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Grève de skeyes: aurez-vous droit à un dédommagement?

©Photo News

Suite à la grève qui a conduit dans la matinée à la fermeture de l'espace aérien belge, de nombreux vols ont été annulés. Si c’est votre cas, quels sont vos recours? Comment obtenir une indemnisation? Le point.

Ce jeudi matin, la fermeture de l'espace aérien belge entre 09h30 et 13h00 a provoqué l’annulation d’une centaine de vols à Zaventem et Charleroi. Le décollage ou l'atterrissage de nombreux avions a été retardé. Aurez-vous droit à une indemnisation ?

Le refrain est connu: en cas de retard (conséquent) ou d’annulation d’un vol, le passager européen a droit à une indemnisation de la part de la compagnie aérienne. Sauf si ce vol a été annulé pour cause de force majeure.

Compagnie aérienne

La grève de ce matin est bien un cas de force majeure (au même titre que l'instabilité politique, des conditions météorologiques difficiles ou des risques de sécurité), car il s’agit d’une grève externe à la compagnie aérienne.

Cependant, "la compagnie aérienne reste tenue de vous offrir de quoi vous restaurer, boire et vous loger en suffisance (ainsi que le transport jusqu’au lieu d’hébergement) jusqu’au prochain vol mais vous n’avez droit à aucune indemnisation financière", selon le Centre européen des Consommateurs.

Assurance annulation

Pour obtenir une compensation financière par rapport au préjudice subi, vous ne pourrez pas non plus compter sur votre assurance annulation. "Notre assurance annulation NoGo ne couvre pas les cas de force majeure comme une grève ou du terrorisme, car il s’agit d’un facteur extérieur à la personne même", répond Xavier Van Caneghem, le porte-parole d’Europ Assistance. "Et à ma connaissance, aucun autre assureur ne couvre les cas de force majeure."

Autrement dit, si votre vol a été reporté au lendemain, vous n’aurez pas la possibilité de récupérer votre nuit d’hôtel non utilisée ce jeudi. Sauf si c’est prévu dans les conditions générales de l’hôtel auprès duquel vous avez effectué votre réservation.

Tour-opérateur

Dans le cas des voyages organisés via un tour-opérateur, il n'y aura - en principe - pas non plus de compensation financière, car ces sociétés s’arrangent pour trouver rapidement d’autres solutions. "Chez Tui, nous avons pour politique de ne jamais devoir annuler un vol", selon les explications de Sarah Saucin, sa porte-parole. "D’ailleurs, au cours des deux dernières années, seulement deux vols ont dû finalement être annulés."

"Concernant la grève de ce matin, nous avions deux grosses vagues de départ. La première à 6h qui n’a pas été impactée et la seconde vers 12h avec une partie des avions qui devaient d’abord atterrir en Belgique. Nous avons donc eu une dizaine de vols qui ont atterri avec un retard moyen de 2 heures."

"Si la grève avait duré plus longtemps, nous aurions probablement dévié des vols en les faisant atterrir à Lille plutôt qu’à Charleroi par exemple. Quelle que soit la grève, on adapte régulièrement et le plus rapidement possible notre stratégie en mettant en plus sur pied un système de navettes depuis ou vers l’aéroport d’origine. De plus, nous communiquons régulièrement par SMS avec nos passagers pour les tenir au courant de l’évolution d’une situation."

Justice

Les passagers lésés qui tapent des mots clés comme "indemnisation" ou "vol annulé" dans un moteur de recherche trouveront des sociétés prêtes à les aider. Il s’agit par exemple de Claim It, AirHelp, FlightRight ou HappyFlights. Mais dans un cas précis de force majeure, celles-ci ne seront d’aucun recours.

"Les sociétés comme la nôtre sont spécialisées uniquement pour récupérer les indemnités auprès des compagnies aériennes telles qu'elles sont prévues par la législation européenne", selon les explications de Ralph Pais, le fondateur de Claim It. "Sauf que les grèves sauvages sont considérées comme un cas de force majeure pour les compagnies aériennes donc nous ne pouvons rien faire vis-à-vis de ces mêmes compagnies."

"Cependant, les passagers qui ont subi un dommage financier et qui peuvent le prouver peuvent s’adresser directement à Skeyes ou aller en justice pour obtenir réparation", a-t-il ajouté. "Il ne faut bien sûr pas aller en justice si on a subi quelques heures de retard. Ce n'est pas défendable à moins que ce retard n'ait provoqué un préjudice financier et que celui-ci peut-être démontré."

Même son de cloche du côté de Test-Achats. La cause d’un passager qui a subi un dommage financier peut-être défendue devant un tribunal. "Mais nous ne connaissons pas les chances de succès d’une telle procédure", a conclu Julie Frère.

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