personnel de bord de se muer en vendeurs.
D’autres compagnies, comme Air Canada, proposent déjà de commander à l’avance sur leur site des articles hors taxes. Il s’agit généralement de produits classiques: parfums, bijoux et boissons. Mais d’autres, comme American Airlines, veulent créer à bord un shopping à part entière. L’avion se transformera de plus en plus en point de vente. Voir le commentaire enthousiaste de la brochure de GuestLogix: "c’est comme si l’on fermait les portes d’un magasin avec tous les clients à l’intérieur".

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